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mardi 4 août 2009

Sur une île déserte - Paul Auster

L'Agence France-Presse, Londres. «...(...) ''Août 2009 va voir s'installer notre dernier réfugié en date sur... l'île de Sgarabhaigh, Écosse ( prononcer Scaraway). Il va utiliser la solitude et l'éloignement par rapport au tabac pour se guérir de son habitude de fumeur'', a expliqué Dave Hill, propriétaire de l'île sur son site internet. ''(...) avec une cargaison de 120 livres''...» Ceci n'est pas... une pub.

«Ce ''réfugié'' est Geoff Spice, 56 ans (retraité), un ancien banquier d'affaires de NM Rothschild.» Il devra camper, le pauvre... Sur Sgarabhaigh, il n'y a que 3 cabanes de bergers, en ruine, pas d'eau courante, pas d'électricité. Par contre, un troupeau de moutons paîtra sur l'île. Geoff espère ne pas grossir comme il arrive à ceux qui cessent de fumer.

Quel hurluberlu! Ce mot -qui est dit long- est composé de «hurelu« = «ébouriffé« et de «qui a la berlue». On ne sait pas dans quel état est la toison capillaire de Monsieur, mais on peut penser qu'il a des idées ébouriffantes, qui seraient à l'origine de sa berlue. L'excentricité a un coût... Mais le but est noble: essayer d'arrêter de fumer.

Tout de même, ce texte de Dave Hill, sur son site internet, ne manque pas de grandeur, ni de poésie: Août 2009 va voir... notre dernier réfugié... 3 cabanes de berger, en ruine... les moutons...
Pour peu, on croirait à un alunissage au cours d'août 2009... on se penserait dans L'Île Mytérieuse, de Jules Verne... Dans la fable de Jean de La Fontaine, Le Berger et la Mer... Et vogue la galère!

Une question me turlupine: que comprend la cargaison de 120 livres? Sont-ce des victuailles et autres nécessités de la vie... ? Serait-ce des livres à lire...? Lire et boire de l'eau claire: une excellente façon de ne pas grossir... et de penser à autre chose que de manger. À la brunante, il ne reste plus qu'à compter les moutons du berger, en se laissant bercer par la mer...

Comme nous n'avons pas les moyens, ni vous ni moi, d'aller manger de la misère sur une île déserte, même pour un noble but, partons sur une île déserte, une île imaginaire...

Paul Auster s'est prêté à ce jeu, en choisissant les 3 livres qu'il apporterait sur une île déserte. Me basant sur ses choix, je vous soumets un court sondage. Vous prêterez-vous, à votre tour, à ce jeu littéraire.
Merci d'avance de votre participation. J'ai hâte de vous lire...



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La dépêche, que je viens de commenter en me basant sur AFP, court sur internet, sans cesse reprise dans les mêmes termes, c'est du copier-coller-répéter. Au plus, elle est classée sous la rubrique «Insolite».
Pour en savoir plus... surtout au sujet de la cargaison de 120 livres, je suis allée voir du côté des Anglais, ceux d'Outre-Manche. Vous verrez, la réalité gâche tout... Ce n'est pas, par hasard, si ce blogue est sous l'égide de Don Quichotte...

«To the ends of the earth (well, British Isles) to stop smoking - man to exile himself on island.» sur le Daily Mail, Uk. Well...

lundi 3 août 2009

Pierre de Virey - Éloïse et Abélard

Grâce -et grâce lui soit rendue- à Pierre de Virey, moine de l'Abbaye de Clervaux, que les lettres d'Éloïse et d' Abélard sont parvenues jusqu'à nous. Sans ces lettres d'amour, quel trou dans la Mémoire du Monde! Et dans nos coeurs... Le manuscrit a été copié par Jean de Woëvre, moine bibliothécaire à l'Abbaye de Clairvaux, qui a signé sa copie; ce qui est exceptionnel à l'époque, mais sachant qu'il a publié un recueil de proverbes, à Paris en 1495, cette signature n'a rien de surprenant. De plus, Jean de Woëvre est l'auteur d'un recueil d'art épistolaire dans lequel se trouve Ex Epistolis duorum amantium - Lettres de deux amants.

