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dimanche 4 avril 2010

Joyeuses Pâques! C'est le printemps! Cendras - Ronsard - Lemesle - Mulinié - Lamartine - Sabatier - Barbara. Poésie.

Joyeuses Pâques! Le voilà, enfin, ce dimanche qui suit la première pleine lune du Printemps, le dimanche de Pâques. Pour certains, c'est une fête religieuse; d'autre fêtent simplement le Printemps. Des fleurs, du chocolat, une bonne table. Un brunch en famille, au menu des œufs, du jambon à l'érable, du pain de ménage: un vrai délice. Il n'y aucune raison d'en finir avec le jambon de Pâques: c'est le rituel des Québécois. Les Français, les Italiens, les Russes... ont leur propre façon de fêter Pâques. Gardons la nôtre, pardi!* Vive le jambon pascal!

C'est le printemps!
C'est le moment de s'ébaudir, de se réjouir, et de rire... avec Blaise Cendras; de dire bonjour, mon cœur... avec Pierre de Ronsard; de broder le printemps... avec Jean-Pierre Lemesle; d'écouter encore ce que neige dit, avec Bernard Mulinié; de cueillir l'amandier... avec Alphonse de Lamartine; de saisir ce qui fait d'un printemps la caresse... avec Robert Sabatier; de demander quand reviendras-tu?.... avec Barbara.

«Le printemps c'est joli pour se parler d'amour»
Barbara


Rire
Je ris
Je ris
Tu ris
Nous rions
Plus rien ne compte
Sauf ce rire que nous aimons
Il faut savoir être bête et content
Blaise Cendras

Bonjour mon cœur, bonjour…
Bonjour mon cœur, bonjour ma douce vie.
Bonjour mon œil, bonjour ma chère amie,
Hé ! bonjour ma toute belle,
Ma mignardise, bonjour,
Mes délices, mon amour,
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle,
Mon doux plaisir, ma douce colombelle,
Mon passereau, ma gente tourterelle,
Bonjour, ma douce rebelle.

Hé! faudra-t-il que quelqu'un me reproche
Que j'aie vers toi le cœur plus dur que roche
De t'avoir laissée, maîtresse,
Pour aller suivre le Roi,
Mendiant je ne sais quoi
Que le vulgaire appelle une largesse?
Plutôt périsse honneur, court, et richesse,
Que pour les biens jamais je te relaisse,
Ma douce et belle déesse.
Pierre de Ronsard
Le second livre des amours (1555)


Ma ville par le chas d’une aiguille
J’ai glissé ma ville
par le chas d’une aiguille,
puis follement…….
je me suis mis à broder.

Sur ce parcours textile urbain, mais arboré,
j’ai rencontré le kiosquier qui m’a dit :
« en 5 colonnes :
les nouvelles rosnéennes
sont plutôt bonnes ».

Plus loin, une locomotive, un peu prétentieuse,
mais muée par des gens intelligents,
m’a proposé un tour sur son passé,
avant de prendre de la vitesse…
Par sa fenêtre il n’y avait plus de bois
sauf dans les fraises de mon pâtissier préféré.

C’est là que j’ai rencontré Mathilde, l’optimiste,
la princesse de ma rue, qui devant un nuage noir,
accroché au clocher de l’église, m’a dit :
« Pierrot ! : Demain, il fera beau ! »

Des mots à vous chavirer le cœur,
à faire passer votre ville
par le chas d’une aiguille,
pour broder du printemps.
Jean-Pierre Lemesle
Posny-sous-boy


Ville ? ville enfouie, moussue, mousse bleue
Ville ? ville enfouie, moussue, mousse bleue
plus d’attelages impatients de chevaux près des baraques mais
sur les places comme aujourd’hui des sculptures de neige


L’eau n’en finissait pas de descendre, mariée aux pluies d’avant printemps. Des accordéons s’étaient levés sur les vallées, chansons à la Cabane, à Pruns, à Versailles, au moulin de Nauze dans les étables aussi.
« Chante, Orphée, aucune bête ne fait cela » me disait tout bas l’amie


Écoute encore sur les mille chemins ce que neige dit
ils sont allés fouiller les trous aux bois de Dalbin et de Noyes
d’abondance elle avait laissé là sa plus vilaine robe la ville


Écoute encore ce que neige dit. Le monde serait-il plus beau?
Laisser venir la salive de la forêt, des mains de feu pour l’hirondelle, contre la débâcle le silence, la clarté. Sous les buissons le schiste et la source en sommeil.
Si cognait le forgeron et l’auberge repeinte, leurs maisons rassemblées, la naissance d’un rêve?
Qu’il faille alors élever des fontaines, détourner le brouillard, ne laisser de miettes qu’aux oiseaux….
Bernard Milinié
Pour la Communauté du Pays de Baraquevillois


La branche d’amandier

De l'amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! de la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l'été.

Qu'on la néglige ou qu'on la cueille,
De nos fronts, des mains de l'Amour,
Elle s'échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!

Savourons ces courtes délices;
Disputons-les même au zéphyr,
Épuisons les riants calices
De ces parfums qui vont mourir.

Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l'heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s'évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit: Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu'il faut qu'elles périssent,
Qu'elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l'amour!
Lamartine

Qui suis-je moi ?

Qui suis-je moi? Un autre? Non.
Désespéré, le même que naguère
et d’une étoile amoureux. Quelle guerre
que celle-là, et qui n’a pas de nom.

J’entends ta voix, mais c’est un autre son :
celui qui naît des amours éphémères
loin dans le temps. Comme un héros d’Homère
qui d’île en île en lui-même se fond.

Qui me parlait de lui qui te ressemble
sans que jamais Amour ne nous rassemble ?
Je reste seul. Que meure un souvenir !

