}
Affichage des articles dont le libellé est Brèves. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Brèves. Afficher tous les articles

samedi 10 octobre 2009

Brèves... de téléphone / Charles Bourseul

Brèves... de téléphone / Charles Bourseul. Nous recevrons un coup de fil de Léautaud, Guitry,Chrestien,Willmetz, Raynaud et un coup de fil sans fil. Et ce Charles Bourseul? C'est l'invité surprise de notre billet, qui se termine avec un petit clin d'œil au «Comte de Monte-Christo».

L'écrivain Paul Léautaud pestait contre la servilité d'un ami qui venait de faire installer le téléphone: «Alors comme ça, on vous sonne et vous accourez!»
Il est toujours bon de savoir qui est le valet de qui. Autrement, vous risquez de jouer le mauvais rôle dans un Molière... et de recevoir une bastonnade.

Sacha Guitry. «Quand un femme qui me plaît me demande au téléphone, je me donne vite un coup de peigne avant d'y aller».
Se râcler la gorge avant de répondre, c'est «aussi» du meilleur effet, pour lui faire un bon effet. En effet...

Sacha Guitry. «Avez-vous remarqué que, lorsqu'on fait rétablir une communication coupée, on s'aperçoit qu'on s'était tout dit».
Oui... et aussi qu'à vouloir prolonger la conversation, artificiellement, pour ne pas perdre la face, on finit par perdre le fil... et la face. Et lorsqu'on en a rien qu'une... c'est embêtant!

Michel Chrestien (humoriste): «Je n'ai jamais compris les gens qui disent 'au revoir" au téléphone».
Un jour viendra... et vous comprendrez... et vous vous donnerez un coup de peigne comme Sacha.

Albert Willmetz. «Contre la mauvaise haleine, un seul remède: le téléphone!»
Un jour viendra... et vous enverrez un courriel...

Fernand Raynaud: «Le meilleur moyen de ne pas être dérangé au téléphone, c'est d'être en dérangement».
Dérangement... Qui ça? Le téléphone ou vous-même.

Littéranaute, en partenariat avec Feydeau: «Le téléphone sans fil nous a passé un fil à la patte».


Qui inventa le téléphone?
Graham Bell, Thomas Edison? Ni l'un ni l'autre. Je vous le donne en mille. C'est Charles Bourseul, 22 ans avant Graham Bell... Ah! ben dis donc... ça alors! Bourseul travaillait au Service du télégraphe. «Dans le but de découvrir les mécanismes du langage et de l'émission des sons, il se fit faire des moulages de sa propre bouche. Il raconte même qu'un jour il manqua d'étouffer car sa femme, retenue à la cuisine par un plat qui brûlait, avait tarder à venir le déplâtrer.»

En 1854, Charles Bourseul publie un article dans L'Illustration dans lequel il démontre le principe même du téléphone, la transmission de la parole par les ondes électriques.
L'Académie des sciences ne le prit pas au sérieux: elle estima que c'était une idée utopique... La Direction des Postes le pria de s'occuper de choses sérieuses... Voyons, ces messieurs n'allaient tout de même pas accorder du crédit à cet humble employé... Le monde en l'envers quoi! Pourtant, Charles Bourseul avait déjà démontré son savoir dans une publication intitulée «La Puissance et la chaleur». Il connaissait fort bien la fameuse machine de Claude Chappe (la télégraphie aérienne).*

Graham Bell mettra en application le principe énoncé par Charles Bourseul, et sera reconnu comme l'inventeur du téléphone.
«Pourtant , comme l'affirme avec véhémence le journal américain, The Electrical Review du 7 décembre 1888, Bell ne pouvait ignorer la thèse du précurseur français. Il faudra attendre le congrès international de Philadelphie pour que Bell et Edison reconnaissent publiquement leur admiration pour le petit inventeur du Vieux Continent et célèbrent ce «génie inconnu»... inconnu, grâce à leurs bons soins.

