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vendredi 1 juillet 2011

Le 2 juillet 2011. Escapade. Théâtre. Fête champêtre

Toutes affaires cessantes, le 2 juillet 2001, je vous invite à assister à la pièce de théâtre inédite Les menteries d'un conteux de basse-cour de Victor-Lévy Beaulieu au Caveau-Théâtre. Gâtez-vous...  offrez-vous ---le vous étant vous et votre dulcinée ou don Juan---  une fête champêtre, vin d'amitié, repas gastronomique aux saveurs du terroir, dans un lieu à l'avenant, le magnifique domaine du Manoir French. Un petit cadeau avec ça? Ben voyons...cela va de soi: un exemplaire autographié de la pièce de théâtre.

Le rendez-vous a lieu demain, samedi, de 16h30 à 19 heures, au 31 de la route 32. Google Maps vous tracera le chemin à suivre ou encore le service de réservations du Caveau-Théâtre vous l'indiquera ou encore les Éditions Trois-Pistoles, et ce, avec le plus grand plaisir et le plus beau sourire!
La pièce de théâtre commence à 20h 30.
[Le coût pour le «kit au complet» est de 65$; pour la pièce de théâtre seulement est de 22$. Sortez votre calculatrice... et votre joie de vivre!]

Un mot sur la pièce. Les menteries d'un conteux de basse-cour de Victor-Lévy Beaulieu
«Dans sa nouvelle pièce, Victor-Lévy Beaulieu raconte la naissance d’Abel Beauchemin, son alter égo, à Saint-Paul-de-la-Croix, sa petite enfance à Trois-Pistoles, son enfance et le début de son adolescence à Saint-Jean-de-Dieu, Saint-Clément et Saint-Cyprien. Des anecdotes, parfois cocasses et drôles sur la famille Beauchemin, mais aussi émouvantes parce qu’Abel n’est pas un enfant comme les autres, et se passionne pour les animals qui sont la grande affaire de sa vie. Victor-Lévy Beaulieu est l’auteur d’une quinzaine de pièces de théâtre dont plusieurs furent jouées au Caveau-Théâtre, notamment La maison cassée qui fut vue par 75 000 spectateurs au Québec, L’Héritage et La guerre des clochers qui a remporté le Grand prix national du théâtre en région, avec 10 000 spectateurs en un seul été» [Le Caveau-Théâtre]

Une escapade, une romance, et tout, et tout, et tout ce qui ne se dit pas... 

Pardon? Je vous entends me dire que je me répète, que je radote, que je vous ai tout dit cela et plus encore le 21 juin 2011, un mardi... Euh... En effet, en effet... Je me souviens ---c'est ma devise--- à présent.

Comme dirait l'autre «que voulez-vous», j'écoute par le (mauvais) temps qui court Les mémoires d'un amnésique d'Éric Satie, un des textes les plus drôles et les plus spirituels que je connaisse. Ceci, sans doute, explique cela.

Pour conclure, disons que je vous lance un rappel! À bientôt!


 _____
[] Le  caveau théâtre: caveauhttp://caveautheatre.com/index.php
[] Réservations et renseignements: Au Caveau-Théâtre : 1 418 851 4759
   Aux Éditions Trois-Pistoles : 1 418 851 8888

mardi 21 juin 2011

Oyez, oyez, gentes gens! Une invitation toute spéciale de VLB !

Aux Éditions Trois-Pistoles

VLB VOUS INVITE CHEZ LUI POUR LA PREMIÈRE DE
LES MENTERIES D’UN CONTEUX DE BASSE-COUR!
De 16 h 30 à 19 heures le samedi 2 juillet prochain, Victor-Lévy Beaulieu vous invite chez lui, au 31 route 132 est, pour célébrer les aveilles de la première de Les menteries d’un conteux de basse-cour.
Une fête champêtre au milieu d’un paysage luxuriant, avec une vue imprenable sur la mer Océane !
Tout en vous promenant dans le domaine du Manoir French, vous aurez droit au verre de l’amitié.
Un repas suivra : une plantureuse salade dite des Menteries du chef Germain de la Maison de l’écrivain ; des viandes à la VLB – bœuf, porc et orignal dans une sauce dite swigneuse de la Basquaise ; gâteau dit du Conteux au généreux coulis de framboises cueillies dans les jardins du Manoir French. Le tout arrosé de bière ou de vin.
À chacun des convives, VLB remettra un exemplaire autographié de Les menteries d’un conteux de basse-cour dont ce sera le lancement officiel.
À la fin de cette fête champêtre, ce sera la première de la nouvelle pièce de VLB au Caveau-Théâtre, à 20 h 30.
Le coût d’un billet pour cette fête champêtre, l’exemplaire autographié des Menteries d’un conteux de basse-cour et la première de la pièce au Caveau-Théâtre est de 65 $.
Réservez dès maintenant car les places sont limitées!
Au plaisir de vous accueillir le 2 juillet prochain au Manoir French et au Caveau-Théâtre.
RÉSERVATIONS
Au Caveau-Théâtre : 1 418 851 4759 Aux Éditions Trois-Pistoles : 1 418 851 8888

{}une pareille invitation, ça ne se refuse pas... 
{} une pièce de théâtre qui ne manquera, certainement pas, de piquant... 
{} une promenade dans un beau domaine, 
{} du boire et du bon manger, qui vous met l'eau à la bouche, juste à lire le menu
{} et un livre. 
Une fête champêtre digne des dieux!
En prime, une escapade. 
Évadez-vous!
Prenez le temps de vivre...
de vous la couler douce...


_____
Psitt! N'attendez pas de gagner un million à la Loto, prenez les devants.


jeudi 16 décembre 2010

L'hiver avec Normand Cazelais / Sur la route avec VLB / Une lettre-poème de Jean-Noël Pontbriand

Au menu -c'est le Temps des Fêtes!-: un album sur l'hiver, qui est de toute beauté; des précisions concernant l'insipide, et trompeur, résumé de Bernard Pivot, qui a dû lire Sur la route de Jack Kerouac, sans ses lunettes; et une lettre-poème «Jack Kerouac blues», de Jean-Noël Pontbriand, tirée de son livre de poésie qui comprend une autre lettre-poème «Il était une voix», dans laquelle il tente «de retrouver le parole tue de la mère», dont voici un court extrait, qui saura vous toucher:
«Je ne suis plus que moi-même
et plus ombre que ma chair
le lointain m'arrive par une lettre que tu n'as pas
écrite mais qui bouge en ma voix
et dont je me souviens»
Jean-Noël Pontbriand
«Il était une voix»


 L'hiver en toute beauté avec Normand Cazelais
Depuis la double fenêtre de mon bureau, j'ai vu neiger, j'ai vu pleuvoir et, j'ai vu neiger de nouveau, pour mon plus grand bonheur, Et voilà que Montréal resplendit sous la neige. On voit les enfants glisser sur les petites et grandes côtes, rouler des balles de neige... On les entend rire dans l'air froid. Ils jasent comme le couple de geais bleus dans mon lilas. Ils sont heureux: c'est l'hiver!

«Montréal, en hiver, c'est la neige qui danse, flotte et virevolte,
s'accroche aux arbres, 
courtise le halo des lampadaires, se transforme en boules et bonshommes. 
C'est la poudre blanche, la vraie, faite de cristaux apparemment tous pareils et,
pourtant si dissemblables qui lui fait tourner la tête.
La neige, c'est le blanc sur la ville grise des jours d'ennui»
 Normand Cazelais
«Vivre L'hiver au Québec. Un espace marqué par l'hiver»

En exergue de son album, rempli de belles photos et écrit à l'avenant, Normand Cazelais cite Louis-Edmond Hamelin, géographe -comme lui- et pionnier de la nordicité ainsi que ... Shakespeare. Un album à s'offrir et à offrir!

«L'hiver se présente comme une saison, un espace, ainsi qu'une émotion.»
Louis-Edmond Hamelin
cité dans «Vivre L'hiver au Québec. Un espace marqué par l'hiver»

«Gèle, gèle, ciel rigoureux
Ta morsure est moins cruelle
Que ce d'un bienfait oublié.»
Shakespeare

Au Québec, l'hiver rime avec les vers romantiques et nostalgiques -et magnifiques- d'Émile Nelligan

« Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé ! »
Émile Nelligan
Soir d'hiver

Des précisions concernant Sur la route de Jack Kerouac avec VLB (Victor-Lévy Beaulieu)
Dans mon blogue précédent, je citais Bernard Pivot qui résume «Sur la route» de Jack Kerouac, dans sa «Bibliothèque idéale», en ces termes: «Livre phare de la génération beat incarnée par Dean Moriarty, un frère de James Dean. Des voitures volées,des mauvais garçons qui ont fait un pacte d'amitié, et la route 220 à l'heure.» J'ajoutais, vous l'aurez remarqué, un «Ciel!» bien senti..., mais insuffisant.