Que disparaisse un regret de jeunesse
et que j’apprenne à ne pas revenir
sur ce qui fait d’un printemps la caresse !
Robert Sabatier


Dis, quand reviendras-tu?
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés c'est le dernier naufrage,
Au printemps tu verras, je serai de retour,
Le printemps c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris.
Dis, quand reviendras tu ?
Dis, au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus.
Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je tourne et je me traîne,
Ton image me hante et je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour et j'ai le mal de toi.
Dis, quand reviendras tu ?
Dis, au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus.
J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferais de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrais ma route, le monde m'émerveille,
J'irais me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marin.
Dis, quand reviendras tu ?
Dis, au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus.
Paroles et musique de Barbara

Une invitation toute spéciale.
En ce dimanche de Pâques, je vous invite à lire sur Livr
anaute le poème peu connu de Blaise Cendras «Les Pâques à New York». Il saura vous toucher, j'en suis certaine.

Je vous souhaite de Joyeuses Pâques!

___
*Psitt! Commentaire en contre-pied du "reportage" de Silvia Galipeau, «Pour en finir avec le jambon de Pâques», sur Cyberpresse, samedi 3 avril 2010. Pour lire le dit reportage et saliver devant des photos... appétissantes, sans jambon...

vendredi 4 décembre 2009

Jean Lambert-wild - Michel Onfray - Ciel étoilé - Recours aux forêts

Jean Lambert-wild est le metteur en scène de la pièce de danse-théâtre «Le Recours aux forêts»(1), basée sur le livre de Michel Onfray «Le Recours aux forêts. La tentation de Démocrite». Pourquoi ce recours aux forêts? Jean Lambert-wild répond: «On vit dans une époque de désenchantement et de peur. On entend répéter qu’il n’y a pas d’avenir, plus de lutte des classes, plus d’Histoire et que plus rien n’inscrit la possibilité d’une victoire.

Or je crois que la nécessité dans laquelle nous sommes, qui ne nous offre pas le luxe de l’optimisme, ne nous offre pas non plus celui du pessimisme. L’enthousiasme est le remède. Dans ce monde égaré où on ne sait pas où porter ses utopies, l’utopie est justement dans l’enthousiasme, dans l’amitié.

Pour être libre, il faut affirmer que la sérénité triomphera. Non pas par la résistance mais par l’enthousiasme, en pariant sur la biodiversité des esprits et en ranimant les rituels.
» On voit à ses propos, recueillis par Catherine Robert(2), qu'il est en communauté d'esprit avec Michel Onfray.

L’enthousiasme est le remède. Jean Lambert-wild estime, à juste titre, que l'œuvre de Michel Onfray est puissante et chargée d'émotion. Il y trouve une magie qui, comme toute magie, fonctionne par contradiction. Je dirais comme la lumière du jour répond à l'obscurité de la nuit... Pièce et livre battent à l'unisson. À preuve, le texte qui suit... Le texte en italique intercalé dans celui Jean Lambert-wild est de Michel Onfray.


Rire à l'harmonie d'un ciel étoilé...

Pour rêver cet espace, je devrai…

Vivre d’enfance et trouver le lieu des métamorphoses où je pourrai chanter
  • «Je veux la brise et la bise, la pluie et l’ondée, la brume et le brouillard sur mon visage.»
Ne laisser aucun objet traîner sur scène qui m’empêcherait de
  • «Féconder l’âme d’un arbre qui recevra la pluie, le vent, le soleil et la foudre…»
Ne plus entrer et sortir mais
  • «Prendre le temps des nuages»
  • «M’abandonner à leurs mousses, à leurs cotons, à leurs veloutés.»
Laisser le souffle d’une image peinte rendre
  • «Mon nez complice de ces copulations florales effectuées dans le vent.»
Inventer les éblouissements qui me permettront de trouver
  • «Le jardin où reposent des âmes qui avaient le même nom que moi.»
Pour le temps d’une représentation
  • «Me remplir les poumons de l’air dansant.»
Et rire à l’harmonie d’un ciel étoilé où se cache
  • «Le magnétisme indéfectible d’une boussole pour Etre…»
Un dialogue textuel à vous couper le souffle! Imaginez toute une pièce de théâtre...

Pour terminer ce billet en beauté, je vous invite à lire un long extrait de «Le Recours aux forêts. La tentation de Démocrite». Chose promise, chose due...

***
À l'affiche sur Livranaute
«Démocrite dans sa cabane / Extraits - Le Recours aux forêts - Michel Onfray»

Veuillez cliquer ici
[oui, la page existe... je l'ai vue, et vous la verrez]



___
(1) L'équipe de mise en scène comprend Carolyn Carlson, Jean Lambert-wild, Michel Onfray, François Royet, Jean-Luc Therminarias.
(2) Pour lire l'entretien au complet, dans le journal «La Terrasse», cliquer ici.

vendredi 23 octobre 2009

À l'affiche... sur Livranaute. Pour saluer Jack Kerouac

À l'affiche... sur Livranaute. Pour saluer Jack Kerouac. Il y a 40 ans, la mort emportait Jack Kerouac sur la route céleste de l'éternité: c'était le 21 octobre 1969. Il y avait longtemps que Jack Kerouac avait quitté la route terrestre, qu'il avait mis un point final à «On the Road». Ce livre qui a marqué toute une génération, nommée la «Beat Generation», et continué son chemin jusqu'à nous. Jack Kerouac nous a légué une œuvre à nul autre pareille, intemporelle. Une œuvre insensible au temps... aujourd'hui comme hier, et hier comme demain. Un héritage! Avec un bilan positif! C'est à nous de mettre la main dessus -et un œil ou deux...

Pour célébrer ce quarantième anniversaire, l'ONF (Office National du Film) présente, à nouveau, un docufiction qui entremêle des archives, des photos, des entrevues et des reconstitutions d'époque dans le but de «décortiquer le mythe du héros», dixit le résumé, si tant est qu'on puisse éplucher un mythe... doublé d'un héros...