La mesquinerie, ça vous rapetisse un homme...
Deux hommes... ça vous les rapetisse et vous les change en lilliputiens...
(pour parodier Tharaud qui écrit «On a soudain l'impression d'avoir rapetissé, d'être devenu lilliputien», cité par mon ami Le petit Robert.)

___
Sources: lavoixdunord.fr ; france-pittoresque.com
* Dans le roman de Alexandre Dumas, «Le Comte de Monte-Christo», le comte soudoie un opérateur sous-payé pour transmettre un faux message, au moyen de la machine Chappe.
--Pour voir l'ingénieux Télégraphe Chappe, sur Wikipédia, et en comprendre le fonctionnement cliquez ici.

vendredi 7 août 2009

Brèves... de testament

Vous l'aurez deviné... mes «Brèves... de testament» ont été inspirées par le «Testament d'un excentrique», de Jules Verne. Et, plus particulièrement, par trois passages. «Et voici ce à quoi Wiiliam J. Hypperbone avait réfléchi depuis sa résurrection, et le parti auquel il s'était arrêté -ce qui ne saurait étonner d'un pareil personnage.» Plus loin, notre faux-mort, qui a quitté le cimetière avant le jour du jugement dernier, précise son idée: :«Je vais ajouter un codicille à mon testament et introduire un septième personnage, qui sera William J. Hypperbone sous les initiales de X K Z». Et, enfin, cet aveu de l'excentrique: «(...) Puisque je ne me suis distingué par aucune excentricité jusqu'ici, au moins vais-je me monter excentrique sous le couvert de ma fausse mort.»

Il est vrai que l'excentrique, disons le faux-excentrique, ne peut prendre à son compte le fait qu'il ait été enterré vivant... Ce qui n'est pas banal. Son état cataleptique engendré par une congestion, le 1er avril (Oh! la la), ayant été confondu avec la mort réelle par les docteurs et corroborée par les fameux rayons du professeur Fréférick d'Elbing. Décidément, on ne peut plus se fier à personne...
Pince sans rire, Jules Verne ajoute qu'il est heureux que dans son testament notre milliardaire n'ait pas exprimer «dans son testament, la volonté d'être embaumé après sa mort (un lapsus?), car, assurément (...) il n'en serait pas revenu. Après cela, un homme si chanceux...»
«Il a l'air sinistre (m'écrit le Petit Robert), mais c'est un pince-sans-rire» Allons-y, à notre tour, sur un air rieur, sans en avoir l'air!

*Anecdotes notariales
Dans l'exercice de ses fonctions, le notaire -on le sait- est un homme sérieux, à l'apparence sévère, parlant d'une voix monocorde en toutes circonstances. Toutefois, rien n'interdit qu'il se pince, discrètement, lorsqu'il entend des mots déformés.
__ Monsieur le notaire, je voudrais ajouter un «crodicille» à mon testament... je voudrais signer un «bail antibiotique»... je voudrais signer un «chèque en bonne uniforme».
À la croque au sel. Codicille, crodicille, crocodicille, colibacille, cédille, cédicille, cécille, saintecécille, pourquoi pas faucille!

__ Un testateur, dans son codicille olographe, remercie Saint-Joseph pour sa maternelle protection et l'inplore de lui sonner la santé pour faire une belle mort et demande, ne voulant pas se retrouvé «refroidi» un bon matin, d'être incendié.
À la croque au sel. Voilà un testateur qui souffle le froid et le chaud. On ne sait pas si ce codicille laissa ses héritiers froids, ou s'ils prirent le feu... Ou si notre homme mourut en bonne santé sous la haute protection de la mère Joseph.

__ Dans un autre testament olographe, intitulé «Testament oléographe», le notaire a lu ceci: «Je recommande mon âne à Dieu.»
À la croque au sel. «Pas de chance, c'est complet. L'enclos est plein. Retournez d'où vous venez. Désolé!», lui dit Saint Pierre, le répartiteur en chef. Ninon était absente, ce jour-là. Autrement, elle aurait intercédé en sa faveur.