«Dès son entrée en charge, Pierre de Virey, trente-neuvième abbé de Clairvaux, dressait un catalogue de la bibliothèque de l'abbaye. Cet ''admirable monument de patience et de clairvoyance'' (selon le jugement averti de dom A. Wilmart).»* En 1472 -date de la rédaction du catalogue de Pierre de Virey- la bibliothèque de Clairvaux comptait 1790 manuscrits dont 1170 ont été conservés.

Déjà reconnue au XVe siècle, la collection de manuscrits de l'Abbaye de Clairvaux constitue aujourd'hui la première collection médiale de France, tant par son ampleur que par son degré de conservation. Le fonds inventorié pas Pierre de Virey demeure unique par sa cohérence et son exemplarité. Il témoigne de la richesse de la production manuscrite des scriptoria des bibliothèques monastiques, de leur rôle dans la conservation des œuvres et dans la production des savoirs, intellectuel, religieux et artistique.

La bibliothèque de l'Abbaye cistercienne de Clairvaux à l'époque de Pierre de Virey (1472)
mérite, largement, sa reconnaissance par l'UNESCO comme bien documentaire.
Elle est désormais incrite dans la Mémoire de Monde.

En 2011 -si Dieu le veut- nous aurons accès, depuis notre ordinateur, à la Bibliothèque virtuelle de Clairvaux, établie d'après le catalogue de Pierre de Virey. Sa numérisation est actuellement en cours.

Retour sur le manuscrit des lettres d'Héloïse et d'Abélard.
Conservé à l'Abbaye de Clairvaux, le manuscrit fut transféré, après la Révolution française (1789), à la Bibliothèque Nationale de Troyes où il se trouve encore aujourd'hui.
Imaginez... le manuscrit passe inaperçu jusqu'en 1967... alors qu'il est découvert par Dieter Schaller. Il sera publié par Ewald Könsen, en 1974. On connaît la suite...

Bien conservé, minutieusement copié par Jean de Woëvre, patiemment répertorié et inscrit au catalogue par Pierre de Virey, le manuscrit reposait dans son département, dans l'attente d'un lecteur... comme le premier texte de Rimbaud

À la lumière du texte d'hier - Toute la mémoire du monde - mes propos d'aujourd'hui prennent toute leur signification. Ce texte sur la mémoire et ses gardiennes, les bibliothèques, lui insuffle un sens de l'histoire et de sa continuité. On pourrait remplacer le nom de la Bibliothèque Nationale de France par celui de la Bibliothèque de Clairvaux, en amont, et par celui de la Bibliothèque de Troyes, en aval.

Ici se préfigure un temps où toutes les énigmes seront résolues.
Un temps où cet univers ou quelques-uns d'autres, nous livrerons leur clef.
Et ceci, simplement, parce que ces lecteurs ass
is devant leur morceau de mémoire universelle
auront mis bout à bout les fragments d'un secret q
ui a peut-être un beau nom qui s'appelle le bonheur.

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* Citation tirée de Mélanges - Autour du catalogue de la Bibliothèque de Clairvaux en 1472, sur persee.fr
Autres sources:
__ Les lettres des deux amants, Séverine Valvekens, critique historique, 17 avril 2008.
__ Les enluminures proviennent du splendide site enluminures.culture.fr
__ Des informations ont été puisées sur le site de la Bibliothèque virtuelle de Clairvaux
Merci au photographe Mauger pour la photo de l'Abbbaye de Clairvaux, publiée sur carte de France

dimanche 2 août 2009

La bibliothèque - Mémoire du monde / UNESCO

La bibliothèque de l'Abbaye cistercienne de Clairvaux, en France, à l'époque de Pierre de Virey, en 1472, vient d'être inscrite au Registre UNESCO de la Mémoire du Monde. C'est l'un des 35 biens documentaires nouvellement ajoutés au Registre, parmi lesquels se trouve Le Journal d'Anne Frank qui a fait l'objet d'un billet, hier, sur Livranaute. Un message aussi succinct que bien senti. Pour le lire, cliquez ici.

