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lundi 18 janvier 2010

Roman des rois - Les Capétiens - Max Gallo / Des racines et des ailes - tv5

Je lis actuellement, par à-coups, un livre reçu en cadeau, «Le Roman des rois», de Max Gallo (1). Grand historien et habile romancier, Max Gallo excelle dans ce roman qui soulève l'intérêt, et dont on ne perd pas le fil. L'histoire des rois Capétiens, fondateurs du royaume de France, est racontée par Hugues de Thorenc, comte de Villeneuve -personnage fictif- dernier de sa lignée qui a fidèlement servi les rois Capétiens: Philippe Auguste le Conquérant, Saint Louis le Croisé, Philippe le Bel l'Énigmatique.
Huges de Thorenc raconte l'histoire de sa lignée, qui est aussi la chronique des rois de France. Il est le témoin de son époque, mais aussi le gardien des témoignages familiaux depuis l'aïeul Martin de Villeneuve de Thorenc. Voilà une astuce romanesque qui donne une belle tournure au récit de Hugues, un ton vivant et personnel, et crée une complicité avec le lecteur... d'aujourd'hui. Extraits.
«Moi, Huges de Thorence, j'écris cette chronique en l'an de grâces 1322.
Mon père, Hugues Villeneuve de Thorenc, est mort il y a cinquante et une années, le 8 septembre 1271.
J'étais alors un écuyer d'à peine quinze ans.
J'avais le cœur percé d'une douleur si brûlante que je souhaitais que la mort m'entraîne.
[...]
"Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L'oubli est la ruse du Diable." (lui dit un moine).

Ces mots ont germé en moi.
J'avais devoir de rassembler ce que mes aïeux, depuis qu'ils servaient les rois capétiens, en avaient écrit.
[...]
Ce moment est venu. Dieu s'est montré généreux envers moi. Je suis vieux de soixante-six années.» (p.393 et p.394)

Des phrases courtes, détachées. Des paragraphes et des chapitres courts. Un texte hachuré? Non pas. Un texte aéré, des idées claires exprimées nettement, sans le superflu qui perdrait le lecteur pris entre, si je puis dire... «la gloire et les turpitudes. La foi et le fanatisme. La compassion, la haine et l'injustice.», pris entre des chamailleries et des guerres, des actes glorieux et des bassesses, des bonheurs et des malheurs. Une histoire mouvementée, riche en multiple péripéties.

Un mot encore. L'horrible affaire des Templiers, le châtiment cruel infligé aux frères d'Aunay, et tout aussi cruel envers ses filles adultères, Marguerite et Blanche, se retournèrent, et plus encore, contre Philippe le Bel. (2) On murmurait contre lui:
Ainsi lui fut dit pleinement/ Qu'il allait contre le serment/ Qu'il avait à Reims donné/ Quand eut été Roi couronné. (p.499)
Roi couronné dans la cathédrale de Reims
comme 32 rois de France. (3) Dans cette cathédrale où fut baptisé Clovis 1er, le roi des Francs, par saint Rémy, évêque de Reims.

L'émission Des Racines et des Ailes, nous présentera, justement, Reims, sa cathédrale, ses monuments, et de là, la dynastie des rois de France, ainsi que les dynasties d'Angleterre et d'Italie. On présentera 3 grands reportages, comme d'habitude, aussi excellents les uns que les autres. De quoi s'en mettre plein l'esprit et plein la vue. Savoir et beauté seront au rendez-vous. Un grand moment télévisuel. Un avant-goût des reportages...

Des Racines et des Ailes, tv5
émission diffusée lundi, le 18 janvier 2010, 20h00.
Rediffusion, mardi, le 19 janvier 2010, à 13h00.