Des notaires auraient aussi avantage à relire ce qu'ils écrivent. Procédant à un inventaire, l'un de ceux-là écrivit: «Dans cette pièce se trouvent trois tableaux, une table, cinq chaises, dont celle sur laquelle je suis assis; le tout de peu de valeur.»
À la croque au sel. En somme, le tout... ne valait rien. Pauvre notaire ou notaire pauvre. Un plumitif, peut-être?

**Le fantôme de William J. Hypperbone
__ Faute d'héritier direct, un norvégien a couché ses amis sur son testament. Pour dissuader quiconque d'entraver ses dernières volontés, il menaça ceux qui oseraient... «Je jure solennellement, si cela est possible, de venir vous poursuivre dans les heures les plus sombres de la nuit.» Sa demi-sœur fit casser le testament, car les deux témoins qui l'avaient paraphé en ignoraient le contenu.
À la croque au sel. L'histoire ne dit pas si le fantôme est venu croquer le gros orteil de la belle-sœur ou lui faire des hou hou! durant la nuit.

**Le zèle des héritiers
__ À l'inverse, on trouve des héritiers respectueux, dans l'esprit comme dans la lettre, de la moindre volonté du défunt. Et cela, sans aucune menace. Au Monténégro, un sexagénaire s'était pris d'affection pour son téléphone portable. Dans son testament, il demanda à être enterré avec lui. La famille plaça donc le chouchou du défunt à ses côtés. Oups! La carte SIM n'était pas dans l'appareil. La famille a donc fait exhumer le cercueil pour remettre la carte dans l'appareil.
À la croque au sel. À quoi peut bien servir un cellulaire sans sa carte SIM. Je vous le demande! C'est un appareil mort...

** L'indifférence des légataires
__ Une londonienne âgée et fortunée a laissé à Tinker, son légataire, le droit d'habiter sa maison, lui allouant une somme importante pour assurer sa subsistance, et elle plaça, auprès de lui, des curateurs. En contrepartie, sa liberté fut restreinte. «Si Tinker abandonne la maison de façon permanente, les gestionnaires du fonds pourront mettre fin à la pension.» indique le testament.
À la croque au sel. Quelle vie de chien pour un chat de gouttière!

__ Dans son testament, dûment enregistré, un agriculteur indien formule un voeu suprême: «Quand ma vie sur Terre prendra fin, je désire donner mon corps aux animaux de la forêt de Phawngpui, pour qu'ils le dévorent au cours d'une grande fête.»
À la croque au sel. Bon appétit! Mais n'en prenez pas l'habitude...

** Un héritage qui tombe du ciel
__ Décédée, à l'âge de 100 ans, une coiffeuse américaine, veuve depuis 50 ans, est partie en douce. On découvrit son testament, elle laissait 35 millions de dollars à l'université de Miami pour des recherches sur le diabète et à un centre de recherche sur le cancer.
À la croque au sel. Ces deux legs évitèrent à la coiffeuse de glisser dans les oubliettes. Il y a lieu de croire qu'elle est demeurée bien vivante dans la mémoire de ces 2 institutions.

** Les testaments cachetés
__ Un notaire raconte, sous anonymat, qu'il a découvert 17 testaments, tous mauves, d'une dame de 60 ans. Elle désignait un seul légataire universel. Convoqué à l'étude du notaire, le chaudronnier gardait deux vagues souvenirs de la dame. Il lui avait parlé, il avait fort longtemps, lors d'un mariage alors qu'il avait 20 ans; et que, chaque dimanche, la dame se postait devant son appartement, au-dessus de celui du fleuriste, pour le saluer. «Elle vous aime depuis longtemps, lui dit le notaire, elle vous laisse 6 millions.» La connaissant si peu, le chaudronnier, jugeant qu'il serait amoral d'accepter, refusa l'héritage. Des cousins au 6e degré se sont arraché l'héritage. «Pas un seul ne m'a demandé où était enterrée cette dame.», déplora le notaire
À la croque au sel. Le chaudronnier retourna à ses chaudrons Gros-Jean comme devant, tandis que les jean-le-blanc planaient de joie.