Parmi ces 35 nouveaux trésors, j'ai fait un choix: la bibliothèque de l'Abbaye cistercienne de Clairvaux. Faut-il y voir une influence de Le Nom de la Rose, Umberto Eco? Ou la mention du capitaine Nemo dans le texte qui suit? Peut-être... Par contre, ce que je sais avec certitude, c'est que j'aime les livres dont l'ensemble constitue une bibliothèque. Comme vous, sans aucun doute...

En guise d'introduction à la présentation de la Bibliothèque de Claivaux -objet d'un autre billet- je vous présente des extraits tirés du film documentaire d'Alain Resnais. Musique de Maurice Jarre. Voix de Jacques Dumesnil*. Film dont la facture et le rythme me font penser à «L'année dernière à Marienbad».

Un texte éblouissant sur la Bibliothèque Nationale de France, mais un texte qui la transcende pour devenir celui sur une bibliothèque partout dans le monde. Qu'est-ce qu'une bibliothèque? Sinon toute la mémoire du monde.


Toute la mémoire du monde.

Parce que leur mémoire est courte, les hommes accumulent d'innombrables pense-bêtes.

Devant ces souks pleins à craquer, les hommes prennent peur, ils craignent d'être submergés par une multitude d'écrits, par cet amas de mots, alors pour garantir leur liberté, ils construisent d'immenses forteresses.

À Paris, c'est à la Bibliothèque Nationale que les mots sont emprisonnés. On y trouve tout ce qui s'imprime en France. Tous les signes que la main de l'homme a écrits se retrouvent dans le plus riche département, les manuscrits.

Un spectacle changeant se déroule dans la salle de lecture du Département des périodiques. On y consulte la plupart des journaux du monde.

Au Cabinet des estampes sont conservées les images qu'elles soient gravées, lithographiées ou même photographiées: c'est un musée. Musée aussi le Cabinet des médailles. C'est Louis XIV qui le premier y rassembla des trésors.

Les étoiles, les satellites, les météores, les capitales et leurs banlieues sont à notre portée au Département des cartes et des plans.

Édifiée dans un temps où on en imprimait peu, la Nationale s'enrichit de quelque 3 millions de livres -encore plus aujourd'hui- par siècle. Pour éviter l'éclatement perpétuel, elle s'enfonce plus avant dans le sol, elle s'élève plus haut dans le ciel.

Pour que le recours à cette gigantesque mémoire soit possible, ceux qui ont charge de conserver les trésors qu'elle recèle les dénombrent, ils les trient, les analysent, les classent, les numérotent méthodiquement.

Il a fallu des siècles pour inventorier les 6 millions de livres, les 5 millions d'estampes conservés à la Nationale.

Travaux indispensables, car sans ce catalogue, la forteresse ne serait que comme un pays sans routes.

Il a fallu concevoir des disciplines qui, avec le temps, se sont muées en lois. Pour inventorier la masse des connaissances, il a fallu recourir aux mots-clefs.

Avec le temps est né le grand catalogue des imprimés dont le propre est d'être toujours en chantier. Mémoire exemplaire, la Nationale emmagasine tout ce qui s'imprime en France.

Un seul Département comme celui des périodes doit digérer chaque jour 200 kilogrammes de papier, de journaux, de périodiques, de bulletins, d'almanachs. Si un numéro manque, il sera réclamé. Dépareillée, une collection perd sa valeur. Cest pourquoi on s'interdit ici toute faute d'inattention. Même si certains de ces imprimés ne devaient être consultés qu'une seule fois, il faut les conserver: c'est la règle du jeu.

Parmi ces collections fut découvert le premier écrit de Rimbaud, publié dans une obscure revue des Ardennes. Qui sait si ces feuilles ne recèlent pas quelque autre texte révélateur.

Ces richesses, il faut les préserver. C'est pourquoi l'air doit être contrôlé et corrigé. Une machinerie pareille à celle du capitaine Nemo maintient une température constante favorable au papier, au cuir, au parchemin. Il faut faire échec à la destruction.

Qui sait ce qui demain témoignera le plus sûrement de notre civilisation.