Dean Moriarty est le double de James Dean. Comme Sal Paradise est le double de Jack Kerouac. Chaque protagoniste porte un surnom, c'était plus prudent... Évidemment, dans la toute dernière édition -l'édition originale- l'interdit est levé... chacun porte son nom.
«Il y a aussi que le fait que dès Sur la route, Jack se donne le rôle d'historiographe et non pas celui de héros [...]»
Victor-Lévy Beaulieu
Jack Kérouac

Le héros, si je puis dire ainsi, de Sur la route est James Dean, alias Dean Moriarty, et non pas Jack Kerouac.

«L'essentiel de Jack sorti de l'enfance de Lowell est dans Sur la route; sa démarche, qui me fait penser à celle du Wolfe de Au fil du temps, est celle de l'Américain qui veut posséder son pays physiquement - D'où l'importance, dans ce livre, des vieilles voitures lancées à toute vitesse sur les routes américaines, dans une hystérie qui dit bien le profond besoin qu'on avait, après cette maudite guerre d'un nouvel espace où vivre fût possible - (L'alcool, le sexe, la drogue, le jazz et la poésie ne viendront qu'après cela - milliers de milles tombant derrière soi- vieille peau asphaltée de l'Amérique)-»  

Victor-Lévy Beaulieu
Jack Kérouac

 On ne saurait mieux dire... Une fois de plus, je vous recommande ce livre: un essentiel pour comprendre la trajectoire de Jack Kerouac et son œuvre.


Une lettre-poème de Jean-Noël Pontbriand, adressée à Jack Kerouac: Jack Kerouac Blues
Jamais vous n'aurez lu un poème si beau, ni mieux senti, si juste, si bien intégré au Québec, un poème révélant l'essence même de Sur la route, un écrit indissociable de Jack Kerouac. Une lettre-poème de 43 pages, portée par le blues de l'écriture: un pur bonheur!
Le poète s'adresse à Jack, amateur, et connaisseur, de jazz et de blues, il lui parle au creux de l'oreille de Cole Porter, Billy Holiday, Luis Armstrong, Charlie Parker; il lui souffle le nom d'écrivains lus, Blaise, Rimbaud, Claudel; Nelligan passe comme une ombre. La chanson de Mémére -ainsi que Jack nommait sa mère- s'inscrit dans un souvenir impérissable. 

What is the thing called love
Cole Porter chanté par Billie Holiday
En exergue de Jack Kerouac Blues
Jean-Noël Pontbriand

Je vous invite à vous rendre sur mon blogue Livranaute pour lire des extraits de la lettre-poème, Jack Kerouac blues, en suivant le lien pointé sur le mot Livranaute ou en cliquant dans la colonne  gauche de ce blogue-ci.

Je vous souhaite une bonne lecture, et vous remercie, chaleureusement, de me lire!

dimanche 12 décembre 2010

Sur la route - Jack Kerouac / Jack London / Biographie - Yves Buin / Essai - Victor-Lévy Beaulieu (VLB)

Lire et relire Sur la route de Jack Kerouac, et l'offrir. Pourquoi? Parce que... c'est un livre légendaire, mythique; parce qu'il est l'un des 49 romans américains de la «Bibliothèque idéale» de Bernard Pivot (Albin Michel, 1988) qui écrit: «Livre phare de la génération beat incarnée par Dean Moriarty, un frère de James Dean. Des voitures volées,des mauvais garçons qui ont fait un pacte d'amitié, et la route 220 à l'heure.» Ciel! J'arrête ici, car je crains que les Rennes du Père Noël -bêtes intelligentes, s'il en est- ruent dans la belle jambe que ça me fait!

Lire et relire Sur la route de Jack Kerouac, et l'offrir. Pourquoi? Parce que c'est un excellent roman, un témoignage unique, d'un authentique écrivain, qui a une œuvre incomparable à son actif. Je sais de quoi je parle: en 2009, j'ai consacré nombre d'articles à Sur la route et à Jack Kerouac, sur mon blogue siamois Livranaute.

L'histoire commence avec Jack London.
En 1907, Jack London publie The Road. C'est le récit des aventures et des vagabondages de Jack-le-matelot -un double de l'auteur-, récit inspiré de faits authentiques. En effet, en mai 1893, une «armée industrielle», soit un groupe formé de milliers de chômeurs et de laissés-pour-compte confrontés à une sévère crise économique, marche sur Washington. Commandée par le «général» Kelly, cette «armée» veut forcer le gouvernement à construire des routes à travers le pays. Sans le sou, les chômeurs montent, illégalement, dans des wagons de marchandises; on les nomme les «brûleurs de dur». Parmi ceux-ci, Jack London qui eu l'idée de tenir un journal de bord, un inédit est publié sous le titre Carnet du Trimard (éditions Tallandier, 2007).

Toutefois, il quitte le groupe de chômeurs peu après pour vagabonder, et mener une vie de «hobo», jusqu'à son arrestation à Niagara Falls, en juin 1884, et son dur séjour dans une prison de Buffalo. S'appuyant sur son carnet de bord, expériences et vagabondages, Jack London, le «brûleur de dur», écrivit The Road treize ans plus tard (1907) -et la traduction française mit cent ans pour nous parvenir, décidément «It's a Long Way to Tipperary...».

Jack London venait ainsi d'entrer en littérature et d'opter pour le socialisme. Le vent de liberté, le goût de prendre la route, la sensibilité à la misère et à l'injustice sociale dont est empreint On the Road marqueront les esprits et inspireront la jeunesse revendicatrice, et … Jack Kerouac.

Jack Kerouac
Cinquante ans après The Road, en 1957 donc, Jack Kerouac publiait On the Road, écrit entre 1948-1956. Ce titre même est un hommage à son prédécesseur, le «Pionnier de la Route». Il adoptera le même prénom, Jack. Son véritable prénom est Jean-Louis; pour sa mère, vers qui il reviendra sans cesse, il est et restera «Ti-Jean». Son patronyme est Kérouac, avec l’accent aigu…

Jack London avait rédigé un carnet de notes qui lui a servi pour The Road; c’est avec ce premier roman qu’il débute sa carrière littéraire, qu’il se découvre écrivain. Une carrière prolifique! Jack Kerouac, quant à lui, avait déjà publié un roman en 1950, The Town and the City -Avant la route- salué par la critique. Sa carrière était donc amorcée, et il savait depuis toujours, pour ainsi dire, qu’il serait un écrivain.

L’«armée» de chômeurs et de laissés-pour-compte du «général» Kelly , que London rejoignit, réclamait des routes… et du travail.
Kerouac, lui, errait sur les routes américaines dont la mythique 66 reliant Chicago à Los Angeles se déplaçant en auto-stop, mais aussi montant à bord de wagons de marchandises comme London.

Les temps ont changé, mais la jeunesse reste éprise de liberté, et du désir de prendre le large. Inscrits dans la même filière américaine, les deux Jack sont des vagabonds, des marginaux des «tramps», des «bums». Tous deux racontent leur errance, leurs amitiés et rencontres, leurs émotions et réflexions.

London met en scène Jack-the-Sailor, son double; et Kerouac, Dean Moriary, nul autre que Neal Cassidy, et Sal Paradise, son double. Le contenu de l’un est plutôt «soft», et celui de l’autre est plutôt «hard»-surtout, il va sans dire, le texte original, non épuré. London écrit en slang, dans un style parlé, spontané, familier, alors que Kerouac raconte, romance, dans un tempo jazz, en battant la mesure, dans un style personnel. Ce beat résonnera à l’oreille et au cœur de la génération d’après-guerre.

The Road touchera des millions de lecteurs. C’est une œuvre majeure de la littérature américaine, d’une originalité sans pareille. Elle marquera toute une génération nommée la «Beat Generation». Il inspirera toute une jeunesse qui prendra la route, le livre sous le bras, mais trop tard... l'époque est révolu!