__ Le jour de sa mort, une riche comtesse laissa un testament cacheté qui résumait ses dernières volontés en 3 phrases: «Je lègue mes 50 millions à une oeuvre de charité, ci-nommée... Je n'ai jamais cru à vos risettes. Vous êtes des crabes.»
À la croque au sel. Il n'y pas que les vivants qui ont le sens de l'humour Je présume que les crabes ont dû rire jaune.


L'héritage - Paroles de Félix Leclerc

L'engagé de la maison / reste collé avec l'horloge / Dans l'tic-tac de l'horloge / était roulé un million
Chapeau noir, / Les yeux dans l'eau, / Les mouchoirs, / Les gros sanglots, / Rage au coeur, / Couteaux tirés, / C'est la vieille qui a gagné!
___
Psitt! D'où vient le pince-sans-rire? Du jeu, je te pince sans rire, où l'on devait pincer quelqu'un avec des doigts barbouillés (1730). Le petit Robert. Un jeu d'enfant? Ou un jeu de main, jeu de vilain?
*Source: Les chroniques «Notaires et humour», de Me Jean Martineau, notaire, publiées dans Histoire - Québec.
** Mon texte a été inspiré de chroniques publiées dans marianne2.fr et classées dans les archives, ainsi que de l'article rédigé par Clara Dupont-Monod, intitulé «Notaires», 2001, également publié dans marianne2.fr.

Photo: Il Tritico de Verdi, The Metropolitian Opera. L'histoire de la musique.

jeudi 6 août 2009

Le testament d'un excentique - Jules Verne

Lire «Le testament d'un excentrique», de Jules Verne: voilà ce à quoi nous conviait l'émission «Sur les pas de Jules Verne», «En Amérique», diffusée sur Tv5. Je n'avais jamais lu ce roman. Pourtant, j'avais voyagé avec Jules Verne: en ballon, au centre de la terre, sous les mers, sur la lune, mais en Amérique, nenni... pantoute... Je me suis donc empressée de lire «Le testament».

Jules Verne, quel bon conteur d'histoire! L'intrigue, livrée au compte-gouttes, parsemée d'indices ici et là, soutient notre attention d'un chapitre à l'autre. Prenons pour exemple le premier chapitre.
Le titre, «Toute une ville en joie» annonce un événement heureux. Ce qui se déroule le 3 avril 1897, à Chicago, est raconté par un étranger, qui aurait pu se considérer comme «le favori du Dieu des voyageurs», car il aurait pu remplir son carnet de notes curieuses en vue d'articles sensationnels. Cette première phrase donne le ton. L'étranger ne sait rien, alors il observe, il décrit, il se pose des questions, et il nous raconte... On découvre avec lui ce qui se passe, au fur et à mesure.

«Était-ce vers City Hall que sa population se déversait en masses tumultueuses?» Pour quoi faire? S'agit-il d'une adjudication de terrains, d'un meeting électoral, d'une inauguration, se demande-t-il? «Non, il se préparait à une cérémonie d'un tout autre genre...», qui aurait pu être triste, mais pour respecter le vœu d'un personnage, elle s'accomplit «au milieu de la joie universelle.» Ainsi, tous les participants défilaient avec un gardénia à la boutonnière.

Et puis, vers la fin du chapitre: c'est au son d'une valse de Strauss que la foule s'apprête à pénétrer dans un parc" Quel parc? «Ce parc n'était pas un parc... C'était Oakswoods Cemetery (...). Et ce char était un char funéraire, qui transportait à sa dernière demeure les dépouilles mortelles (sic-sic) de William J. Hypperbone, l'un des membres de l'Excentric Club.» On découvre, seulement, à l'avant-dernier chapitre ce que cache mon «sic-sic».

