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dimanche 14 février 2010

Joyeuses Saint-Valentin! Balzac - Byron - Éluard - Flaubert - Hugo - Tchekhov - Tolstoï... / Lettres d'amour - Albin Michel

Joyeuses Saint-Valentin! L'amour, c'est tous les jours; mais aujourd'hui, on le fête.Avec les mots de Balzac, Byron, Éluard, Flaubert, Hugo, Tchekhov, Tolstoï... et Saxe, Sterne, Farquhar, Laurence, Pouchkine. Des mots tirés de «Lettres d'amour», Albin Michel. Louis Hamelin, dans «Sylvia au bout du rouleau de la machine à écrire» on lit: «S'il n'y avait pas d'amour, il n'y aurait pas de littérature. [...] L'amour fait écrire, empêche d'écrire, inspire des chefs-d'œuvre et un tas de minables bluettes à l'eau de rose. Comme l'a dit le sulfureux Céline "c'est l'infini à la portée du caniche"»
Puis, l 'auteur évoque Balzac qui disait qu'une nuit d'amour lui coûtait, si je puis dire, 3 ou 4 pages d'écriture; Flaubert mettait 1 journée de train entre lui et sa maîtresse. «Pourtant, il me semble qu'on écrit bien mieux en amour, écrit Louis Hamelin -est-ce le chroniqueur qui parle ou l'écrivain... va savoir!― et que c'est même une réalité bien simple à comprendre, mais encore faut-il savoir ce qu'on entend par ce mot. Le grand amour et l'accaparement de l'autre sont deux choses bien différentes [...]» Comme vous le constatez «Sylvia...» arrive à point nommé car je n'aurais pu trouver une meilleure introduction à mon billet.(1)
Notez que «Sylvia» est le titre du roman de Leonard Michaels. J'ai l'intention de le lire: je vous en parlerai. (2).

Amour. Amor. Laissez-vous emporter par des extraits de «Lettres d'amour» Albin Michel. Un magnifique album d'une esthétique accomplie. Une typographie soignée et inventive; des pages de toutes les couleurs, rouge, bleu, jaune, vert...; des fac-similés de lettres manuscrites, pliées et insérées dans des enveloppes ou simplement collées; une illustration somptueuse: bref, un album d'art signée Michelle Lovric. (3)
Parmi les nombreuses citations triées sur le volet, j'en ai choisies quelques-unes pour vous, cher Valentin et chère Valentine. Laissez-vous emporter...



Sommaire
«Ainsi, né sur mes lèvres,
Mon message ira, en un baiser, jusqu'aux vôtres,
Plus voluptueux que vos rêves secrets;
Qu'il soit le gage de mon amour sincère

J.G. Saxe (1816-1887), écrivain américain
[No 2]

Admiration
«Il y a des jours comme cela où le regard peut fixer le soleil sans être aveuglé, je suis dans un de ces jours.
Je te vois, tu m'éblouis, tu me ravis, et je comprends ta beauté dans toute ta splendeur

Juliette Drouet à Victor Hugo, 17 février 1836.
[No 4]

«Vous avez dans les yeux, et dans la voix, un je ne sais quoi de plus que toutes les femmes rencontrées au cours de ma vie et de mes lectures et toutes celles dont on m'a parlé... une sorte de perfection qu'on ne saurait d'écrire, et qui a le don d'ensorceler
Laurence Sterne, écrivain irlandais,auteur de Tristam Shandy, à Eliza Drapet, mars 1767
[No 4]

«Toutes les choses que j'aime. me rappelle... vous.»
Lord Byron à Augusta Leigh, sa demi-sœur, à qui il voua un amour plus que fraternel, le 17 mars 1819.
[No 5]

Déclaration
«Je vous ai dit toute ma passion,
Ma langue l'a prononcée,
Et ma plume l'a déclarée:...
Pour vous mon cœur chavire,
Ma tête délire,
Et ma main écrit.»
Georges Farquhar, auteur anglais de comédie, à Ann Holdfield, actrice, vers 1700. Cet amour ne fut pas partagé.
[No 6]

Révélation
«J'aime en vous votre beauté,
Mais je commence à peine à aimer en vous ce qui est éternel et sera toujours précieux: votre cœur, votre âme.
Il suffit d'une heure pour connaître et aimer la beauté, il n'en faut pas plus pour s'en déprendre, mais l'âme, il faut apprendre à la connaître.
Croyez-moi, rien ne s'obtient sans peine en ce monde, même l'amour, le plus beau et le plus naturel des sentiments
.»
Léon Tolstoï à sa fiancée, Valéria Arsenev, le 2 novembre 1856.
[N0 9]