En bref. À 50 ans d'intervalle, Jack London et Jack Kerouac: tous deux ont pris la route et parcouru les États-Unis d’Amérique, au gré des rencontres et des moyens de déplacement. Deux sans-le-sou avides de découverte. Tous deux, conteurs et personnages de leurs propres aventures, pour ne pas dire de leur «vécu». À l’époque de Jack London, on réclamait des routes, à celle de Jack Kerouac, on roulait sur les routes.

Aujourd'hui. La US 66, U.S. Route 66, la Main Street of America, Main Street USA, The Mother Road -la première route transcontinentale goudronnée en Amérique-, n'existe plus ou si peu, ayant été déclassée en 1985. il va sans dire que la célèbre U.S. Route 66 conserve, et conservera, son caractère mythique. D'ailleurs, des groupes multiplient des initiatives pour conserver ce qu'il reste de l'Historic Route 66.

Lire et relire Sur la route de Jack Kerouac, et l'offrir. Mais, dans quelle édition? La plus récente présente la version originale intitulée: «Sur la route: le rouleau original», Gallimard 2010.
Mais quel rouleau??? C'est une légende...
«La légende veut que Kerouac se soit dopé à la benzédrine pour écrire Sur la route, qu’il l’ait composé en trois semaines, sur un long rouleau de papier télétype, sans ponctuation. Il s’était mis au clavier, avec du bop à la radio, et il avait craché son texte, plein d’anecdotes prises sur le vif, au mot près. Le sujet : la route avec Dean, son cinglé de pote, le jazz, l’alcool, les filles, la drogue, la liberté…[...]», lu sur France Culture.

Pour ma part, je vous conseille trois livres:
[] Sur le route, de Jack Kerouac. Texte intégral, avec des notes et un dossier, publié chez Folio plus, numéro 31, 540 pages. Vous aimez le «hard»,? Il y en a... Que les protagonistes portent des surnoms, n'y change pas grand chose; ils sont nettement
identifiés par l'éditeur. C'est un secret de Polichinelle!

[] Kerouac par Yves Buin, chez Folio biographies. no 17,354 pages. Une biographie reconnue, fort intéressante et bien écrite.Clin d'oeil à Daniel Caux.«Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d'être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne bâillent jamais, qui ne disent pas de banalités, mais brûlent, brûlent, brûlent comme un feu d'artifice. », disait le Jazz Poet. Selon Yves Buin, son biographe, Jack Kerouac a formalisé le souffle jazzé, inspiré du saxophone et le phrasé paroxystique de la « forme sauvage » dans les quelques principes de la prose spontanée. Ecrivain psychiatre, également poète et passionné de jazz, Yves Buin a collaboré à Jazz Hot à la fin des années 60 [...]», lu sur France Culture.


[] Jack Kérouac, œuvres complètes, tome 10, de Victor-Lévy Beaulieu (VLB), un essai de 194 pages. C'est un beau livre imprimé sur un papier de qualité crème, généreusement illustré. Ce livre est un incontournable pour connaître Jack Kerouac et son oeuvre: indissociables. Incoutournable pour saisir l'origine profonde et la portée de Sur la route, et la place qu'elle occupe dans son œuvre. Incontournable pour comprendre l'univers de Jack Kerouac, dont les livres ne peuvent, à mon avis, se lire à la pièce. «Jack Kerouac par Victor-Lévy Beaulieu... mais aussi Victor-Lévy Beaulieu par Jack Kerouac... Cet essai de reconstitution d'une vie, d'une oeuvre, d'un destin peut être considéré comme un roman au sens qu'aura peut-être ce mot demain.», Claude Mauriac,Le Monde,1973.

Offrir des Folio... vous hésitez. Alors choisissez la version originale, accompagnée de l'essai de VLB. Un cadeau que la personne choyée n'oubliera pas de sitôt, pour ne pas dire jamais - car il ne faut jamais dire jamais...

Couverture dessinée par Jack Kerouac
Allez, je vous embrasse. À bientôt!

mercredi 1 décembre 2010

Ma vie avec ces animaux qui guérissent - Victor-Lévy Beaulieu / Josée Blanchette - Le Devoir / Hugues Albert - Info Dimanche

Éditions Trois-Pistoles, 2010
Vivement décembre! Avec son cortège de Fêtes et de réjouissances, avec ses amitiés et ses boustifailles, avec ses petits et grands bonheurs. C'est le temps de lire et d'offrir des livres; c'est le temps de prendre du temps... pour vous et les vôtres, parents et amis. Le reste attendra... Vous me voyez venir avec mes sabots de Noël. 

J'ai lu les livres que je vais vous suggérer, ce sont tous des livres «durables», i.e. des livres à relire. Je  vous avoue que je suis devenu allergique aux livres à la mode qui se démodent; aux livres «kleenex» lire-et-oublier, plaisirs éphémères. Aux livres produits de consommation, poussés par un marketing agressif, La carte et le territoire de Michel Houellebecq en est un exemple flagrant.

Aujourd'hui, en ce premier «beau jour» de décembre 2010, je vous propose Ma vie avec ces animaux qui guérissent de Victor-Lévy Beaulieu.  Ces animaux qui guérissent des envies de  (trop) boire...  qui  -si on élargit le propos- guérissent des envies de se décourager, guérissent des plaies qui ne se cicatrisent pas, guérissent du mal de vivre; et, la liste pourrait s'allonger.

Un livre thérapeutique? Pas du tout, vous n'y êtes pas. Un livre «Notre-Dame-du-Bon-Conseil»? Non, rien à voir avec les donneurs zé donneuses de leçon.  Ma vie avec ces animaux qui guérissent  est, tout simplement, le récit d'une tranche de vie d'un écrivain, Victor-Lévy Beaulieu, qui vit dans sa maison, dans son domaine, en compagnonnage avec ses animaux.

José Blanchette écrit dans Le Devoir: «Je connaissais le VLB polémiste, politicien, écrivain, éditeur et scénariste. J'ai fait connaissance avec Victor-Lévy, le sage-homme qui materne et soigne, accouche ses brebis, prépare des biberons, cuisine du foie de bœuf pour ses chats, fait pousser de la lavande, récolte ses framboises.
Ici, ni cirque ni voltige; seule la complicité silencieuse entre la vraie nature de l'homme et ses compagnons de fortune prévaut.
''Ce qui me passionne chez les bêtes, dit VLB, c'est qu'elles vous forcent à rester curieux. [...] Depuis vingt ans que je vis maintenant au quotidien avec des animaux, dans ma maison, dans ma grange-étable et autour de mes bâtiments, je ne cesse pas d'être étonné par l'esprit de générosité de la nature quand on lui porte respect, qu'on fait corps avec elle plutôt que de vouloir la dominer de l'extérieur», écrit-il dans son dernier livre qui traite de sa passion pour les animaux depuis l'aube de son existence, de leur pouvoir balsamique, de sa victoire sur l'alcoolisme et de ses zoothérapeutes.''»

Et plus loin dans l'article, on lit: «On saisit, à la lecture de son récit, à quel point VLB a eu besoin des animaux pour apprivoiser ses propres démons, repousser les muses noires de l'autodestruction:
''Si je n'avais pu profiter de mes soirées et de mes nuits à me bercer parmi mes animaux, je ne crois pas que j'aurais pu résister aux sirènes du gros gin ou à celles du whisky écossais. Les animaux constituaient pour moi une belle leçon de choses, ils avaient une conception zen de l'existence: on ne vit jamais que des instants qui sont dans leur chacun un privilège; si on a la santé, le gîte, le boire et le manger, on n'a plus qu'à en jouir, en toute sérénité, sans culpabilité ni remords», écrit encore l'homme de lettres, qui s'est infligé deux cures volontaires en clinique de désintoxication, il y a quinze ans. «Normalement, le séjour était de 3-4 semaines; j'ai décidé d'y rester durant huit. Ils hésitaient même à m'accepter au cas où j'arrête d'écrire. Mais je n'ai jamais écrit quand je buvais'

Ma vie avec ces animaux qui guérissent est un livre vivant, joyeux, coloré, qui chante la vie, les animaux -les siens portent tous un nom-, les plantes. C'est un livre qui porte la vie, le plaisir de vivre -simplement- et l'espoir de la vie dans son quotidien, et la capacité de vieillir sereinement. À chaque page, on sent le souffle du large, qui nous revivifie.
Le livre est rempli de très belles photographies, d'anecdotes surprenantes. On y apprend un tas de choses des plus intéressantes. Le livre, plein d'humour,nous donne à lire des récits bien savoureux.
Photo Christian Lamontagne

Hugues Albert, dans Info Dimanche, écrit: «Si les images de son dernier ouvrage Ma vie avec ces animaux qui guérissent sont très convaincantes, très fortes et aussi très tendres, le texte n’est rien de moins que passionnant et très riche d’enseignement. Il nous ramène à l’essentiel !
Au sens le plus large, il s’agit d’un éloge bien mérité à tous ces êtres, petits et grands, qui forment le règne animal et dont le comportement, même si on le dit instinctif, est rempli d’un civisme qu’on retrouve à peine dans le genre humain… Le célèbre auteur et dramaturge rend aussi éloge à toute la population animale qui partage sa vie.[...]»