Ce n'est rien... attendez de lire le testament... et ses clauses... les 6 héritiers «potentiels» empêtrés dans des contraintes, et un septième inscrit dans un codicille. William J. Hypperbone était un milliardaire. C'est à qui mettrait la main sur le magot. Mais l'excentrique, qui a mené une vie ordinaire, se paie une énorme excentricité, une fois mort... Même mort, il n'avait pas encore dit son dernier mot.

Et ce n'est encore rien... attendez de lire les deux derniers chapitres... On assiste à un renversement de situation. Un vrai «punch»!

«Le testament d'un excentrique», de Jules Verne, m'a vraiment fait passer de bons moments de lecture, tout comme «L'Île Mystérieuse».

Par contre, l'émission de tv5, «Sur les pas de Jules Verne», «En Amérique», m'a laissée un arrière-goût... Quel rapport avec le roman de Jules? Un seul: le lien -fort ténu- entre le jeu de l'oie du roman et le tirage au hasard de Laurent Bignolas -arrangé (le tirage) avec le gars des vues- pour choisir des états à parcourir. Avouez que c'est mince!

Je m'attendais, à tout le moins, à un joyeux cortège funéraire à la Nouvelle-Orléans. Je m'attendais à visiter les lieux où «avaient pioché» les Six concurrents qui tentaient -péniblement- leur chance de mettre la main sur l'héritage. Le 7e avait, quant à lui, à remplir d'autres conditions, restées secrètes.
Et bien non... Déçue, je suis très déçue de cette émission autant que j'ai été ravie de l'émission précédente.

Que nous réserve la prochaine émission «En Inde»? Elle semble plus prometteuse. «Laurent Bignolas et l'équipe empruntent le même itinéraire», nous dit-on, que celui suivi dans «La Maison à vapeur», de Jules Verne. Voilà, assurément, le chemin à suivre... si on veut marcher «sur les pas de Jules Verne»*.

Ne manquez pas mon prochain billet: Brèves... de testament.
N'ayez crainte, je ne vais pas vous faire pleurer, à moins que ce soit de rire... Comme William J. Hypperbone, j'espère vous surprendre, et semer la joie! À demain donc...
___
Psitt! Le «Ce parc n'était pas un parc... » précède donc le célèbre «Ceci n'est pas une pipe»...
Référence: «Le testament d'un excentrique», Édition du groupe «Ebooks libres et gratuits», sur Internet.
* Pour lire le résumé de l'émission, cliquez ici

samedi 25 juillet 2009

Brèves... De Foglia - Le Tour de Foglia

Nous avons quitté Le Tour de Foglia et chroniques françaises, de Pierre Foglia, à Congouillette-les-Mouchettes. Par hasard, le facteur à bicyclette d'Audun-le-Tiche passait par là. Le là... étant la salle de presse réservée aux journalistes qui couvrent Le Tour de France. Ne comprenant rien de rien aux propos étranges de ce journaliste bizarre, venu des Amériques tout exprès, il resta bouche bouchée. Pour se donner un air intelligent, il lança un «Ah!» à la façon de Bourvil. Vous voyez... Il arriva ce qui devait arriver: il se décrocha la mâchoire. Un cas singulier. On s'empressa de le nommer «Syndrome du gobe-mouchettes.» Un nouveau syndrome dans une vieille expression remodelée «pour répondre à un besoin actuel» et, sans doute, urgent. Comme quoi, on peut faire du neuf avec du vieux! Aujourd'hui comme hier. Oui.

À la suite de ma joyeuse introduction, inspirée par mon billet du 19 juillet 2009, voici des extraits du live de Foglia, extraits à lire et à rire... suivis de mes commentaires amusés. J'ai gardé pour la fin une note tendre, une note crève-cœur.