Et voici le livre en marche vers la ligne idéale. Un équateur plus décisif pour son existence que la traversée du miroir. Ce n'est plus le même livre. À l'instant, il faisait partie d'une mémoire universelle, abstraite, indifférente où les livres étaient tous égaux entre eux, où ils bénéficiaient tous ensemble d'une attention aussi tendrement glacée que Dieu pour les hommes.

Et le voici choisi, préféré, indispensable à son lecteur, arraché à sa galaxie pour nourrir ces faux insectes, croqueurs de papier, irrémédiablement différents des vrais insectes en ceci que chacun est attelé à une besogne distincte.

Astrophysique, physiologie, théologie, taxonomie, philologie, cosmologie, mécanique, logique, poétique, technologie. Ici se préfigure un temps où toutes les énigmes seront résolues. Un temps où cet univers ou quelques-uns d'autres, nous livrerons leur clef.

Et ceci, simplement, parce que ces lecteurs assis devant leur morceau de mémoire universelle auront mis bout à bout les fragments d'un secret qui a peut-être un beau nom qui s'appelle le bonheur.

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*Vous pouvez visionner le documentaire, en deux parties, sur YouTube.
Image: Grande Bible de Clairvaux. Début du livre de la Genèse, In principio... (folio 7)

samedi 1 août 2009

L'Île Mystérieuse - Jules Verne

«Fuir, m'enfuir, m'éfuir».* Sacrer le camp! Quel livre apporter sur une île déserte? L'Île Mystérieuse de Jules Verne. Serez-vous Cyrus Smith, un ingénieur et savant; Gédéon Spilett, un reporter; Pencroff, un marin; Harbart Brown, botaniste amateur; Nab, un ami fidèle? Ou un 6e doigt de la main: un personnage créé par vous. Ou encore Ayrton, un bandit repenti? Capitaine Nemo?

Un livre pour enfant? Lisez-le... en cachette, lisez-le à votre enfant. Comme Tintin, Astérix, Snoopy, des bandes dessinées? Dans ces livres, comme dans d'autres, l'enfant capte ce qu'il est en mesure de comprendre. En les relisant plus tard, il en fait une autre lecture. Ainsi l'adulte y retrouve, avec plaisir, ses souvenirs d'enfance et fait des «découvertes». Au point même, qu'il a l' impression d'avoir lu un livre incomplet. Pourtant, tout y était, par exemple, ces passages cités ici:

__ «On parlait aussi du pays, de la chère et grande Amérique. Où en était cette guerre de Sécession? Elle n'avait évidemment pu se prolonger! Richmond était promptement donnée, sans doute, aux mains du général Grant! La prise de la capitale des confédérés avait dû être le dernier acte de cette funeste lutte! Maintenant, le nord avait triomphé pour la bonne cause. Ah! Qu'un journal eût été le bienvenu pour les exilés de l'île Lincoln. (...) [p.363].**
__ « Appelons-la du nom d'un grand citoyen, mes amis (proposa Cyrus Smith), de celui qui lutte maintenant pour défendre l'unité de la république américaine! Appelons-la l'île Lincoln! (...) Or, ceci se passait le 30 mars 1865, et ils ne savaient guère que seize jours après, un crime effroyable serait commis à Washington, et que, le Vendredi saint, Abraham Lincoln tomberait sous les balles d'un fanatique.»** [p.131-p.132]
On peut voir dans le rappel des évènements reliés à la guerre de Sécession une occasion de faire une virée dans l'histoire américaine.
Peut-on, encore aujourd'hui, voir des traces de cette fracture qui a divisé le Nord et le Sud? L'élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis d'Amérique...

__ «Le prince Dakkar (...) élevé dans les idées de revendications et de vengeance, ayant l'amour de son poétique pays chargé des chaînes anglaises, ne voulut jamais poser le pied sur cette terre par lui maudite, à qui l'Inde devait son asservissement.» [717]
De quel côté Jules Verne, par la voix de ses personnages, tangue-t-il? À bâbord... à tribord...