L'auteur de l'article nous livre ce touchant témoignage: «La dame avec laquelle je partageais ce magnifique matin d’août dut attendre une couple d’heures avant de pourvoir me causer. Et quand elle prit possession de l’ouvrage, elle m’envoya paître à son tour quand je voulus lui adresser la parole. VLB l’avait envoûtée avec ses animaux et toutes les expériences et observations qu’il décrit dans son livre. Quand on dit qu’un must est un must, Ma vie avec ces animaux qui guérissent est un must. Voilà !»

Il m'a appris que: « Dans son édition de septembre 2010, le Sélection du Reader’s Digest a choisi Ma vie avec ces animaux qui guérissent de Victor-Lévy Beaulieu pour en faire son Livre du mois, un condensé qui couvre 19 pages avec photographies.»
Ce qui n'est pas rien!

Je pourrais vous parler encore et encore de ce beau, et savoureux, livre. Je pourrais vous apporter une foule de critiques, toutes positives, une foule de témoignages et commentaires touchants. Mais... il suffira de conclure en vous disant que ce livre vous fera du bien, et que vous y reviendrai souvent, et longtemps...

vendredi 26 mars 2010

Malaise existentiel - Chanson québécoise - Isabelle Matte/ PUL - Le Devoir

Un article du journal Le Devoir, «La complainte du vide intérieur» par Frédérique Doyon, attirait dernièrement mon attention, un titre qui pique la curiosité... De quoi s'agit-il donc? «L’anthropologue Isabelle Matte. écrit la journaliste, constate que la chanson québécoise actuelle semble exprimer une perte du lien social, du sentiment d’appartenance. Sous des airs souvent joyeux, nos artistes chantent la perte de sens et le cul-de-sac de la surconsommation (…)» (1).

Le malaise existentiel
«Si la chanson est le reflet d’une société, le Québec ne va pas bien du tout. Le mal de vivre, le ras-le-bol face à la surconsommation, l’impasse du pays toujours à venir et en devenir: voilà les thèmes qui reviennent inlassablement dans la chanson québécoise. En fait, on est à des années-lumière d’une chanson-phare des années 1970 interprétée par Renée Claude, C’est le début d’un temps nouveau, où, en résumé, le bonheur était la seule vertu et où l’infini n’effrayait pas, bien au contraire. Que s’est-il passé entre hier et aujourd’hui pour que le malaise existentiel imprègne à ce point la chanson québécoise?», écrit Renée Larochelle dans le journal Au fil des événements. (2)
Isabelle Matte, qui participait à une table ronde, répond à cette question complexe qu'elle a examinée à fond. (2)

Perte du lien social, du sentiment d'appartenance

«Jusqu’à la Révolution tranquille, le catholicisme était le liant de la société, dit Isabelle Matte. Aujourd’hui, la société de consommation a remplacé la religion. Cette nostalgie d’un monde perdu est très présente dans les chansons écrites par des artistes nés après le baby-boom, donc après 1960. Bien sûr, le retour en arrière n’est pas souhaité et ce n’est ni de la messe ni de la confession dont le Québec s’ennuie, mais bien du ciment social qui caractérisait la société québécoise de l’époque.»
«Il y a des choses qui n'ont pas été digérées.»

La chanson québécoise, baromètre du malaise existentiel
La rue principale, chanson des Colocs, qui dépeint la métamorphose d’un village du Lac Saint-Jean, autrefois tricoté serré entre «la Coop, le gaz bar, la Caisse pop, le croque-mort», en un lieu désert et déserté après la construction d’un centre d’achats.

Dans En Berne, les Cow-Boys fringants effectuent une charge féroce contre le Québec contemporain, tirant à bout portant sur le manque d’idéal et de solidarité des Québécois qui, le cul assis su’l statu quo, se gavent de poutine et de téléromans. Ils en concluent que Si c’est ça l’Québec moderne/Ben moi j’mets mon drapeau en berne/ Et j’emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent.

Le groupe Loco Locass, lui, parle de la nécessité de mettre quelque chose là où Dieu, jadis, remplissait l’espace: Dieu est mort, faut bien qu’on le remplace/Qu’on remplace le vide qui prend toute la place. Dans Groove Grave, le groupe associe directement le mal de vivre et le vide à la société de consommation: Y’a quelque chose de pourri au royaume du trademark/Dieu est mort, faut bien qu’on le remplace/Qu’on remplace le vide qui prend toute la place/

Un malaise sans issue
Selon Isabelle Matte, c’est l’idée selon laquelle il n’existe pas d’issue à ce malaise qui rend cette insatisfaction différente de celle de la jeunesse d’une autre époque. En somme, un monde s’est évanoui mais il n’a été remplacé par aucun autre.

La critique du capitalisme et d'un monde qui tourne à vide fait partie du discours dominant et populaire. La chanson québécoise actuelle en témoigne. Les textes regorgent de références apocalyptiques en forme de quête de sens, L'Échec du matériel de Daniel Bélanger est en tête de liste.

Une place au soleil

La chanson Dégénération, écrite par le groupe Mes Aïeux, témoigne bien des misères existentielles vécues par les jeunes qui, malgré un mode de vie plus facile et un bien-être matériel plus grand que celui de leurs ancêtres, peinent à trouver leur place au soleil.

(...) «Dans Dégénération, le passé n’est pas idéalisé, personne n’est dupe. Mais les gens ont pris à bras-le-corps cette chanson car ce passé proposait des liens significatifs entre les personnes.»

Cette nostalgie, Mme Matte la perçoit comme saine et positive, écrit Frédérique Doyon. D'une part, elle reflète l'intensité toute particulière avec laquelle a été vécue la Révolution tranquille au Québec, période de contestation politique, de révolution sexuelle doublée d'un mouvement de sécularisation en mode accéléré. D'autre part, elle dénote une curiosité nouvelle, un «désir de se lier à ce passé [longtemps évacué et que les jeunes connaissent souvent mal, note-t-elle], de jeter un pont, de faire partie d'une continuité.»

Le Québec, l'Irlande et... Daniel Bélanger*
Pour Isabelle Matte dont la thèse porte sur la rapidité du déclin du catholicisme au Québec et en Irlande, le chanteur Daniel Bélanger, avec son album intitulé «L’échec du matériel» (2007), est l’artiste ayant le plus su mettre en paroles et en musique l’angoisse et la tristesse ambiantes avec, en filigrane, cette idéologie du marché envahissant l’esprit et l’existence: Comme il est partout/Mais surtout dans ses valises/Avant de disparaître/Dieu vend ses églises.


Un discours sur le monde
«Dans les productions culturelles d'ici, il y a un réel souci d'où on s'en va, dit-elle en citant notamment la trilogie du cinéaste Bernard Émond sur les vertus théologales. Je trouve nos artistes intelligents, ils ont un discours sur le monde qu'on se doit d'entendre. Il faut les écouter...» (1)

Malaise existentiel et discours apocalyptique dans la jeune chanson québécoise
C'est le titre du chapitre 9, signé par Isabelle Matte, dans le livre publié aux PUL -Presses de l'Université Laval- sous la direction de Robert Mager et Serge Cantin. Les 3 sous-titres du chapitre se lisent ainsi: Le décryptage d'une impasse; Une inversion structurelle; Daniel Bélanger, Weber québécois (p.165 à 180).