La Langue du Tour (extraits tirés des p.205 et 206)
[...]
01__ Parlant de la foule à San Sebastian: «Les jeunes filles pressent leur sein de lait contre les barrières...»
02__ Dans un portrait de Miguel Indurain: «Avant d'être un champion cycliste, Indurain a été un petit garçon.» Eh oui! Et avant d'être un petit garçon, il a été un spermatozoïde qui avait déjà le maillot jaune, je suppose.
03__ De l'étape de Bordeaux: «Un parcours plat comme le ventre d'une vierge.» Si je me souviens bien des vierges que j'ai connues il y a longtemps (très, très longtemps, en fait), elle avait le ventre légèrement bombé, mais c'était émouvant aussi.
04__ De la route défoncée du col de Marie-Blanque: «Cette route ancienne, blessée de plaies telle l'échine d'un vieux sanglier!» Imaginez le même gars vous décrivant un petit enfant qui meurt.
05__ Moi aussi. Je sais. Il m'arrive de vous en pousser des pas pires... C'est le vélo. On ne trouve pas toujours le bon braquet pour monter la côte difficile de la littérature.

Appellation contrôlée (extrait tiré des p.213-214)
__ Isola, 16 juillet 1993 - «Mais ce sont des myrtilles!» s'exclament les Français en visite au Lac St-Jean, quand on leur montre des bleuets. Ils y goûtent, font un peu la gueule parce que c'est pâteux, et reviennent sur ce qu'ils ont dit: «Non, ce ne sont pas des myrtilles.»
Ils ont planté de ces myrtilles qui n'en sont pas, dans les Vosges (...). Leur première récolte cette année. Au marché, sur les petites ardoises, c'est écrit: BLEUET, myrtille d'Amérique...
Dis-moi, Réjean (Tremblay) comment préfères-tu que je t'appelle? Le bleuet céleste? La myrtille mirobolante? Ou crisse de mongol, comme d'habitude?

** *
En toute (fausse) modestie, voici quelques commentaires inspirés par les passages cités ci-haut. Vu qu'il est (fort) peu probable qu'il en prenne connaissance, il m'en excusera (d'avance).

Pierre, le pêcheur de perles, béni par la déesse Leïla de Bizet, qui se prénomme George comme tout le monde. [c'est du Satie frelaté]
01__ Pour rendre le ridicule plus naturel, j'aurais écrit: leurs seins. Le pluriel sied mieux (du verbe seoir). Comme dit l'annonceur: un, c'est bien; deux, c'est mieux. Le jour comme le soir.
02__ Aller plus loin, aller plus haut, ce serait de la (pure) indécence. Prière de n'y voir aucune référence à une chanson connue, chantée à pleins poumons.
03__ Aucun commentaire. C'est lui qui le sait. Il faut lui faire confiance.
04__ Le sanglier? Je le connais, c'est celui d'Anna Gavalda! (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, paru en 1999. Il faut entendre Gavalda: «Ah ben! Çâ alors!», imitant la voix d'un jeune homme dans «l'histoire du sanglier», Éditions Écoutez lire. C'est tordant! L'imitation nous ramène à la mâchoire du facteur à bicyclette d'Audun-le-Tiche.
05__ Pour les nuls, qui veulent rester nuls, j'ai déjà expliqué ce qu'est le braquet et le dérailleur. En bref, le braquet est une sorte d'exerciseur, et le dérailleur, c'est le gars d'à côté.

La Myrtille de France qui se prend pour le Bleuet du Lac St-Jean ou la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.
__ Je suggère d'appeler le journaliste sportif, Réjean Tremblay, notre ami à tous, Grenouille Bleue (du Lac St-Jean... facultatif). Et puis, le sigle GB peut aussi signifier Gentil Bleuet. C'est du «deux pour un»...

Je termine sur une note tendre, et touchante. Un récit sobre qui vous arrachera des larmes.