Ce docufiction entremêle, à l'aide d'images, la vie de Jack Kerouac et «On the Road», et en donne une vision juste et éclairante, poétique et rythmée. Le texte et la narration sont à la hauteur. Il ne «décortique rien», et c'est heureux et... comme dirais-je, logique... plein de bon sens.

C'est à ma connaissance, et de loin, le meilleur documentaire sur le sujet. Je le trouve excellent. D'autant plus, que l'on a retenu que de brèves séquences de l'entrevue (minable) de Jack Kerouac avec Fernand Seguin, dans le cadre du «Sel de la semaine, où jamais sel de la sagesse ne fut plus rare*.

Pour saluer Jack Kerouac, je vous invite à visionner le docufiction sur mon blogue Livranaute. Il saura vous captiver, vous émouvoir, vous projeter dans le monde de Jack Kerouac. Veuillez cliquer sur Livranaute, dans la colonne de gauche (La liste des mes blogues). Merci! [oui, la page existe]

Profitez-en pour lire (ou relire - ce n'est pas défendu...)- mes billets sur Jack Kerouac, en vous servant soit des «Archives», soit des «Libellés». Plusieurs citations du documentaire, tirées de «On the Road», se trouvent sur mon blogue.

À bientôt, j'espère...!
__
* Voir mon billet du 10 juillet 2009. Il est ici, je viens de le voir, il existe...

samedi 3 octobre 2009

Les idées des autres - Simon Leys / Une invitation

«Les idées des autres», de Simon Leys (Plon, 2005), sous-titré: «Idiosyncratiquement compilées pour l'amusement des lecteurs oisifs». Vous et moi, donc... Ce florilège de Simon Leys est un petit bijou. Les citations, triées sur le volet, sont présentées dans la langue dans laquelle il les a rencontrées et «qui n'est pas nécessairement leur langue originale». Par exemple, une citation de Balzac est en anglais, car, dit-il, il n'a pas réussi à en retrouver la version originale. En anglais ou en chinois (Simon Leys est un sinologue), les citations sont traduites en français. Un florilège tire «son unité interne (de) la personnalité et des goûts du compilateur lui-même, dont il présente une sorte de miroir.»
C'est justement ce qui fait le charme, la finesse, et le plaisir de lire «Les idées des autres», de Simon Leys.


  1. Attention - Comme l'on serait savant si l'on connaissait bien seulement cinq à six livres. Flaubert
  2. Best-seller - Tout le monde ne tend à lire que ce que tout le monde aurait pu écrire. Paul Valéry
  3. Biographie - L'essentiel de la biographie d'un écrivain consiste dans la liste des livres qu'il a lus. Valéry Larbaud
  4. Critique littéraire et artistique - Never trust the artist. Trust the tale. The proper function of a critic is to save the tale from the artist who created it. D. H. Lawrence. Méfiez-vous de l'auteur. Faites confiance à son œuvre. La vraie tâche d'un critique est de sauver l'œuvre des mains de l'auteur.
  5. Critique littéraire et artistique - On est stupéfait de la quantité de critiques que peut contenir un imbécile. Victor Hugo
  6. Écrivain - Je vis comme un agneau pour pouvoir écrire comme un lion. Flaubert
  7. Écrivain - N'invitez pas plusieurs hommes de lettres à la fois: un bossu préférera toujours la compagnie d'un aveugle à celle d'un autres bossu. Paul Claudel
  8. Écrivain - I hate a writer who's all writer. Byron. Je hais un écrivain qui est tout entier écrivain.
  9. Emprunt, imitation - Immature poets imitate, mature poets steal. T.S. Eliot. Les poètes immatures imitent, les poètes accomplis volent.
  10. Lecture - We read in order to kown that we are not alone. C. S. Lewis. Nous lisons pour savoir que nous ne sommes pas seuls.
  11. Lecture - J'ai pris la résolution de ne lire que de bons livres; celui qui lit les mauvais est semblable à un homme qui passe sa vie en mauvaise compagnie. Montesquieu.
  12. Livres - Books are for one thing only: inspiration. Emerson. Les livres n'ont qu'un seul objet: inspirer
Une petite note
Vous avez, sûrement, gardé en mémoire «Les Naufragés du Batavia» (suivi de Prosper). Arléa, 2003. Un de ces quatre, je vous en parlerai. «À peine sauvés de la noyade, les trois cent rescapés tombèrent sous la coupe d'un des leurs, un psychopathe visionnaire (...)». Seulement à y penser, j'ai un frisson d'horreur qui me refroidit l'échine.

Une invitation
Je vous invite à lire, sur sur mon blogue Livranaute, la suite de «Qui êtes-vous... Survenant?» J'écris, en introduction que Survenant, ce personnage du roman «Le Survenant», de Germaine Guèvremont, est un précurseur de Jack Kerouac. Ce qui n'est pas rien! ... Une telle affirmation vous intrigue? Pourtant Survenant est un homme moderne...
La lecture de mon billet devrait vous convaincre. Pour le lire, cliquez ici.

À demain! Bonne journée!

mercredi 30 septembre 2009

À l'affiche... sur Livranaute / Survenant

À l'affiche... sur Livranaute / Survenant. Je vous invite, chaleureusement, à lire mon billet intitulé: Qui êtes-vous... Survenant? En voici un extrait: «Survenant», personnage du roman «Le Survenant» de Germaine Guèvremont, n'est pas un «quêteux»: on s'entend sur ce point. Je l'ai démontré dans mon précédent billet, et je suis certaine que vous en êtes convaincus. Mais «zencore» qui est-il? Nous verrons que Survenant est un homme moderne. Il est bien ce «Grand-dieu-des-routes», comme le désignent, justement, les gens de Chenal-du-Moine. Examinons donc, de plus près, ce qu'il en est.

Qui êtes-vous, Survenant?
«Je suis... un bourlingueur, un homme de chantier et un coureur des bois, un homme aux allures d'Indien. Et puis... Nervermagne! Je me raconte sur Livranaute, venez me rencontrer... J'vous attends!»