«Ce changement radical des visions du monde, Isabelle Matte l'attribue à l'"inversion structurelle" qui s'est opérée avec la Révolution tranquille.
"Nous parlons, dit-elle, du passage d'un catholicisme englobant une bonne partie de la réalité sociale et existentielle des Québécois à une religion qui se doit d'être choisie par l'individu. Le passage, donc, d'une société largement traditionnelle à une société de consommation post-industrielle», écrit-elle, un peu à contre-courant de ses collègues-auteurs qui tentent plutôt de relativiser l'impact de la Révolution tranquille pour montrer la persistance d'un sens religieux qui s'est simplement diversifié"(1)

Quant à moi, je trouve la position d'Isabelle Matte plus juste que celle de ses co-auteurs -si nombreux et si savants soient-ils. Elle me semble plus près des «réalités» québécoises. Ce n'est pas par hasard si les «gens ordinaires», de tous âges, s'approprient, entre autres, les chansons ici nommées, ces chansons qui disent tout haut, et si bien, ce que bien des gens pensent, et ressentent. Évidemment, il revient à chacun de se faire une opinion, cela va de soi.
La lecture de la table des matières et de la quatrième de couverture donnent une idée du contenu du livre. Le PDF est ici. Livre à feuilleter en librairie pour s'en faire une meilleure idée.

L'échec du matériel, chanson de Daniel Bélanger

Plus je m'assure sur la vie et sur les choses
Je me réveille chaque jour plus angoissé
Les objets me hantent
Je fais des cauchemars de brocantes où tout s'enfuit.
En sursaut, je me réveille

Devant l'échec du matériel
Devant l'échec

On peut me priver d'amour, mais pas de posséder
Plutôt vendre mon âme et puis mourir
Ma valeur marchande à la bourse de l'enfer est à la hausse à chaque angoisse qui me ronge

Devant l'échec du matériel
Devant l'échec

Faire marche arrière, entreprendre un demi-tour est bien au dessus de mes forces déployées
à faire ce que doit, ce que les choses attendent de moi à maintenir le monde avant qu'il ne s'effondre

Devant l'échec du matériel
Devant l'échec
Devant l'échec du matériel
Devant l'échec
[Écoutez de courts extraits sur Archambault musique, ici]

__
* Ce titre rappelle, et salue, le magnifique livre de Victor-Lévy Beaulieu «Le Québec, l'Irlande et les mots».
[] (1) Le Devoir, «La complainte du vide intérieur» par Frédérique Doyon, l'article est ici.
[] (2) Au fil des événements, «L'échec du matériel» par Renée Larochelle, l'article est ici.
Oeuvre. Mythes et poésie du vide, de Kader Attia

jeudi 17 décembre 2009

(3) Livres cadeaux - L'Héritage - James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots - NeigeNoire / Coups de coeur

(3) Livres cadeaux - Trois beaux livres, trois coups de cœur: «L'Héritage»; «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots»; et «NeigeNoire et les sept chiens». Un grand écrivain: Victor Lévy Beaulieu -VLB. De quoi rendre jaloux Cupidon! Le dieu de l'amour, pas le chocolatier. Ces 3 livres vous feront voir 3 «spécimens» de l'œuvre de VLB. Ainsi «L'Héritage», un téléroman et un roman advenu, ancre son histoire au Québec. «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots», un essai -qui se lit comme un roman- déborde les frontières du Québec pour s'ouvrir sur l'Irlande et son grand écrivain, James Joyce. «NeigeNoire et les sept chiens» est un livre pour enfants -qui plaît aux adultes.

L'Héritage et le James Joyce existent, chacun, en deux éditions, l'une de luxe -déjà vendue par souscription, et une édition à prix abordable. Cette édition disponible en librairie n'est pas un parent pauvre... de l'autre. Au contraire, c'est une édition très soignée, publiée sur un beau papier, avec une typographie élégante; elle contient la même iconographie que l'édition prestigieuse. Les Éditions Trois-Pistoles ont ainsi produit 3 beaux livres.
Durant le Temps des Fêtes, passez du temps en compagnie de votre meilleur ami, le Livre.

  • L'Héritage, de Victor-Lévy Beaulieu

Qui ne se souvient pas de L'Héritage? Chaque semaine, plus 2 millions de spectateurs (108 épisodes présentés à la SRC, de 1987 à 1990) ont suivi la saga déchirante, tragique de la famille de Xavier Galarneau, un homme dur, sévère, incestueux. Un téléroman «populaire» porté par un texte littéraire, écrit dans un langue poétique qui fait vibrer les sons. Une langue qui exprime des sentiments forts, une gamme étendue d'émotions. Ce texte, Victor-Lévy Beaulieu l'a peaufiné, l'a rendu «dans ses grosseurs». Il existait 2 premiers tomes du roman L'Héritage, tomes épuisés depuis longtemps. À présent, VLB nous donne à lire l'histoire complète des Galarneau, une version revue et définitive, en 840 pages.

L'Héritage demeure l'un des plus beaux romans de l'œuvre de Victor-Lévy Beaulieu, un puissant hennissement qui fait se cabrer la jument tavelé quand la Loi devient ce sang qui coule dans les veines de la destinée. Roman débordant d'émotions, porté par le souffle immense du grand écrivain. L'Héritage est une authentique tragédie grecque, une montée de fureur, une descente au cœur de ce qui nous habite, une main qui s'embrase sur le ventre chaud des amours interdites. L'Héritage souffle le froid et le chaud, la haine, l'envie, la trahison, l'amour, l'espoir. La beauté et la laideur du monde. Des personnages plus grands que nature, une puissance dramatique, une écriture qui sonne et résonne.

Xavier Galarneau ne peut échapper à sa destinée, ce livre est celui de la Loi et on ne peut déroger à la Loi. Souviens-toi, Xavier, que ce livre devait paraître pour que «les valets royaux y dessinent leur marque, pour que la beauté des mots fasse que la jument tavelée voit ce qui pourrait rester de toute la profondeur du bleu du ciel.» Quelle scène prenante interprétée par Gilles Pelletier qui enterre sa jument... Victor-Lévy Beaulieu a, justement, dédié son livre «L'Héritage» à l'inoubliable Gilles Pelletier, le Xavier Galarneau du téléroman.

Vous qui avez tant aimé le téléroman, retrouvez-le, revoyez-le... dans le texte du roman «L'Héritage». Vous qui n'avez pas eu la chance, le bonheur, de voir le téléroman, découvrez-le... dans le livre. [Un de ces jours, on ne sait jamais, la SRC mettra les émissions de l'Héritage sur DVD, à moins qu'elle ne les ait jetées pour faire de la place...]
Un héritage à s'approprier!

  • James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, de Victor-Lévy Beaulieu

C'est un ouvrage colossal, fruit de 30 ans de travail et d’ébullition. Au fil de ses 1090 pages, «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots» explore les ressemblances et les dissemblances entre les deux territoires. Héritage catholique, familles nombreuses, conquête britannique...
Malgré leur différence linguistique, le Québec et l'Irlande ont beaucoup plus en commun qu'il n'y paraît. Depuis 1973, VLB interroge les deux histoires, les deux littératures, les deux patrimoines. L'ouvrage nous fait connaître, et aimer, l'Irlande et le célèbre Irlandais James Joyce, considéré par Victor-Lévy Beaulieu comme «le plus grand écrivain du 20e siècle.»

Cet essai, je le répète, se lit comme un roman. Il est écrit à la manière de... Victor-Lévy Beaulieu. Les chapitres alternent entre la biographie imaginée du double de l'auteur, Abel Beauchemin, et le propos spécifique du livre, qui s'imbriquent dans une continuité, je dirais, naturelle. C'est un tour de force de l'écrivain, son style... unique. La langue de l'essai est inventive, comme celle de Joyce. Au départ, elle peut surprendre, mais on s'y habitue vite. Lisez à haute voix les premiers mots du livre:
«Il est reveneure. Sous l'allouinde gyrent et vriblent les slictueux toves. Ah! Cet air de vivre dépassé en tout son levant, loin de Notre-Dame, loin des dérives de la rivière Trois-Pistoles, en rêverie de fleuve St-Laurent, mon père en allé dedans pour l'éternité.» Entendez-vous cette belle musique? Cette belle langue que vante Pierre Assouline.