Le sacre de Reims
Même si Paris devient une capitale politique, c’est à Reims que s’organisent les sacres des rois. Sa superbe cathédrale gothique est un véritable manifeste, architectural, historique et religieux. Théâtre d’un rituel chargé de sens et de symboles, l’édifice a néanmoins accueilli moins de sacres que ses statues de rois présentes sur le fronton ne le laisse supposer! 32 rois y ont été couronnés... Tout de même!
[] Tout commence donc à Reims… il y a 1500 ans, au baptême de Clovis, en : c'est l’alliance de l’Église et du pouvoir. L’onction étant, selon les écrits religieux, littéralement tombée du ciel, la monarchie de droit divin en découle logiquement. C’est à cet acte fondateur que se réfèreront tous les rois de France. On expliquera l’origine mythique de la sainte ampoule et son caractère sacré. Entre la cathédrale, l’abbaye de Saint Rémi et l’ancien palais archiépiscopale, on racontera les étapes de la cérémonie.
[] En 1789, la Révolution a voulu détruire tous les symboles qui faisaient les rois, mais l’actuel curé de la cathédrale de Reims nous révèlera comment le baume des sacres a survécu et traversé les régimes les plus hostiles. Les insignes royaux, quant à eux, étaient sous la garde de l’abbé de Saint Denis. Sceptre, éperons, épée et mains de justice sont conservés au Louvre. On en révèlera quelques aspects méconnus et insolites.



Reims: une cathédrale pour l’éternité

Dès le début de la première Guerre Mondiale, Reims est en grande partie détruite... Ses habitants survivent comme ils le peuvent. Sa cathédrale, symbole de l’histoire royale de France, n’est pas épargnée par les Allemands. Des bombardements et un incendie gigantesque, en septembre 1914, laissent la cathédrale en ruine. Un siècle plus tard, on panse encore les blessures infligées par le conflit.
[] La charpente en ciment armé réalisée, dans les années 30, par Henri Deneux est une prouesse technique qui impressionne encore les spécialistes. Les travaux de restauration doivent se réaliser plus rapidement que l’avancée de la dégradation naturelle du monument: une lutte contre la montre! Actuellement, une dizaine de chantiers sont en cours, les artisans et compagnons sont à l’œuvre: tailleurs de pierre, couvreurs, sculpteurs...
[] Benoit Marq restaure plusieurs panneaux de vitraux de chœur. Un savoir-faire familial et ancestral. Il partie de la 12e génération -vous lisez bien 12e...- d’une famille de maître-verriers installée à Reims depuis 1640! C’est son grand-père qui a mis à l’abri les éléments de verre de la cathédrale pendant la Grande Guerre. Et c’est son père qui participa à la réalisation des vitraux exceptionnels signés Chagall... Des vitraux du maître russe qui attirent aujourd’hui les visiteurs du monde entier.

Le trésor des Farnèse
La puissante famille Farnèse a légué à la postérité un somptueux héritage architectural et artistique: des palais, des collections... De Rome à Caprarola, en passant par Parme et Naples, on verra comment les arts ont servi leur pouvoir et comment leur pouvoir a servi les arts...
[] On visitera les beaux espaces du Palais Farnèse conçu comme demeure familiale par le pape Paul III, fondateur de la dynastie Farnèse. Antonio da Sangallo et Michel-Ange en furent les premiers architectes. Objectif visé: affirmer la puissance des Farnèse!
[] Pour décorer son palais romain, Paul III va financer les fouilles des termes de Caracalla. Un incroyable site où l’on dénombre 150 niches qui devaient accueillir autant de statues de marbre! Mais, pour les voir, il faut aller au Musée archéologique de Naples où 2 chefs d’œuvres sont exposés: un Hercule de plus de 3 mètres de haut et le fameux «Taureau Farnèse» qui pèse 24 tonnes! À la mort de Paul III, la famille Farnèse est devenue l'une des plus importantes de Rome, elle tentera de conquérir l’Italie... Rien de moins!
[] Le Cardinal Alexandre Farnèse, petit-fils de Paul III, quant à lui, s'est fait bâtir à Caprarola une résidence secondaire à l’architecture étonnante: hexagonale à l’extérieur, ronde à l’intérieur! Œuvre maîtresse de Vignole, il y construit un escalier hélicoïdal unique au monde et une salle des cartes où l’on découvre sur les murs le monde tel qu’il était connu en 1574...
[] Le petit-neveu du Cardinal Alexandre a, lui aussi, marqué du sceau des Farnèse l’histoire de l’art en créant un gigantesque théâtre de bois qui devait écraser de sa beauté ses «concurrents», notamment les Médicis!
[] Aujourd’hui, il reste un héritier de cette grande famille, mais l’actuel duc de Parme ne s’appelle plus Farnèse: c’est un Bourbon. Les grandes familles de Parme le reçoivent encore comme un chef d’État: cérémonie, palais, bal… Si la dynastie de ces mécènes amoureux des arts a perdu son nom, elle n’a en revanche rien perdu de son prestige!