Un gamin extraordinaire. (extrait tiré des p.251-252»
Ce gamin, c'est Timothée. Pierre Foglia l'a connu quand il avait dix ans; il passait ses vacances d'été à Frelighsburg. Puis, il retournait en France, à Saint-Valéry-en-caux. En automne 1997, Timothée tombait malade. Diagnostic: ostéosarcome...

Si je n'avais qu'un seul texte à vous recommander, ce serait celui-là. Le «Fuck» de Foglia résonne comme un coup de gong: Foglia est knock-out.
Jamais vous n'aurez entendu un pareil cri de douleur résonné dans un seul mot.

jeudi 28 mai 2009

Des brèves de Satie (1)

Des brèves et des pas mûres… Commençons par le commencement.

Veau mieux… quand il n'est pas sur… Voici, vois-là une règle de prudence. Sinon, il pourrait t'en cuire, chère blogueuse. Tête de veau... d'or....Oui.

Pratiquez l'autodérision de peur que... les autres ne vous tournent... la tête... en dérision. Il pourrait vous en bouillir... Tête de bouc... émissaire. Oui.

«Méfiez-vous des gens qui ne rient jamais, ce ne sont pas des gens sérieux», absurdinait Alphonse Allais. Oui.

Diantre! Que vient faire Allais dans les Brèves de Satie? Un instant, j'allais... vous le dire. Oui.

Tiens, je lui laisse plutôt la parole, bien qu'il soit mort depuis 1925, après être né en 1866. Oui.

Allons donc rejoindre Satie à la Brasserie. Oui.

«Évidemment, il m'arrive d'aller à la Brasserie; toutefois, je me cache – non par une blâmable hypocrisie, mais conseillé par une prudente réserve – et, surtout, pour que l'on ne me voie pas. J'aurais honte d'être vu! car, comme le disait Alphonse Allais : «cela peut vous faire rater un mariage.». Parole de Satie.

«Mon oncle –ainsi que tous les braves militaires- buvait avec une surprenante abondance tout en racontant force histoires dont le sel lui grattait le gosier et le poussait à lever le coude sans arrêt. Il est fâcheux qu'il n'ait pu connaître Villon : qu'est-ce que ce dernier aurait «pris» , si j'ose dire moi-même.

Malheureusement, Villon était«devenu mort», depuis un certain temps – et ne pensait plus à boire, même à petites gorgées; de plus, mon oncle naquit que bien après la mort de Villon. Tous motifs assez péremptoires qui les tinrent éloignés l'un de l'autre. Oui. »

Diantre! Que diantre! Qu'allait-il faire dans un débit de boissons ? Le «mon oncle», on s'en doute, bien qu'on ne le sache pas. Oui.

Mais… le «son neveu»? C'est qu'il gagnait sa vie, en grande partie, en jouant du piano au Cabaret du Chat noir, puis à l'Auberge du Clou. Au Cabaret, il se lie d'amitié avec Alphonse Allais, qui l'affuble du surnom de Ésotérik Satie; à l'Auberge, avec Claude Debussy. C'est là, également, qu'il y perdit sa vie : il est mort d'une cirrhose du foie –dans la plus totale des misères, et dans l'amertume, son talent n'ayant pas été reconnu. Poète, musicien, compositeur d'œuvres musicales des plus originales –avec titre à l'avenant-, Satie pratiquait un humour décapant, plein d'ironie et de finesse. Avec Satie, ça déménage! Déménageons! Oui.

Mais ceci est une autre histoire. Oui.

En terminant par la fin, je cède à la tentation -qui ne demande que ça- de vous citer le texte de Satie sur la librairie. Oui.

Eh bien, non! Je ne cède pas. Je coupe court... les brèves seraient trop longues... Oui.

Je vous reviendrai pour vous livrer la suite de... de. Je tâcherai de m'en... Vous savez, j'ai la mémoire courte... Tête de linotte! Enfin... nous reprendrons notre tête-à-tête, là où nous l'avons laissé... si personne ne nous l'a piqué... Oui.

Mes remerciements à Mélusine et à Marie Muller.

Paperblog