Une critique élogieuse de cet essai, intitulée «Danger: écrivain méchant!» est venue de France. Elle n'est pas signée par un quidam.. mais par Pierre Assouline. Celui-ci ne tarit pas d'éloges envers Victor-Lévy Beaulieu, son œuvre et sa démarche d'éditeur.« Son texte étrange et fascinant [...] ne ressemble à rien de ce qui se fait... », écrit-il, qualifiant l'œuvre sur James Joyce d'« érudition étourdissante ». Il ajoute: «L’allégresse et la truculence de ce roman totalisant -«James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots»- sont telles qu’elles font aisément passer sa complexité et son foisonnement. Certaines de ses pages ont dû être écrites dans un état d’hallucination très maîtrisé.» Selon lui, si les critiques français s'étaient penchés sur le livre de VLB, ils y « auraient découvert les horizons insoupçonnés d'une langue qu'ils croient connaître et ne s'en seraient pas remis ». Il semble être d'accord avec VLB qui estime que la langue française se meurt -ou, du moins faiblit « d'être trop abstraite et corsetée, et pas assez inventive.»
Pour déensommeiller la pensée!
Pour entendre les mots danser sur un air de rigodon de tous les diables!


J'ai adoré ce livre, il fait partie de ma bibliothèque. Mais, il s'offre aussi à une petite fille... Voici le pourquoi... de mon coup de cœur.

Un bonheur de lecture! Un conte hors de l'ordinaire!
Des plaisirs pour l'oeil! Des douceurs pour les doigts!

La neige est blanche. Le conte s'appelle Blanche Neige et les sept nains. Futée votre fille,* elle se montrera sceptique. Tant mieux, ce sera une belle surprise, et elle ira à la découverte d'une histoire moderne, incarnée par une petite Québécoise, aux cheveux crépus, belle comme un cœur. Née d'une mère portoricaine et d'un père québécois, elle a la peau noire. Et elle habite à la campagne. Une histoire classique réinventée, transposée dans un Québec moderne, accueillant, ouvert aux autres. L'histoire elle-même le dit, il serait de trop d'en rajouter... L'enfant, aussi bien que l'adulte le comprend en lisant... tout simplement. Un jour, NeigeNoire doit se faire garder par sa tante Gertrude qu'elle n'aime pas, et c'est réciproque. Cette fois-là, la tante Gertrude, une vraie sorcière jalouse de sa beauté, en profite pour lui voler son image (son reflet dans le miroir), au moyen de son miroir magique; elle tente de l'empoisonner avec des framboises. Elle veut, enfin, se débarrasser de NeigeNoire, une fois pour toutes. Malade, à demi-empoisonnée, NeigeNoire s'enfuit dans la forêt...

Heureusement, ses nouveaux amis l'aideront à se sortir des griffes de sa méchante tante sorcière: les sept chiens qui ont le don de la parole et portent des noms rigolos. Leur préféré sera, peut-être, Numéro-Deux, un poète, rêveur et joueur de tours. Ou bien, ce sera... Micropuce, Bonhomme, Snoopy, Tifille, Bidou-Laloge, Sainte-Lucie?
*En fait, le conte plaira aussi à votre petit garçon, car il est plein d'aventures, et à cause des chiens... Il aura son préféré...

C'est NeigeNoire, elle-même, avec son langage d'enfant, qui raconte son aventure à des enfants. C'est extra! Elle raconte son histoire sur un rythme époustouflant... Heureusement, que tout finira bien... En prime, l'auteur a glissé, dans le texte, des références subtiles. Certaines s'adressent aux enfants et d'autres sont pour vous.

Feuilleter ce livre, c'est comme visiter un magasin de bonbons. Du papier glacé tout doux. Des pages de toutes les couleurs -roses, mauves, rouges, turquoise... Une pagination folichonne. Et quelle typographie! Du jamais vu. Des exemples. «chair de poule», «m'effraya», en lettres tremblantes de peur. «...les yeux aussi petits que des trous de souris», en tout petits caractères. Le mot «boulette» prend la forme d'une boulette. C'est un livre rempli de trouvailles.

Tous les éléments forment, comme par magie, un ensemble harmonieux au service du texte et des émotions qu'il suscite. Tout comme les superbes illustrations de Mylène Hardy.
À lire en cachette!

Désolée! De longues, et interminables, mises à jour Windows Vista -accompagées de joyeux plantages- m'ont empêchée de publier ce billet hier. Demain, ça ira... ça ira... le blogue, on l'aura!

Mes amitiés!
___
Les 3 livres cadeaux sont disponibles aux Éditions Trois-Pistoles, sur des sites internet, ou dans une librairie sur commande.
[] L'Héritage coûte 65$, un prix modique... pour un livre illustré de 840 pages.
[] James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, 57$, un prix plus que modique... pour ce livre abondamment illustré de 1080 pages, semblable à son grand frère.
[] NeigeNoire et les sept chiens, le prix variant de 28$ à 33$. C'est un livre d'art...

jeudi 26 novembre 2009

(2) Le français a changé ma vie - Lettre à un jeune immigrant - Alain Stanké

«Le français a changé ma vie», livre récent de Alain Stanké (Michel Brûlé). Cet «essai-témoignage»* Alain Stanké nous laisse entendre sa voix, familière et rieuse, qui n'a rien de «facétieux»*. Le rire est le bouclier du malheur! Dans la «Lettre à un jeune immigrant», l'auteur clame son amour pour la langue française et le Québec. Il incite le «jeune immigrant» à apprendre le français, à s'adapter, à s'acclimater, et à aider ses parents dans l'apprentissage de la langue. Deux lectures qui se complètement. Alain Stanké a, peut-être, la tête en France?* -ou ailleurs comme Jules Verne-, mais, chose certaine, il a le cœur au Québec. Et un grand cœur. Laure Conan, Victor-Lévy Beaulieu, Jean-Claude Germain, il les cite dans sa lettre.

Dans son livre «Le français a changé ma vie», en plus de livrer son témoignage, Alain Stanké relève des enjeux majeurs reliés au français. À ce sujet, Louis Cornellier écrit qu'il «refuse de se mouiller franchement sur la plupart des sujets.» Développer ces sujets aurait, à ce que je pense, créé une excroissance, un essai-essai dans l'essai-témoignage... À ce que je comprends, Alain Stanké nous dit, simplement, ce qui le préoccupe. «Le français qui fait vivre au Québec, c'est un combat sociopolitique quotidien...»*. Eh bien soit! Alain Stanké «semble l'ignorer»*... hein! Il n'en parle pas. Pardi, c'est son choix!

Le livre de Alain Stanké vous charmera, vous surprendra, vous fera rire. Bref, un bon moment de lecture! Le 2e extrait de sa «Lettre à un jeune immigrant», datant de 2004, est tout à fait d'actualité... Lisez-la, vous verrez bien...

(2) Lettre à un jeune immigrant

(...) Tiens, moi qui t’écris, lorsque je suis arrivée en France, tout de suite après la guerre, je n’avais que onze ans. Je ne parlais pas un traître mot de français. Je parlais (survie oblige), le lituanien, le polonais, le russe et l’allemand … mais, tu te doutes bien qu’en France, toutes ces langues ne m’étaient pas très utiles. Les petits Français n’allaient tout de même pas les apprendre juste pour me faire plaisir, histoire de me faciliter les communications. Normal : ce n’est pas aux autres de faire l’effort, c’est à nous !

À l’école primaire, lorsque j’ai fait ma première dictée en français, une malheureuse petite dictée d’une page, j’ai récolté 102 fautes. Un record sans doute jamais égalé depuis… C’ÉTAIT LA HONTE ! Tu imagines bien que mes petits copains ne se sont pas gênés pour rire de moi : le petit étranger… le seul blond aux yeux bleus qui avait réussi à battre le record des pires cancres de la classe… Tordus de rire, écroulés qu’ils étaient, les petits camarades!
(...)

(...) Je me souviens avoir pris, à ce moment précis, une des plus importantes décisions de ma vie : celle de convertir ma honte en motivation. Convertir le désespoir et mon abattement en une occasion de devenir meilleur. (...) Tu vas rire : mais je me suis juré de mettre toutes mes forces, toutes mes énergies, toutes mes prières pour apprendre le français de manière à le parler aussi bien et, si possible, encore mieux que les Français eux-mêmes !
(...) Voilà ce que je me suis dit : «Plus tard, je parlerai plus mieux française que vous et je vous merdrai tous… et vous me direz merci d’avoir venu!» Eh bien, tu me croiras si tu le veux, mais, un an plus tard, oui, exactement douze mois après cette flamboyante et… mémorable dictée, je remportais le « deuxième prix de français »-non pas de ma classe, mais de TOUTE l’école St Pierre de Montrouge du XIVe arrondissement de Paris. Et pan !