Et, moi aussi... À tout de suite, donc !

mercredi 16 septembre 2009

AutoDictionnaire Simenon - Pierre Assouline

AutoDictionnaire Simenon, par Pierre Assouline, publié aux Éditions Omnibus, pour célébrer le 20e anniversaire de la mort de Simenon. Ce sont 1000 citations de Simenon tirées de son œuvre, de sa correspondance, de ses interviews... Des citations «nues» de ses dits et écrits. Sans commentaire, sans bruit de fond... Pierre Assouline, auteur d'une biographie fort appréciée, simplement intitulée «Simenon», s'efface devant de l'écrivain dont il est un connaisseur. Chapeau! Les critiques saluent unanimement son ouvrage. Un travail colossal. Une source inépuisable de citations. «Édifiant et passionnant!», écrit Jacques Drillon, sur BibliObs. (864p., prix indicatif 26 euros).

Des extraits, au mot «Écrire» (1):
__ Écrire dans la joie, quelle foutaise! [référence]
__ Écrire n'est pas une profession mais une vocation pour le malheur. Je ne crois pas qu'un artiste puisse jamais être heureux. [référence]
__ Je n'ai jamais écrit dans une visée, comment dirais-je, ni morale, ni philosophique, ni quoi que ce soit... esthétique, mais vraiment pour me sortir de moi-même. [référence]

D'autres extraits (2):
__ Druon, Maurice: La France possède un ministre de la Culture. [...] On a choisi pour ce poste, dans le nouveau gouvernement, l'écrivain le plus arriviste, le plus bête de toute sa génération. Si ces livres sont mauvais, il n'en est cependant pas responsable, car il les a fait écrire par des nègres.
__ Petites gens. Ce sont des gens qui n'ont pas d'idées de revendications sociales. Vous les connaissez. Vous en faites partie. Tous les artisans de la plume et du rabot en font partie.

À l'affiche... sur Livranaute

Survenant - Un coureur des routes

Pour savoir si Survenant, personnage pivot du roman «Le Survenant» de Germaine Guèvremont, s'inscrit dans la filière américaine «des coureurs des routes», il faut répondre à la question préalable: Survenant est-il, tout simplement, un quêteux qui parcourt les routes de la campagne du Québec au XIXe siècle? Un phénomène tout à fait courant. Si la réponse est affirmative, l'affaire est classée. Sinon, la première question demeure entière et exige un examen.

Je vous invite à lire la suite sur Livranaute, mon autre blogue. À tout de suite... Je vous y attends, avec plaisir.
___
Sources: (1) Éditions Omnibus, dont j'adore la devise: «livres d'hier, lectures d'aujourd'hui». Pour lire la quatrième de couverture et des extraits, cliquez ici
(2) Pour lire d'autres extraits: de Druon à de Gaulle, ainsi qu'une entrevue de Jacques Drillon avec Pierre Assouline, «Simenon par Simenon» sur BibliObs , cliquez ici.

lundi 7 septembre 2009

Mostra. The Road - Cormac Mc Carthy / John Hillcoat

Le film The Road. À la Mostra de Venise, le film The Road, du réalisateur John Hillcoat, d'après le roman éponyme de Cormac McCarthy, a fait l'objet d'une présentation très attendue. Virgo Mortensen et Mads Mikkelsen en sont les vedettes principales incarnant l'homme et l'enfant. Charlize Theron joue le rôle de la mère. Le film sera bientôt sur nos écrans sous peu...

Sur Livranaute, je présente le compte rendu du journal Le Monde, et celui de l'Agence France-Presse (AFP). Je passe ainsi en revue les divers aspects du film: les acteurs et l'actrice; les images, la musique, les flashbacks introduits dans le film, mais absents dans le roman. Enfin, vous lirez, avec intérêt, la conclusion de l'un et de l'autre envoyé spécial.

Comme il se doit, j'ajoute mon grain de sel ici et là, et je vide ma salière dans ma conclusion. Une photo tirée du film et une vidéo de la bande-annonce viennent compléter le billet.

Je vous invite, chaleureusement, amis lecteurs et lectrices, à vous rendre sur mon autre blogue Livranaute. [oui, la page existe]

Place au cinéma... cinéma!
En avant-première sur Livranaute The Road de John Hillcoat, d'après le roman de Cormac McCarthy

À bientôt, sur Littéranaute, pour un prochain billet!

mercredi 2 septembre 2009

Michel Quint - Effroyables Jardins / Max

«Il y a 70 ans, la Seconde Guerre mondiale.» Tel est le titre de l'article publié dans Le Devoir d'hier, et signé par Pierre Verluise, Chercheur à l'IRIS, à Paris. En effet, la Seconde Guerre mondiale débute le 1er septembre 1939. L'Allemagne attaque la Pologne; la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. C'est le début de l'horreur, qui ne se terminera qu'en 1945.

Dans cette même édition du journal «Le Devoir», Marc Champagne, Retraité de l'Université Laval, écrit:« Aujourd'hui marque un anniversaire qui renvoie à une guerre unique dans l'histoire, et que l'humanité tout entière ne doit jamais oublier. Unique à la fois par le nombre effarant de victimes qu'elles ont faites et par la nature des atrocités commises par chacun des deux camps les plus connus.» Il termine son article par un cri du coeur: « (...) nous ne pouvons que répéter ces paroles devenues célèbres: jamais, plus jamais ça!»

Trois romans m'ont davantage fait connaître le côté humain (inhumain, devrais-je dire) de la Deuxième Guerre mondiale que bien des livres savants (indispensables, toutefois, pour en saisir toutes les facettes): «Suite française» de Irène Némirovsky (écouté sur cédés); «Effroyables Jardins» et «Max», de Michel Quint. Sur mes 2 blogues, Littéranaute et Livranaute (surtout, les mois de février et mars), j'ai parlé des livres de Michel Quint dans mes billets. Si vous n'avez pas lu ses romans, je vous invite chaleureusement à le faire. Vous ne le regretterez pas une seconde, je vous l'assure.