Nous nous souvenons tous, à n'en pas douter, du capitaine Nemo. «Jeune et beau, il demeura sérieux, sombre, dévoré de la soif d'apprendre, ayant un implacable ressentiment rivé au cœur.».
... Et de son Nautilus «Cet appareil, semblable au corps d'un énorme cétacé (...) Le canot s'en approcha lentement. À l'avant, Cyrus Smith s'était levé. Il regardait, en proie à une violente agitation. Puis, tout à coup, saisissant le bras du reporter: ''Mais c'est lui! s'écria-t-il...'' Puis il retomba sur son banc, en murmurant un nom que Gordon Spilett fut seul à entendre. (...)» [p. 711)
Nous l'avons vu, de nos yeux vu... ce cétacé. Lui? Qui ça, lui? Il a fallu attendre à la fin de la page suivante pour l'apprendre... Et il a fallu lire bien des pages pour connaître l'histoire du «génie de l'île», le capitaine Nemo. Ces pages, on ne les oublie pas... mais, enfant, on ne peut tout saisir... La colonisation de l'Inde par les Britanniques, les appels à lutter pour son indépendance, l'opposition des factions... sont des questions complexes.

Au fait, le bathyscaphe date de quelle année? Vivre 32 ans à son bord sans perdre la boule: moyen extrême, sans aucun doute, pour «fuir, m'enfuir, m'éfuir».* Sacrer le camp! Il faut y être obligé pour assurer son salut!
Le ballon des 5 prisonniers, avec ou sans eux, pourrait mieux convenir, peut-être? À condition de ne pas souffrir du vertige, ni du mal de l'air, ni de craindre les atterrissages forcés... Il serait, dans tous les cas, préférable de choisir une montgolfière, inventée en... en quelle année déjà?

Les naufragés de L'Île Mystérieuse, devenus les colons de l'île Lincoln, par la force des choses, vivaient en symbiose avec la nature et grâce à l'apport de chacun d'eux, selon leurs talents et leurs connaissances. Le plus inventif est, sûrement, Cyrus Smith, ingénieur et savant, qui force notre admiration.

«Et sa devise aurait aurait pu être celle de Guillaume d'Orange au XVIIe siècle: «Je n'ai pas besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.» [p.15]

C'est un aspect fascinant du livre. Tous s'emballent pour ses inventions, toutes plus ingénieuses les unes que les autres. Mais, chacun a sa préférée. Quant à moi, c'est la fabrication de la lentille avec les deux verres de sa montre. (...) lentille, qui, concentrant les rayons solaires sur une mousse bien sèche, en avait déterminé la combustion.»
Vous pensez que je pense au rôti de gibier - du cabiai, un cochon d'eau? Vous l'avez tout faux! Ce qui me frappe est le génie de Jules Verne qui anticipe l'énergie solaire.

Grâce à l'émission, diffusée sur TV5 mardi passé, la première d'une série intitulée «Sur les pas de Jules Verne», une émission qui portait sur «L'Île Mystérieuse» -qui m'a inspiré ce billet- j'ai visité l'île de Pâques, les îles Salomon, l'île Tanna,... et dans les Émirats arabes unis -EAU, Dubai et Abou Dabi. Quel rapport entre ces deux villes et Jules Verne? L'énergie solaire..
Les Émirats, gros producteurs de pétrole, mais aussi de très grands consommateurs de pétrole -principalement Dubai. Il fait chaud et beau là-bas... on climatise, etc. À Abou Dabi, un petit émirat, des architectes français construisent un prototype de village solaire tournant. Plutôt que d'utiliser les panneaux solaires «ordinaires», ils utilisent des miroirs, de simples miroirs de salle de bain, collés sur les toits, pour capter les rayons solaires... comme dans Jules Verne. Ingénieux!