Sans oublier la monarchie britannique, très largement inspirée de l'ancienne royauté française. Un exemple: la cérémonie de couronnement de la reine Élisabeth II. Des images et des commentaires qui nous sont plus... familiers, si j'ose dire. Of course, my Dear!

Vous l'aurez deviné... je vous invite à voir ce numéro de «Racines et des Ailes». Visiter de si beaux lieux et espaces, admirer des œuvres d'arts magnifiques, rencontrer des artisans et compagnons venus d'un autre âge, se faire raconter l'Histoire et des histoires, bien au chaud dans son salon, c'est assurément une belle occasion à saisir.

Dans le sillon de cette émission, on peut en profiter pour lire sur les sujets qui nous attirent davantage. Sur Internet, on peut trouver de belles pages à lire sur des sites ou dans des articles fiables. Il ne manque pas de livres dans les librairies ou les bibliothèques... Je vous recommande, cela va de soi, «Le Roman des rois, de Max gallo; et, vous suggère de revoir les «Les Rois maudits», de Maurice Druon.
Voir, écouter, lire... en un mot aimer!

Bonne semaine à chacun et à chacune!
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(1) «Le Roman des rois», de Max Gallo, 2009, Fayard, 500 pages, divisé en 88 courts chapitres. À lire avec plaisir.
(2) La série «Les Rois maudits», d'après le livre de Maurice Druon accompagne, fort bien, le récit de Hugues de Thorenc qui porte sur le règne de Philippe le Bel.
(3) Pour vous y retrouver, vous pouvez consulter la «Liste des monarques de France», Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, etc. etc. sur Wikipédia. Cliquer ici.

jeudi 18 juin 2009

Voici un cadeau pour la Fête des pères!

Vous cherchez un cadeau «original». La nuit dernière, vous avez couru à une vitesse folle, un pied dans une chaussure rouge feu, l'autre dans une pantoufle à carreaux, tout nu, vous avez couru pour attraper de beaux cadeaux joliment emballés et enrubannés, de beaux cadeaux qui s'enfuyaient, qui s'envolaient dès que vous arriviez à mettre la main dessus. Vous en attrapez un, enfin... Non, c'est une femme... Cauchemar mauvais sort, comme le chantait Robert Charlebois, paroles et musique de Michel Choquette.

J'ai trouvé pour vous... Un livre qui restera, à jamais, gravé dans la mémoire de celui qui le recevra. Un livre qu'un père dédie à son fils John Francis McCarthy, huit ans. Voilà, nous y sommes. L'écrivain, peu bavard, a tout de même révélé à Oprah Winfrey qu'il n'aurait jamais écrit ce livre sans son fils.

Un livre trop sombre, trop dur, trop... Non, il n'y a rien de trop dans le livre La Route de Cormac McCarthy. Vous l'avez faux, tout faux. Un livre qu'un père dédie à son jeune fils s'offre à un père. Bon, on s'entend là dessus.

Le puissant sentiment qui traverse le livre est celui de l'amour inconditionnel du père envers son fils, et réciproquement, celui d'une confiance indéfectible. Tout au long du récit, des liens filiaux forts se tissent, qui illuminent ce monde sombre. Une relation père-enfant si douce, malgré l'extrême dureté de leurs conditions de survie. Une relation si rationnelle, malgré le fait que le père veut préserver son jeune enfant, il ne lui raconte pas d'histoires... il explique. Des échanges si simples et si profonds tout à la fois, sans babillage, sans plainte, ni complainte. Et quelle leçon de courage! «Il faut que tu continues d'avancer, tu ne sais pas ce qu'il pourrait y avoir plus loin sur la route», dit le père à son fils.
Jamais, du moins dans un roman, un père n'aura tant aimé son fils.
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C'est là, à mon avis, le thème central du livre: ce père aimant qui guide son jeune enfant, au milieu d'embûches, pour assurer sa survie. Qui lui inculque le courage d'aller plus loin sur la route de leur vie. N'est-ce pas le rôle d'un père dans la vraie vie...

Oui, à bien y repenser, La route est un cadeau impérissable à offrir à la Fête des pères, avec une dédicace toute simple. Pas un mot de trop...
Paperblog