«Max» porte sur un personnage historique connu, Jean Moulin; «Effroyables Jardins» sur deux membres de la famille de Michel Quint, son père et son oncle. Deux facettes de cette période sombre de l'occupation allemande en France, éclairée par l'amitié, l'affection, l'amour, toujours l'amour...

Une invitation à lire sur Livranaute. (Note importante*)
Max. Ma critique du 13 février 2009, intitulé «L'humanité nue»: « (...) On entre dans ce roman avec respect; on le lit, accroché au suspense; on est soufflé par la fin; on en sort le coeur gros de compassion, des larmes chaudes coulant sur les joues. On se surprend à garder le livre dans ses mains comme si on voulait, au-delà de l'espace et du temps, serrer contre soi ces êtres souffrants pour les consoler. L'instant d'après, on réalise que ce sont des personnages d'un roman.»

Un extrait de Max. Lire mon billet du 18 février ayant pour titre «Ainsi commence Max, par la voix d'Agathe».

Effroyables Jardins. J'ai écrit le 9 mars 2009: «Ce récit, aussi percutant que bref, (63 pages) se lit d'une seule venue. Il semble, d'ailleurs, voir été écrit d'un seul souffle. On a l'impression d'être en présence même du narrateur-auteur qui nous fait des confidences à demi-voix. (...) Un récit, simple et sincère, émouvant - sans être larmoyant. Des dialogues d'une justesse sans faille. Une écriture limpide, imagée. (...) Un roman qui saura vous émouvoir, vous faire (mieux) connaître ce que l'Histoire doit à la petite histoire de gens «ordinaires».

Un extrait de Effroyables Jardins. Voir mon billet du 13 mars 2009 intitulé: «Voici le début d'Effroyables Jardins».
___
* Par inexpérience, j'ai mal fait les liens vers mes billets. Je vous prie de m'excuser. Heureusement... en vous référant aux libellés, vous pourrez retrouver facilement ces titres. Merci de votre compréhension et de votre indulgence.


mardi 11 août 2009

À l'affiche sur Livranaute -Survenant est-il un quêteux?

Survenant, personnage central du roman, «Le Survenant» de Germaine Guèvremont, s'inscrit-il dans la filière américaine, à la suite de Jack London, «The Road», et de Jack Kerouac, «On the Road»? Est-il, simplement, un quêteux qui parcourt les routes de la campagne du Québec au XIXe siècle et au début du XXe siècle? Un phénomène courant à cette époque. C'est sous cet angle que j'aborde ce roman, un classique de la littérature québécoise. Une façon inédite de l'aborder: je tiens à le souligner.

Soyez rassuré, Survenant, ce n'est pas un fantôme... Ce n'est pas un vampire... C'est un homme qui survient un soir d'automne, à la brunante, chez les Beauchemin, du Chenal-du-Moine. D'emblée, le père Didace le «baptise» Survenant et l'invite à manger. Et comme l'étranger refusera de dire son nom, tous continueront de l'appeler Survenant.

«Mon nom? Vous m'en avez donné un: vous m'avez appelé Venant.
__ On t'a pas appelé Venant, corrigea le père Didace. On a dit: le Survenant.
__ Je vous questionne pas, reprit l'étranger. Faites comme moi»
(...)
«Je vous servirai d'engagé et appelez-moi comme vous voudrez», dit plus loin Survenant au père Didace.

Quel homme! En plus, il est beau, fort, travailleur, fier, et indépendant d'esprit...

Nevermind! lancera Survenant, plus tard... Eh ben! Ça alors!

Je m'arrête ici... Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon billet que je viens de publier sur mon blogue Livranaute.

À tout de suite! Et... à demain!

jeudi 30 juillet 2009

Actualité littéraire - L'héritage de Jack Kerouac

Le testament de Gabrielle Lévesque Kerouac, mère de Jack Kerouac et son héritière, est un faux! À la une de l'actualité littéraire, et judiciaire, la nouvelle propulsée par Google se répand comme une traînée de poudre. Sur Livranaute, j'ai consacré un dossier à Jack Kerouac - On the Road. Cette nouvelle me touche donc au plus haut point.

Je vous invite chaleureusement, amis lecteurs et lectrices, à lire mon billet d'aujourd'hui, sur Livranaute, billet intitulé Jack Kerouac - Le testament est un faux! À partir de diverses sources, je résume et commente «l'affaire du faux testament». Heureusement, à la suite du jugement rendu par le Tribunal, l'héritage de Jack Kerouac, évalué à 20 millions de dollars, reviendra à ses ayants-droit. Il était temps... vous verrez.

Prenez, quelques minutes, pour entendre (ou réentendre) Jack Kerouac lire un extrait de On the Road,
également sur Livranaute, billet du 14 juillet 2009.

À la lumière de l'actualité ses paroles prennent tout leur sens. «My father is dead, my brother is dead... »

mercredi 22 juillet 2009

Combat de Coqs Gaulois - Le Critique Vs L'Écrivain

Chose promise, chose due. Voici le combat de Coqs Gaulois! À gauche, Le Critique. Ses plumes ont pour nom, Drillon, Garcin, Jacob, Jourde... À droite, L'Écrivain. Ses plumes célèbres se nomment, Gavalda, Lévy, Musso, Werber... Le ring: BiblioObs.
Voyez Le Critique: planté sur ses ergots, le camail gonflé, l'œil perçant, le bec acéré, la crête en colère, la queue en roue, il est prêt à faire face.
Voyez L'écrivain: ergots de côté, camail affaissé, œil éteint, bec rongé, crête déconfite, sa queue dressée exprime sa fierté blessée, il est prêt à se rendre.
D'un côté, l'attaquant: de l'autre, la victime. Hum... à moins que ce soit l'inverse? Hum... peut-être que l'un des deux est-il un troisième larron, un larron-masqué?