(...) Pour marquer le coup on m’a remis un beau diplôme enluminé, ainsi qu’un superbe livre relié de couleur rouge, doré sur tranches, sur lequel était écrit : DE LA TERRE À LA LUNE . J’avais l’impression que le grand Jules Verne avait écrit ce livre spécialement pour moi. Le beau livre DE LA TERRE À LA LUNE couronnait parfaitement le chemin que je venais de parcourir. Tu penses bien que ce livre je ne m’en suis jamais défait ! Si tu me le permets, je voudrais ajouter quelque chose à ce propos. Par la suite, quand j’ai débarqué au Québec j’ai exercé plusieurs métiers (sans doute parce qu’en pratiquant plusieurs métiers simultanément je voulais avoir l’impression de vivre davantage, qui sait ?) En tous les cas j’ai toujours cherché à ne pas faire de ma vie quotidienne…une vie de tous les jours. Je suis donc devenu, journaliste, animateur, producteur et éditeur. Il n’y a sans doute jamais rien pour rien dans la vie.
Figure-toi qu’au cours de mes 42 années d’éditeur j’ai publié plus de 2,000 titres, (tout un accouchement !) parmi lesquelles six manuscrits ORIGINAUX de nul autre que… le célèbre Jules Verne ! Des manuscrits qui furent découverts après la mort du grand écrivain et dont la prestigieuse Société Jules Verne de Paris a jugé bon de m’en confier, à moi, petit éditeur québécois, la publication exclusive pour le monde entier. Je te gage que jamais personne n’a vraiment compris à quel point j’étais fier d’être devenu - (exactement 50 ans après avoir reçu mon prix) - « l’éditeur officiel » de ce même de Jules Verne.

Je ne connais rien de toi. Je ne sais pas si tu es noir ou si tu es blanc, si tu es catholique ou musulman. Tout ce que je sais c’est que tu es un immigrant. Il se peut même que tes parents fassent partie du groupe des « allophones » et qu’ils éprouvent quelque difficulté à apprendre le français. Il est donc fort probable qu’ils comptent sur toi pour assumer bien des charges. Tout un fardeau pour tes frêles épaules ! Certes, c’est beaucoup te demander mais tu verras, c’est très stimulant et, en fin de compte, pas mal valorisant. Ainsi motivé, tu parviendras, toi, à maîtriser la langue beaucoup plus rapidement.
(...)
(...) c’est PAR CHOIX que je suis devenu Québécois ! » À bien y penser, un être humain n’est rien d’autre qu’un HASARD qui se fait DESTIN. À un moment donné j’avais pris l’habitude de faire savoir aux gens – (qui prisent particulièrement les étiquettes, les frontières et les passeports) – que ma chambre à coucher à moi c’était la terre tout entière.
(...)
Choisir, c’est renoncer à tout le reste ! Et puis, comme dit mon ami Victor-Lévy Beaulieu dans son livre L’HÉRITAGE: «Lorsqu’on ne choisit pas, on ne peut pas aimer ni les choses, ni les êtres. Au mieux peut-on les voir avec indifférence.»
Jean-Claude Germain, lui, a eu la gentillesse de me dire un jour ces mots qui ont eu pour moi, l’effet d’un baume. Je te les répète car ils s’appliquent aussi à toi.
Il a dit: «On peut naître Québécois partout dans le monde… mais on le découvre seulement quand on vient vivre au Québec.» (...)

Il faut que tu le saches que l’on beau être quelque 100 millions *à parler la belle langue française dans le monde, il arrive pourtant qu’on ne se comprenne pas toujours. Il y a parfois des mots qui – même s’ils sont français – n’ont pas la même signification ici qu’en France (et inversement). Tiens, moi qui t’écris, je l’ai expérimenté à mes dépens en arrivant à Montréal. Je te raconte... (...)

Pour bien s’acclimater, il faut pouvoir communiquer avec les autres. Dans ce sens l’écriture est un outil indispensable car L’ILLETTRISME c’est L’EXCLUSION ! Les analphabètes sont gravement perturbés et gênés dans leur vie quotidienne, dans leur
vie professionnelle ainsi que dans leur épanouissement. Ils vivent l’exclusion doublement : par une participation réduite à la vie sociale, et par la carence de tout ce que l’écrit apporte de spécifique. Pour écrire une lettre, trouver un emploi, signer un bail, s’orienter, il faut nécessairement savoir lire et, ne pas le savoir, nous EXCLUT même dans une société d’images comme la nôtre... (....)

Lire est un entraînement. On apprend à lire en lisant ! Et c’est en lisant que se forge l’amour de la langue. (...)
Prends toujours le temps de lire car le livre, vois-tu, c’est comme une partition musicale. (...) Le but de la lecture, ce n’est pas de connaître davantage de livres, mais de mieux connaître la vie. L’écriture c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie de tous les jours. (...)
(...)

Je te prie d’agréer, mon cher ami, l’expression de mes sentiments d’espoir en l’avenir : en TON AVENIR !
Signé : Alain Stanké,

P.S. Je voudrais juste te dire qu’ALAIN STANKÉ ce n’est pas mon vrai nom. J’ai pourtant vécu sous ce faux nom la plus grande partie de ma vie. Je peux bien te le dire à toi, ( et ça va sûrement te faire sourire), mais mon vrai nom – (témoin de mes origines) – celui qui est toujours inscrit dans mon passeport canadien, c’est : ALOYZAS-VYTAS STANKEVICIUS. Il est vraiment imprononçable… Crois-moi : on ne renouvelle pas le monde, mon garçon !
On s’adapte ! On s’acclimate !
__
Photo: Sculpture de Alain Stanké. «Un coeur se livre». Peuplier, 1994.
Note.
Alain Stanké a de la verve... Sa «Lettre à un jeune immigrant» compte plusieurs pages. C'est en fait une conférence livrée sous forme de lettre. Une idée originale, et fort pertinente dans le contexte, car elle crée des liens amicaux.Les majuscules sont de l'auteur. J'ai mis en rouge ou en bleu des passages pour faire ressortir certains propos et faciliter la lecture de l'extrait.
Source: Les conférences de Alain Stanké, sur son site.
* Critique: Louis Cornellier, «Le français fait vivre», le journal «Le Devoir» des samedi et dimanche 21 et 22 novembre 2009.

mardi 1 septembre 2009

Mémoires d'Afrique - Bibi / VLB

Pour la rentrée, j'ai choisi 2 livres: «La délicatesse», de David Foenkinos -dont je vous ai parlé; et, «Bibi», de Victor-Lévy Beaulieu (VLB). «Bibi»: c'est «moi», dans le langage enfantin. Les Mémoires sont celles d'Abel Beauchemin (AB), un double de l'auteur. Entre fiction et réalité: un mélange des deux, au lecteur de départager, si... il y trouve quelque intérêt. Un roman, c'est du «Mentir vrai», selon Aragon. Pour Jules Renard, «Dès qu'une vérité dépasse cinq lignes, c'est du roman». On n'y échappe pas, me semble-t-il.

Mémoires d'Afrique.
L'action des Mémoires d'Abel Beauchemin (en fait, un roman) se déroule en partie au Québec, mais surtout en «Afrique noire, équatoriale, du Gabon jusqu'à l'Éthiopie. Je voulais dénoncer (dit l'auteur) la situation désolante et terrifiante qui y prévaut encore. C'est le continent le plus exploité du grand capitalisme. Les anciens empires colonialistes que ce soit la France ou l'Angleterre, y sont toujours, mais de façon insidieuse et sournoise.
(...) L'Afrique est une vache à lait pour le monde, alors que ses propres habitants n'ont même pas de lait pour se nourrir. En 10 ans, les investissements chinois sont passés de 5 à 50 milliards $. Ils construisent des infrastructures en échange des ressources naturelles africaines: bois, métaux, etc. (...) On vide ce pays (le Kenya) de l'intérieur en laissant les populations dans l'état où elles sont, c'est-à-dire de plus en plus pauvres.»

Vous craignez un roman à thèse? Ce serait méconnaître VLB. Vous craignez que les données économiques ou les faits historiques soient galvaudés? Ce serait méconnaître VLB. Je ne peux pas me vanter d'avoir lu les 70 ouvrages précédents, mais une bonne vingtaine. Je les ai tous appréciés... quoique pas également. Cela va de soi.

Que raconte Abel Beauchemin dans «Bibi»?
Abel, dans la soixantaine, est un homme vieillissant. Depuis 45 ans, il n'a pas de nouvelles de Judith, sa première flamme. Le feu ayant apparemment couvé sous la cendre, elle lui donne tout à coup rendez-vous partout dans le monde. Assez curieusement, elle se défile. Abel n'y comprend rien. D'autant moins qu'il a accepté de se déplacer, alors qu'il ne voyage plus. Il semble bien qu'Abel court comme un lièvre à la poursuite d'une hase, qui court plus vite que ce dernier.

