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dimanche 20 septembre 2009

Rhinocéros- Eugène Ionesco / Actualité

«Rhinocéros», de Eugène Ionesco. Dans l'actualité. La pièce, «Rhinocéros», de Eugène Ionesco est jouée partout dans le monde, aujourd'hui comme hier. Son succès ne se dément pas. Et pour cause, c'est une pièce intemporelle et universelle. Ce qui surprend c'est que: «En Iran, "Rhinocéros" écrase tout sur son passage. Une adaptation de la pièce d'Eugène Ionesco a été le spectacle le plus vu à Téhéran l'an passé. (...) 25 674 billets ont été écoulés. Pour se faire idée de ce que représente ce succès, il faut savoir que le deuxième spectacle le plus populaire ne totalise que 4 801 entrées et le troisième 390», écrivait Baptiste Touvery, dans son article «Ionesco cartonne en Iran», sur BibliObs. Pierre Assouline en glissait un mot: «"Rhinocéros" triomphe en Iran» (République des livres). Que les principaux comédiens soient des stars de cinéma, ça n'y change rien: c'est partout pareil... (par exemple, un cas célèbre, Michèle Morgan).

Jamais un sans trois... Du même coup, j'apprenais que la BNF (Bibliothèque Nationale de France)*, en partenariat avec Ina, Le Magazine littéraire, France 5, présentera bientôt une exposition consacrée à l'oeuvre de Eugène Ionesco. Pour marquer le centenaire de la naissance du Fondateur du «théâtre de l'absurde» et le don de ses archives par sa fille à la BNF. Ce qui me fait penser au «fâmeux» Rhinocéros bleu de la station du Louvre (!), qui galope sur Internet, et me laisse perplexe...
Quoi qu'il en soit, le «Rhinocéros» est dans le texte: c'est là qu'il charge...

Le «Rhinocéros», de Eugène Ionesco.
Le propos. Dans une ville, une étrange maladie se répand: la «rhinocérite». Elle transformera, peu à peu, les habitants en rhinocéros, sauf Béranger.

Extrait tiré du début - Dialogue entre Jean et Béranger:
J. Vous êtes dans un triste état, mon ami.
B. Dans un triste état, vous trouvez?
J. Je ne suis pas aveugle. Vous tombez de fatigue, vous avez encore perdu la nuit, vous bâillez, vous êtes mort de sommeil...
B. J'ai un peu mal aux cheveux...
J. Vous puez l'alcool!
B. J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai!
J. Tous les dimanches matins, c'est pareil, sans compter les jours de la semaine.
B. Ah non , semaine c'est moins fréquent, à cause du brueau...
J. Et votre cravate où est-elle? Vous l'avez perdue dans vos ébats!
B. mettant la main à son cou __ Tiens, c'est vrai, c'est drôle, qu'est-ce que j'ai bien pu en faire?
J. sortant une cravate de la poche de son veston __ Tenez, mettez celle-ci.
B. Oh, merci, vous êtes bien obligeant (il noue la cravate à son cou).
J. pendant que Bérenger nous sa cravate au petit bonheur __ Vous êtes tout décoiffé! B. passe les doigts dans ses cheveux
B. Tenez, voici un peigne! Il sort un peigne de l'autre poche de son veston.
J. Merci! il se peigne vaguement.

Et le même manège continue: pas rasé... vêtements chiffonnés, chemise sale, souliers pas cirés, poussière blanche sur les épaules . Quand Bérenger se regarde dans le miroir (pas rasé!) et tire la langue et dit:« J'ai la langue bien chargée», Jean lui annonce une cirrhose: «Ce n'est pas étonnant! La cirrhose vous menace, mon ami.»

La rhinocérite
Toute la ville attrapera la rhinocérite, une étrange maladie... qui illustre la montée du nazisme, du fascisme, du stalinisme, du totalitarisme, de l'endoctrinement, de la fanatisation.
Béranger, l'alcoolique le non-conformiste, le résistant -si je puis dire ainsi- n'en sera pas atteint. Il est en marge de la société.

Ionesco dira de sa pièce: «Bien qu'elle soit une farce, elle est surtout une tragédie... Nous assistons à la transformation mentale de toute une communauté. (...)
Un homme assiste impuissant à la transformation de son monde contre laquelle il ne peut rien,. Il ne sait plus s'il a raison ou non, il débat sans espoir, il est le dernier de son espèce. Il est perdu.»

Dans la ville, les petits fonctionnaires -de service- se métamorphosent en rhinocéros. Protégés par leur carapace, (leur uniforme...), ils détruisent tout ce qui ne leur ressemble pas. Sauf Bérenger représentant la minorité... d'irréductibles.