Sérieusement, de quoi s'agit-il? En bref, un débat sévit en France opposant les critiques littéraires, les écrivains à grand tirage, et le lectorat qui prend parti pour ces derniers. Pour y voir clair, prenons deux exemples, parmi d'autres: l'article de Jacques Drillon, et celui de Pierre Jourde.

La méthode à Weber, par Jacques Drillon. C'est un compte rendu d'un atelier d'écriture devenu une conférence. Si... j'ai bien lu, si... je sais ce qu'est une conférence, je dirais (remarquez le conditionnel) que cela ressemble à une soirée du Club Med animé par GÉ doublé d'un GO. Bon, on n'a rien contre! J'ai relevé, dans l'article, cinq opinions «personnelles».
1. «C'est le seul atelier d'écriture où l'on n'a même pas une tablette pour écrire.» C'est en caractères gras.
2. «Lui-même est gentiment gamin, et tout le monde est content de pouvoir régresser avec lui.»
3. «Tout le monde rêve.»
4. «Weber les tutoie. Il règne une atmosphère de banquet.»
5. «Et ainsi de suite [faisant référence à un commentaire d'un fan], jusqu'à ce que chacun, gonflé d'amour et de reconnaissance, se sente prêt à écrire son premier best-seller.»
En quoi cet article peut-il choquer? Je vous le demande?


Respectons un peu l'écrivain, bon sang! par Pierre Jourde (Écrivain). Son article commence ainsi: «Je pensais, naïvement, que seuls les journalistes supportaient mal que l'on ironise sur les écrivains.» Depuis, il a découvert que nombre de lecteurs, et lectrices, détestent que l'on dise du mal des écrivains. Ils et elles le prennent «personnel» et, si... j'ai bien lu, ils ne tolèrent rien. Ils et elles y vont, parfois, de gros mots à ne pas répéter. Pierre Jourde, expose, clairement, leurs arguments, il en résume la teneur, il commente avec aplomb et modération. Anna Gavalda, Marc Lévy, Guillaume Mousso, Bernard Weber: pas touche! Pas touche à mon écrivain! De leur côté, des écrivains pourfendent les critiques! Pas touche à mon livre!

Allez, cassons du sucre sur le dos des critiques! La question n'est pas de savoir s'ils le méritent ou pas. Les questions qui se posent sont plutôt celles-ci:
Quel est l'objet de la critique littéraire? Le livre, l'écrivain, le lectorat?
Quel est le rôle de la critique?

La lecture des articles de Jacques Drillon et Pierre Jourde peut, certainement, servir de point de départ à la réflexion. Sur BiblioObs, il y en a d'autres. Toute cette affaire est confondante. Un vrai sac d'embrouilles dans un panier de crabes!
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Psitt! Sur mon blogue Livranaute, j'ai déjà abordé, fin mai, le sujet de la critique littéraire.
Ah! Dur, dur, le (vrai) métier du (vrai) critique! Il y en a des faux... plus tranchants que les autres, possiblement...
Pour ma part, j'ai examiné le cerveau du critique pour savoir où se logeait son magasin général. Je n'ai pas réussi à découvrir la «cachette». Heureusement, j'ai pu me rabattre sur son rôle de vigie, de bouée, de borne. Et reconnaître son mérite.
Examinez, à votre tour, le cerveau du critique...

vendredi 17 juillet 2009

La Légende de la géographie - Extrait lu par Gilles Lapouge

Eurêka! Au hasard de ma navigation, j'ai fait une découverte qui m'a fait bondir de joie. Gilles Lapouge lit un passage de La Légende de la géographie. Il lit, d'une voix chaude et tranquille, un extrait de son livre. Éblouissant! L'écoute de cette lecture fait, aisément, comprendre la «jalousie féroce», et durable, de Luc Bureau, auteur de la Géographie de la nuit. (Lire mon billet du 16 juillet 2009).

Pour vous en donner un avant-goût, voici quelques notes prises à la volée.
Enfant, il se forgeait une géographie nonchalante, sans queue ni tête, formulée au hasard de ses lectures -dont Jack London*.
Une géographie enfantine qui ressemblait à une dame de Picasso ou au Palais du facteur Cheval.

Il préférait ses paysages en déroute au cours de la Sorbonne, il serait donc un géographe du dimanche, et même du dimanche de la géographie.
Sa géographie préférée les neiges et les aubes au tracé des cartes; elle tient compte des rivières qui coulent dans les souvenirs, des chemins qui vont à l'envers et à reculons, des ombres de l'automne
Sa géographie s'alimente à la lecture de romanciers géographes -dont Herman Melville**.
Elle sait, sa géographie, que pour découvrir les figures de la terre, les hommes ont dû regarder les étoiles et imaginer les machines pour calculer le temps et le garder.

Éblouissant!
La lecture de l'extrait, d'une durée de 7 minutes, viendra conforter mon opinion: j'en suis certaine. Certaine à 110%... capital et intérêts.

Pour écouter Gilles Lapouze, suivez ce lien...
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* La Route -The Road- de Jack London a fait l'objet de plusieurs billets sur Livranaute,. en juin 2009.
** Victor-Lévy Beaulieu a écrit un essai sur Herman Melville, unanimement salué pas la critique, Monsieur Melville. Je vous en parlerai un de ces quatre...

vendredi 10 juillet 2009

À l'affiche sur Livranaute - Sur de la route de Jack Kerouac

Sur la route de Jack Kerouac est un livre fascinant! Sans vampire... Il nous fait parcourir des kilomètres et des kilomètres à travers les États-Unis et le Mexique. Une véritable carte géographique -un Google maps, en franco-français. Des routes, des villes, des villages, des déserts, des paysages ... Des nouvelles rencontres, des vieilles connaissances, des amours, amitiés qui se nouent et se dénouent. Du jazz, Nietsche, des auteurs français - Alain Fournier, Eugène Sue, Marcel Proust-, des auteurs américains-Hart Crane, Jack London. Des filles, de l'alcool, de la drogue, du sexe... Toute (ou presque) la gamme des sentiments et des émotions y passent, et plus encore...