«Il (Abel) comprendra, lorsqu'il retrouvera Judith, dans la vallée de l'Omo, le berceau de l'humanité, là où a été trouvé Lucy, le plus ancien squelette au monde.» Voilà qui est intrigant...
Mon petit doigt me dit que ce ne sera pas du joli.

Pourquoi des Mémoires d'Afrique?
Victor-Lévy Beaulieu répond à Marc Larouche: «J'espère créer une solidarité autre que bêtement politique. Je trouve que ce dont les Africains ont besoin: savoir que des gens qui vivent ailleurs se préoccupent d'eux
VLB nous donnera, sûrement, une autre image de l'Afrique que celle que nous présentent, continuellement, les médias.

Une dédicace à Michel Chartrand.
Que l'on aime ou non Michel Chartrand, là n'est pas la question. Il faut convenir avec VLB qu'il «avait des convictions et les a défendues toute sa vie.» VLB ajoute: Il «fut l'un des premiers Québécois à parler de l'Afrique au début des années 60, en sachant de quoi il parlait.»
Chapeau! On peut en dire autant de Victor-Lévy Beaulieu.

Bibi: une voyagerie
« Une voyagerie, sans commune mesure, de pur délire, de pures délices, quête folle, requête aliénante, Kafka qui se souffre, Artaud qui se démanche, Bibi qui court à la folie et aux poumons ruinés, obsédé, obsédant, mal en lui, mal en les autres, mal en son pays, attelé à sa poliomyélite, attelé à une Judith chimère qui se joue sur une scène de théâtre toute noire et couleurée d'une Afrique sanglée, sanglante, belle et rebelle.
Bibi est ce chef-d'œuvre qui creuse profond, qui dénonce le colonialisme arbitraire, qui s'enfonce creux, pour mieux comprendre, pour mieux faire comprendre.» (quatrième de couverture).
Voilà un roman, sous forme de Mémoires, qui promet... Ça va déménager!

Au détour, j'ai saisi une petite phrase de Victor-Lévy Beaulieu: «(Mais) il y a plus de tendresse ordinaire que dans mes autres écrits.»
D'une main, «La délicatesse», de David Foenkinos; de l'autre, la tendresse, de Victor-Lévy Beaulieu dans «Bibi»: je mise sur ces 2 livres pour ouvrir la rentrée littéraire de bibi, de moi-même en personne. Je suis certaine de passer de bons moments littéraires.
Pour sûr, je vous en reparlerai... Comptez sur moi!

Avec l'expression de ma tendresse et de ma délicatesse,
Marie-Andrée Roussseau, votre blogueuse (presque) intarissable...
___
* Sauf indications contraires, les citations sont tirées de l'entrevue de Marc Larouche, journaliste au Le Soleil, avec Victor-Lévy Beaulieu.
Crédit pour la photo: Marc Larouche. Merci!

dimanche 12 juillet 2009

Blanche Neige - NeigeNoire

NeigeNoire et les sept chiens, de Victor-Lévy Beaulieu. J'ai adoré ce livre, comme je vous le disais hier. Voici le pourquoi...

Un bonheur
de lecture! Un conte hors de l'ordinaire!
Des plaisirs pour l'oeil! Des douceurs pour les doigts!

La neige est blanche. Le conte s'appelle Blanche Neige et les sept nains. Futée votre fille, elle se montrera sceptique. Tant mieux, ce sera une belle surprise, et elle ira à la découverte d'une histoire moderne, incarnée par une petite Québécoise, aux cheveux crépus, belle comme un cœur. Née d'une mère portoricaine et d'un père québécois, elle a la peau noire.

Un jour, NeigeNoire doit se faire garder par sa tante Gertrude qu'elle n'aime pas, et c'est réciproque. Cette fois-là, la tante Gertrude, une vraie sorcière jalouse de sa beauté, en profite pour lui voler son image (son reflet dans le miroir), au moyen de son miroir magique; elle tente de l'empoisonner avec des framboises. Elle veut, enfin, se débarrasser de NeigeNoire, une fois pour toutes. Malade, à demi-empoisonnée, NeigeNoire s'enfuit dans la forêt...

Heureusement, ses nouveaux amis l'aideront à se sortir des griffes de sa méchante tante sorcière: les sept chiens qui ont le don de la parole et portent des noms rigolos. Leur préféré sera, peut-être, Numéro-Deux, un poète, rêveur et joueur de tours. Ou bien, ce sera...
En fait, le conte plaira aussi à votre petit garçon, car il est plein d'aventures, et à cause des chiens... Il aura son préféré...

C'est NeigeNoire, elle-même, avec son langage d'enfant, qui raconte son aventure à des enfants. C'est extra! Elle raconte son histoire sur un rythme époustouflant... Heureusement, que tout finira bien... En prime, l'auteur a glissé, dans le texte, des références subtiles. Certaines s'adressent aux enfants et d'autres sont pour vous.

Feuilleter ce livre, c'est comme visiter un magasin de bonbons. Du papier glacé tout doux. Des pages de toutes les couleurs -roses, mauves, rouges, turquoise... Une pagination folichonne. Et quelle typographie! Du jamais vu. Des exemples. «chair de poule», «m'effraya», en lettres tremblantes de peur. «...les yeux aussi petits que des trous de souris», en tout petits caractères. Le mot «boulette» prend la forme d'une boulette. C'est un livre rempli de trouvailles.

Tous les éléments forment, comme par magie, un ensemble harmonieux au service du texte et des émotions qu'il suscite. Tout comme les superbes illustrations de Mylène Hardy.

Les Européens ont eu le privilège de l'original, Contes d'enfants et du foyer, publié en 1812 et 1815. L'un des contes Blanche-Neige est, à l'origine, une histoire racontée aux inséparables et sympathiques frères Grimm par une vieille paysanne -que j'imagine édentée, allez savoir pourquoi- qui, elle, la tenait de ses ancêtres. Les Américains ont eu droit à une première adaptation, un film muet, en noir et blanc, Blanche-Neige. Puis, en 1937, au film de Walt Disney, en couleur et plein d'innovations, Blanche-Neige et les sept nains. C'est ainsi que, de fil en aiguille, le conte Blanche-Neige est arrivé jusqu'ici, NeigeNoire et les sept chiens. Et ce, 95 ans après le conte ds frères Grimm, et 70 ans après le film d'animation de Disney.

À nous d'en faire un classique qui s'ajoutera aux deux autres, et d'espérer un film... Y a-t-il un ou une cinéaste dans ma salle de lecture?

jeudi 25 juin 2009

Un trio: Dali, Kerouc, Brando





Voyez la scène. Elle «se passe au Russian Tea Bar (à New York) où Allen (Ginsberg) a organisé une rencontre avec Salvadore Dali curieux de voir les Beats. - Quand Allen dit à Dali que les Beats veulent connaître Marlo Brando, un habitué du Russian Tea Bar, l'espagnol fou agite trois doigts dans la direction de Jack et déclare: ''Il est plus beau que Marlon Brando''» Le compliment n'est pas sans fondement...

Lisez ce qu'en écrit Jack Kérouac, dans Desolation Angels: «Ce que Dali voulait dire, c'était que mes yeux étaient bleus comme les siens, mes cheveux noirs comme les siens et quand nous nous regardions les yeux dans les yeux, nous ne pouvions supporter tant de tristesse. Pour lui, la tristesse est belle.»

Décidément, la bonne fée marraine -des contes de ma mère l'Oye- ne s'est pas penchée sur son berceau. Et pour cause, elle rôdait dans la maison, attendant l'heure de frapper Gérard -Ti Ange Gérard. «Durant les quatre premières années de ma vie, et alors que Gérard vivait, je n'étais rien, c'est-à-dire seulement Gérard.» Triste et désolant... Une tristesse latente le suivra toute sa vie...

Veuillez noter que les citations sont tirées de l'essai Jack Kérouac, de Victor-Lévy Beaulieu, objet de notre lecture de juin sur Livranaute. Allez faire un tour... plusieurs billets vous attendent.
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Psitt! Même Lise Payette n'arriverait pas à choisir le plus bel homme. On parie! Dis-moi, ô Lise, qui est le plus homme? Pas de réponse.
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