Adoration
«Je t'envoie mille baisers passionnés, je te serre tendrement dans mes bras et je compose en imagination divers tableaux où nous figurons toi et moi, sans rien ni personne d'autre.»
Anton Tchekhow à son épouse Olga, 21 août 1901.
[No 11]

Hésitation
«Il ne faut pas trop m'aimer.
J'ai peur d'être évalué à un prix trop élevé, et de devoir être révisé à la baisse au moment de l'achat.
Je suis facilement content de moi; alors il ne faut pas trop m'estimer

D. H. Laurence à Louise Burrows, le 6 décembre 1910.
[N0 15]

«Tout ce que tu fais me grise, me terrifie, me torture, me ravit, tout ce que tu fais est parfait
Paul Éluard (Paul-Eugène Grindel) à sa première femme Helena Dimitrievna Diakonava, dite Gala, le 16 janvier 1930. Éluard avait épousé Gala en 1917. Ils se séparèrent en 1930 et divorcèrent en 1932. Gala épousa Salvador Dali en 1934. Éluard se remaria deux fois, mais, jusqu'à sa mort, en 1952, garda pour elle une véritable fascination.
[No 15]

Supplication

«Parlez-moi d'amour: j'en ai soif...»
Alexandre Pouchkine à Anna Petrovna Kern, le 23 septembre 1825.
[N0 16]

Inspiration
«Je pense à toi, sois très tranquille.
Seule, ta pensée est capable de me troubler.
Le rêve de toi, tu es toujours là, terrible et douce reine du royaume de l'amour.
Je t'imagine de toute façon.
»
Paul Éluard à Hena Dimitrievna Diakonava, dite Gala, vers la fin mars 1929.

Maintenant et à Jamais

«Moi, je te bénirai toujours,
Ton image me resteras toute imbibée de poésie et de tendresse
comme l'était
hier la nuit dans la vapeur laiteuse de son brouillard argenté.»
Gustave Flaubert à Louise Colet, le 8 août 1846
[No 39]

«Il fleurira toujours plus beau, plus neuf, plus gracieux car c'est un amoure vraie, et que le véritable amour va croissant.
C'est une belle fleur, à longues années plantée dans le cœur, et qui étend ses palmes et ses rameaux, qui double à chaque saison ses belles grappes, ses parfums; et ma chère vie, dis-moi, répète-moi toujours que rien ne froissera ni son écorce ni ses feuilles délicates, qu'il grandira dans nos deux cœurs, aimé, libre, soigné, comme une vie dans notre vie, une seule vie.»
Honoré de Balzac à madame Evelina Hanska, le 6 octobre 1833.
[No 39]
}{
À mon Amoureux! Même sans lunettes 3D, on comprend... Mais, avec ces lunettes, alors là...


Amour. Amor. L'amour, toujours l'amour! Joyeuses Saint-Valentin!
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[] (1) Louis Hamelin, «Sylvia au bout du rouleau de la machine à écrire», Le Devoir, samedi et dimanche les 13 et 14 février 2010. L'article est ici.
[] (2) Leonard Michaels, «Sylvia», Trad. de l'anglais par Céline Leroy, Christian Bourgeois, 150 pages.
[] (3) «Lettres d'amour» Albin Michel. Anthologie conçue et réalisée par Isabelle Lovric, 1996. Les thèmes abordent l'amour dans tous ses états: «Admiration. Déclaration. Révélation. Adoration. Proposition. Hésitation. Supplication. Possession. Célébration. Dévotion. Inspiration. Obsession. Séparation. Confrontation. Félicitations. Installation. Maintenant et à Jamais». Un tour complet de la vie, avec ses joies et ses peines!

mercredi 15 juillet 2009

Google célèbre la fête nationale Française - Google fautif!

Retour sur la fête du 14 Juillet, la fête nationale française. Hier, ce n'était vraiment pas le moment de parler des fautes et faussetés de Google. Aujourd'hui, je plonge. J'y reviendrai, fort probablement, l'année prochaine. Le copier-coller est infatigable...