Ce livre est un feu d'artifice. Les extraits de chacun des 5 chapitres que je vous invite à lire sur mon blogue Livranaute vous en donneront une idée. Comme de raison, ils ne sauraient couvrir tout le livre qui compte 479 pages. Le but recherché est tout autre: vous donner le goût de lire ce livre. À mon avis, on ne peut pas passer à côté. C'est un des meilleurs livres de Jack Kerouac, et Jack Kerouac est l'un des grands romanciers américains. Je vous conseille le Folio Plus, de Gallimard, bien traduit pas Jacques Houbart, parce qu'il contient des notes et un dossier présenté par Bernard Nouis.

En plus des extraits, vous trouvez un dessin de Jack Kerouac accompagné d'une note manuscrite, et deux vidéos. L'entrevue de Jack Kerouac au Sel de la semaine avec Fernand Seguin, et celle de Bernard Derome à l'occasion de la lecture publique des Belles-Soeurs de Michel Tremblay. Le lien entre les deux? Je vous laisse le découvrir...

lundi 29 juin 2009

Roule ta boule, roule, roule! Roule ta bosse, roule, roule!

Daniel Lavoie chante: «Roule ta boule / Et danse danse danse le rock'n»
Dans un tout autre contexte et dans toute autre époque, on aurait pu chanter à Jack Kerouac (alias Sal Paradise): Roule, roule ta route / Roule, roule ta bosse. «J'avais parcouru huit mille milles à travers le continent américain (...)», écrit-il dans Sur la route et... ce n'était pas fini; il reprendra à nouveau la route avec Dean Moriarty... (Note 11, sur Livranaute).

Sur la route de Jack Kerouac: un livre essentiel pour qui veut saisir le chemin parcouru depuis «cette route» jusqu'à La route, de Cormac Mc Carthy. D'où venons-nous, où allons-nous?
Avant, une jeunesse folle qui cavale, sur la route, par monts et par vaux: vitesse, alcool, drogue, sexe, amitiés, flics, petits boulots, etc. Après, sur cette (même) route, plus rien: plus de route, plus personne, plus qu'un père et son fils. Mais qu'avons-nous fait pour en arriver là?

Pour vous inciter à lire, ou relire, La route de Jack Kerouac, je vous présente douze extraits sur Livranaute (billet du 29 juin), extraits tapés de mes blanches mains pour vous, chers amis, lecteurs et lectrices.
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Psitt! Vous pouvez rouler jusqu'à la librairie pour vous procurer La Route de Cormac McCarthy, Éditions Points, 14,95$. Profitez-en pour pour vous procurer Sur la route de Jack Kerouac, si... naturellement... 15,95$.

jeudi 25 juin 2009

Un trio: Dali, Kerouc, Brando





Voyez la scène. Elle «se passe au Russian Tea Bar (à New York) où Allen (Ginsberg) a organisé une rencontre avec Salvadore Dali curieux de voir les Beats. - Quand Allen dit à Dali que les Beats veulent connaître Marlo Brando, un habitué du Russian Tea Bar, l'espagnol fou agite trois doigts dans la direction de Jack et déclare: ''Il est plus beau que Marlon Brando''» Le compliment n'est pas sans fondement...

Lisez ce qu'en écrit Jack Kérouac, dans Desolation Angels: «Ce que Dali voulait dire, c'était que mes yeux étaient bleus comme les siens, mes cheveux noirs comme les siens et quand nous nous regardions les yeux dans les yeux, nous ne pouvions supporter tant de tristesse. Pour lui, la tristesse est belle.»

Décidément, la bonne fée marraine -des contes de ma mère l'Oye- ne s'est pas penchée sur son berceau. Et pour cause, elle rôdait dans la maison, attendant l'heure de frapper Gérard -Ti Ange Gérard. «Durant les quatre premières années de ma vie, et alors que Gérard vivait, je n'étais rien, c'est-à-dire seulement Gérard.» Triste et désolant... Une tristesse latente le suivra toute sa vie...

Veuillez noter que les citations sont tirées de l'essai Jack Kérouac, de Victor-Lévy Beaulieu, objet de notre lecture de juin sur Livranaute. Allez faire un tour... plusieurs billets vous attendent.
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Psitt! Même Lise Payette n'arriverait pas à choisir le plus bel homme. On parie! Dis-moi, ô Lise, qui est le plus homme? Pas de réponse.

mardi 23 juin 2009

Bonne fête de la St-Jean

Québécois et Québécoises, de tous horizons, célébrons notre Fête Nationale, avec fierté et dans la joie!
Que la fête commence! Bonne St-Jean!
Et que ça swigne..
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Revenez me voir dès le 25. Notez bien que je serai ici, sur Littéranaute, tout l'été.

Venez aussi faire un tour sur mon blogue siamois Livranaute. Le mois de juin est consacré à la route avec Jack Kerouac et Le Survenant. J'aime la visite...

Allez, je vous embrasse! Bonne fête de la St-Jean!

Ce matin, Pierre Foglia est inquiet. Et vous?

Qu'est-ce qui inquiète Pierre Foglia? Il craint la disparition de la presse (petit p) écrite? (...) «Inquiet? Oui, mais pas de la disparition des journaux, ni du livre, ni du papier.»
Il est inquiet du manque de capacité de lire en profondeur, si j'ai bien lu... J'ajoute ici mon grain de sel: on peut, surtout, s'interroger sur notre capacité de concentration -préalable à la capacité de lire en profondeur. Combien de pages d'affilée lisez-vous sur internet? Fuyez-vous les textes trop longs, trop exigeants?
Bref, lisez-vous court et facile? Cherchez-vous, dans un texte, que ce qui vous convient à l'instant même? Oui... Non... Ça dépend...