Place au théâtre! Un... deux... trois.... Rideau!

___
Psitt! Au fait, avez-vous déjà rencontré un Rhinocéros, un grand ou un petit, près de chez-nous? Dans votre milieu de travail, ou ailleurs...? Prenez garde, il n'existe pas de vaccin... contre la rhinocérite.

samedi 19 septembre 2009

Umberto Eco - Vertige de la liste / Le Louvre

Umberto Eco - Vertige de la liste / Le Louvre. Umberto Eco sera le Grand invité du Louvre (en novembre et décembre 2009). Le Louvre lui ayant donné carte blanche, il propose «Vertige de la liste», c'est le titre qu'il a imaginé pour la programmation pluridisciplinaire à travers l'histoire de l'art, la littérature, la musique, articulée sous le thème de la liste.

«Liste de courses, de couleurs, de lieux, de noms, d'objets, de lettres, de chiffres, de titres, de plantes, de mots. «La liste des listes est infinie et, cependant, toujours semblable à travers les siècles, car correspondant au besoin d'énumérer, de citer, de compter, de classer, de répéter, de mémoriser... De nombreux artistes prennent en effet la liste comme processus et comme thème fondateur de leur démarche (...)»*.
Vertige? Assurément... non pas la peur de tomber dans le vide, mais une impression de trop-plein qui donne le tournis.

Que dit la présentation du Louvre?
«Une liste c'est l'énumération des choses essentielles ou futiles, c'est l'arrangement aléatoire ou structuré d'éléments cohérents ou disparates, c'est un classement toujours provisoire, c'est l'organisation incongrue ou harmonieuse d'objets réels, virtuels, imaginaires ou symboliques, c'est l'entassement volontaire ou hasardeux d'ensembles homogènes, c'est l'accumulation de définitions nécessaires ou chimériques, c'est l'aboutissement dialectique du dialogue utopique entre le rêve et la raison. C'est le vertige qui nous prend devant l'agencement impossible du monde.»
« (..) Une liste dit ce qu'elle dit et rien d'autre. (...).» [phrase tirée d'un long paragraphe]**.
Vertige? Tournis? La programmation parviendra à dissiper cette impression, quoique...

Un aperçu de la programmation
Conférence d'ouverture par Umberto Eco sur le thème «Vertige de la Liste»;
Cycle de conférences, concerts, musique filmée, projection, vidéo, exposition «Mille e tre»;
Un colloque, «Œuvres ouvertes»: Umberto Eco et la scène italienne des années 1960.

Sur le thème Littérature: l'œuvre de Georges Perec (avec l'OuLiPo et Carole Bouquet);
des lectures sonores (textes réunis par Umberto Eco;
le spectacle «Listing Cérémonie», avec la collaboration artistique de Umberto Eco.

Vertige? Tournis? Non, ça va. Ça ira... ça ira... quoique..

Enfin, je signale deux publications:
__ Édition/Création, «Vertige de la liste» par Umberto Eco.
__ «Les habitants du Louvre». Une liste de toutes les personnes qui travaillent au Louvre (environ 2000!), une liste des noms de tous les artistes exposés au Louvre, de l'antiquité au début du XIXème siècle.
Va pour la première publication. Quant à la deuxième... un volume composé de deux listes? Longues... mais des listes. Non, ça ne va pas. [d'où mon quoique...]
De telles listes se publient sur Internet, consultables dans le monde entier. Une liste, c'est une liste. Ça ne vaut pas plus...
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Louvre...

Charles Dantzig
Ce qui me ramène au livre, «Encyclopédie capricieuse du tout et du rien», de Charles Dantzig (2009, 798p.). Des listes, des listes, et encore des listes. Un vrai cas de listérite.

Wikipédia / McSweeney
Ce qui me ramène aussi à deux publications de listes gratuites sur Internet. Il y en une myriade d'autres, ici j'en nomme deux ...
__ Sur Wikipédia, «La liste des listes». Son nom dit tout... Pour y jeter un coup d'œil ou deux, cliquez ici.
__ Sur le site «Thimothy McSweeney», des listes originales, inventives, loufoques. C'est craquant! «Délirant et génial», disait Didier Jacob, sur BibliObs. On peut y ajouter sa liste!
Des listes, des listes, et encore des listes, sur tout et sur rien... Une liste étant une liste, rien de plus. Pour consulter le «McSweeny», cliquez ici.
___
* Sylvie Prioul, «Umberto Eco est pris de "Vertige", sur BibliObs.
**«Le Louvre invite Umberto Eco», sur le site du Louvre.
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