Au premier coup d'œil, une faute saute aux yeux, «Google célèbre la fête nationale Française». C'est une petite faute, direz-vous... Petite? «Ah ben dis donc c'est pas croyable» Attention! avant de me corriger à mon tour: ce n'est pas moi qui le dis, c'est Ferdinand C. Ah! Sous l'illustration, on lit: 14 juillet, Fête Nationale, Logo Google. Des broutilles?
Rassurez-vous, il y a de grosses fautes dans le texte. On devrait lire: Aujourd'hui, ; le 14 Juillet; un des plus forts symboles; les moyens... étant limités; ce jour-là; Wikipedia détaille. C'est désolant, pour ne pas dire insultant...

Consolez-vous, il y a pire encore. Écrire que les Français célèbrent la prise de la Bastille est une grossière erreur qui dénote une méconnaissance de l'histoire de France.
La France célèbre, depuis 1880, la fête de la Fédération qui a eu lieu le 14 juillet 1790. Une grande fête en l'honneur de la République. Louis XVI, qui a prêté serment à la République, y participe. Le peuple est en liesse. On chante le Te Deum. On crie «Vive la République!» Bref, la royauté, la noblesse, le clergé, les révolutionnaires, le peuple, tous se réjouissent.
Non, trois fois non, les Français n'auraient pas eu l'idée -saugrenue- de fêter la prise de la Bastille -un événement sanglant. Ils célébraient la fête de la réconciliation et de l'unité.
Hélas, le pire est à venir... Dix ans plus tard, les républicains pourchasseront, encore, les royalistes terrés dans la campagne. Honoré de Balzac en rend compte dans son saisissant roman «Les Chouans ou la Bretagne en 1799».

Ce n'est pas tout... Le message de Google, appuyé par une image léchée et un renvoi à Wikipedia, s'est répandu sur internet comme une traînée de poudre... Le copier-coller-répéter allait grand train. Ironiquement, un autre article de Wikipédia, intitulé «Fête de la Fédération» donne l'heure juste, mais il n'était pas propulsé par Google...

Is Google Making Us Stupid? Est-ce que Internet nous rend idiot? Le débat fait rage sur papier et sur internet. On fait appel à Socrate, à Phèdre, à tous les diables... -les saints ne sont plus à la mode. Ce débat nous interpelle tous et toutes. J'y ai, d'ailleurs, fait écho en juin, à la suite d'un article de Pierre Foglia, sur Cyberpresse. (voir mon billet du 23 juin 2009)

À propos du «ravage» de Google et de Internet, ne faudait-il pas inverser la question? Est-ce que nous, internautes, faisons bon usage de ces moyens que sont Internet, Google, et Wikipédia -avec ou sans accent- mis à notre disposition?
Incidemment, dites-moi, auriez-vous vu passer «le sens critique» récemment. Aurait-il foutu le camp? Je m'en inquiète: les gobeurs circulent... masqués, sans doute, comme le célèbre Concombre.

vendredi 22 mai 2009

Recherché!

Sur mon blogue Livranaute (billet du 13 mai 2009), j'ai publié un avis. «Auteur chevronné recherché pour film ou pièce de théâtre. Veuillez prendre rendez-vous (...) » Je vous le laisse à savoir au cas où vous seriez intéressé, cher lecteur ou chère lectrice.
En attendant l'heure du rendez-vous, pour calmer votre impatience et diminuer votre fébrilité, il serait bon de relire Dans le scriptorium, évidemment. De plus, je vous fais ci-après trois suggestions, qui pourraient sûrement vous aider.

Pour vous tremper dans l'atmosphère: lire Pierrette, un roman de Honoré de Balzac, ce grand connaisseur de l'âme humaine. Je vous signale, en passant, que le Groupe international de recherches balzaciennes a mis en ligne l'édition critique de la Comédie humaine, texte intégral de l'édition originale. Une vraie min d'or!
Si vous avez l'intention de proposer une pièce de théâtre: lire la pièce de Luigi Pirandello, Six personnages en quête d'un auteur. Pour ajouter un petit grain à votre inspiration: lire un extrait de «Comment j'ai écrit Six personnages en quête d'un auteur», de Luigi Pirandello, paru dans La revue de Paris, juillet-août 1925, sur pirandelloweb.

Si vous pensez proposer un scénario de film: lire Le Procès de Franz Kafka (gardez -en mémoire que Paul Auster est un écrivain...) et visionner le film.

Mes billets des 16 et 20 mai 2009, sur mon blogue jumeau Livranaute, vous mettront sur la piste... du moins, je le souhaite.
Paperblog