«Qui va savoir encore lire dans 50 ans?» se demande Pierre Foglia.
(...) «Le web est en train d'emporter ce qu'il vous restait de capacité à lire, pas seulement en profondeur (1) mais pire, en limitant votre rapport au langage dans ce qu'il a de «pratique» pour communiquer»
(...) «Inquiet, oui. Qu'il n'y ait plus personne pour lire les textes quel que soit leur support, papier ou web.»
Voilà qui nous ramène à La Route de Cormac McCarthy où les deux seuls humains, dignes de ce nom, un père et son fils, errent sur la route. «Il avait apporté le livre du petit mais le petit était trop fatigué pour lire.» Deux humains et un livre pour enfant, un seul livre... (lire mon billet du 14 juin 2009, sur Livranaute)

Nous qui écrivons sur des blogues, qui lisons des livres, des textes sur internet, cet article nous interpelle. En prime Pierre Foglia parle, avec brio, de son métier de typographe, de l'achat de son premier ordinateur. À lire, en entier..., sur Cyberpresse.
___ (1) Voici le renvoi mentionné dans l'article: «à lire absolument si ce n'est déjà fait : Is Google Making Us Stupid?, un article de la revue américaine The Atlantic, numéro juillet-août 2008, par Nicholas Carr.»

lundi 8 juin 2009

Le «brûleur de dur»

Quid? Voyageur sans billet, le «brûleur de dur» se cache sous la banquette, se glisse dans le wagon de marchandises, monte sur le toit du wagon... Il développe mille tactiques pour monter à bord d'un train -même en marche, s'il est un casse-cou, il lui faut, à tout prix, éviter le contrôleur de billet. Il n'a pas de billet, il n'a pas d'argent, il a le ventre creux, il va en semelles troués, en guenilles.

Au cours de la crise économique mondiale des années 1880, les États-Unis –qui ont suscité la crise ne remplaçant l'argent par l'or, comme monnaie-refuge- ont été durement touchés. La misère sévit, et les chômeurs cherchent de sorties de secours, souvent en vain. Aussi sont-ils nombreux à s'engager dans l'«armée» de cent mille chômeurs du «général» Kelly. Le but visé : marcher sur Washington pour forcer le gouvernement à entreprendre des travaux publics, construire des routes. La dite armée squatte des trains, des «soldats» montent à bord des trains sans billet.

Le plus célèbre de ces vagabonds du rail est, sans contredit, Jack London. Il tiendra un carnet de notes qui lui servira, en partie, de matériau pour écrire The Road, publié en 1907. Il rejoint l'«armée» de Kelly -il a 18 ans et compte plusieurs années de dur labeur- et il raconte les événements s'y liant. Mais il mène aussi sa propre vie de «hobo», de «tramp», de clochard, de vagabond, se déplaçant en brûlant le dur. Il voyagera ainsi à travers les États-Unis et le Canada; il se rendra, entre autres, à Montréal et Niagara Falls.

Son livre de The Road est un incontournable. C'est le premier d'une filière américaine, qui marque le premier jalon de la route. Suivront à des années d'intervalle Jack Kerouac et Cormac McCarthy. Sur mon blogue Livranaute, je vous donne à lire des extraits choisis de The Road qui pourront guider votre lecture de certains chapitres ou du livre. De toute manière, ils vous donneront un aperçu livre. Le texte original est disponible en entier, sur internet, il est écrit en «argot américain»… en slang. À mon avis, c'est dans cette langue, dans ce texte brut, que le récit est le mieux rendu, le mieux senti. C'est une question de choix…

Je vous attends, avec plaisir, sur Livranaute. Dans la même veine, vous y trouverez deux autres billets:«On the Road. La filière américaine (1) » et «Le grand dieu des routes». C'est un rendez-vous…

vendredi 22 mai 2009

Recherché!

Sur mon blogue Livranaute (billet du 13 mai 2009), j'ai publié un avis. «Auteur chevronné recherché pour film ou pièce de théâtre. Veuillez prendre rendez-vous (...) » Je vous le laisse à savoir au cas où vous seriez intéressé, cher lecteur ou chère lectrice.
En attendant l'heure du rendez-vous, pour calmer votre impatience et diminuer votre fébrilité, il serait bon de relire Dans le scriptorium, évidemment. De plus, je vous fais ci-après trois suggestions, qui pourraient sûrement vous aider.

Pour vous tremper dans l'atmosphère: lire Pierrette, un roman de Honoré de Balzac, ce grand connaisseur de l'âme humaine. Je vous signale, en passant, que le Groupe international de recherches balzaciennes a mis en ligne l'édition critique de la Comédie humaine, texte intégral de l'édition originale. Une vraie min d'or!
Si vous avez l'intention de proposer une pièce de théâtre: lire la pièce de Luigi Pirandello, Six personnages en quête d'un auteur. Pour ajouter un petit grain à votre inspiration: lire un extrait de «Comment j'ai écrit Six personnages en quête d'un auteur», de Luigi Pirandello, paru dans La revue de Paris, juillet-août 1925, sur pirandelloweb.

Si vous pensez proposer un scénario de film: lire Le Procès de Franz Kafka (gardez -en mémoire que Paul Auster est un écrivain...) et visionner le film.

Mes billets des 16 et 20 mai 2009, sur mon blogue jumeau Livranaute, vous mettront sur la piste... du moins, je le souhaite.

mardi 21 avril 2009

Paul se dévoile

Discret quant à sa vie privée, Paul Auster se dévoile en tant qu'écrivain. Sur France5, à La Grande Librairie; sur YouTube; sur Wat.tv, Le monde des livres. Allez à sa rencontre via mon blogue Livranaute, billet des 18 et 20 avril 2009.

Paperblog