«Sur les pas de Jules Verne», l'émission de mardi 4 août nous conduira «En Amérique» prenant pour guide «Le Testament d'un excentrique» de Jules Verne.
Selon le court résumé, c'est le seul roman de Jules Verne qui promène son lecteur dans un pays tout entier». L'Amérique... ce sont les USA. Il faut admettre que les États, c'est big!
Pour avoir un avant-goût de l'émission, Sur les pas de Jules Verne - En Amérique
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* Expression tirée de La Grande Tribu, de Victor-Lévy Beaulieu.
** Les citations ont été puisées dans l'Édition du groupe «Ebooks libres et gratuits». Texte libre de droits, à une fin non commerciale et non professionnelle. Site web du groupe: http://www.ebooksgratuits.com

vendredi 31 juillet 2009

Danse nuptiale de JK - Forever de Chris Brown

La marche nuptiale de Wagner, à l'entrée des futurs mariés à l'église. La marche nuptiale de Felix Mendelssohn, à la sortie des mariés de l'église (ou de la mairie). Deux marches nuptiales dont l'usage est répandu. Ce que l'on connaît moins, c'est leur provenance. La première est tirée du Songe d'une nuit d'été, musique de scène pour la pièce éponyme de Shakespeare, 1843.
La seconde, de la Marche nuptiale de l'opéra Lohengrin de Richard Wagner, 1850*.

En 2009, Jillian Peterson et Kevin Heinz, de Minnesota (USA), et leurs invités d'honneur innovent: leur marche... la danse nuptiale de JK est une chorégraphie sur l'air de Forever de Chris Brown. «One, two, three, four... Heey Hey... forever (...) It's you and me / Moving at the speed of light into eternity, yeah (...) Forever ever-ever.»

Les futurs mariés et leurs invités d'honneur s'avancent vers l'autel, à l'église St-Paul, Minnesota.
Place à la danse nuptiale et à la musique enlevée!



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* Psitt! Ne dites à personne ce qui suit... on me prendrait pour une Cassandre! Dans la pièce de théâtre, après le mariage à l'église, au moment où Elsa et Lohengrin entrent dans la chambre nuptiale, le chœur entonne:«Fidèlement conduits, allez votre chemin, où la bénédiction de l'amour vous garde.» Mais... leur mariage croulera avant la fin de l'acte. Chut! Faut pas le dire.

jeudi 30 juillet 2009

Actualité littéraire - L'héritage de Jack Kerouac

Le testament de Gabrielle Lévesque Kerouac, mère de Jack Kerouac et son héritière, est un faux! À la une de l'actualité littéraire, et judiciaire, la nouvelle propulsée par Google se répand comme une traînée de poudre. Sur Livranaute, j'ai consacré un dossier à Jack Kerouac - On the Road. Cette nouvelle me touche donc au plus haut point.

Je vous invite chaleureusement, amis lecteurs et lectrices, à lire mon billet d'aujourd'hui, sur Livranaute, billet intitulé Jack Kerouac - Le testament est un faux! À partir de diverses sources, je résume et commente «l'affaire du faux testament». Heureusement, à la suite du jugement rendu par le Tribunal, l'héritage de Jack Kerouac, évalué à 20 millions de dollars, reviendra à ses ayants-droit. Il était temps... vous verrez.

Prenez, quelques minutes, pour entendre (ou réentendre) Jack Kerouac lire un extrait de On the Road,
également sur Livranaute, billet du 14 juillet 2009.

À la lumière de l'actualité ses paroles prennent tout leur sens. «My father is dead, my brother is dead... »

mercredi 29 juillet 2009

Evian Roller Pub! - Des images et des mots

Voir le making of, c'est bien; lire sur son processus de création, c'est mieux. Une image vaut milles mots, mais ... Lisez le présent texte et revoyez la vidéo sur mon billet d'hier, vous verrez bien, vous verrez mieux... Mettez des mots sur des images! Gardons en mémoire que l'«Evian Roller Pub» -selon mon expression- a nécessité un budget gros comme le ventre du Père Noël... après le réveillon.

Le décor. Des photos du parc de Melbourne ont été superposées à des photos prises dans Central Park, à New York. «Pour faire plus vrai», on a ajouté des plans tournés dans un square de Londres. Australie, États-Unis, Angleterre. Ulysse voyage...

La Musique. Un petit doigt grassouillet abaisse la commande d'un GhettoBlaster, repéré sur eBay à Los Angeles. Ce lecteur de musique «mythique» des années 1970-1980, taille «over-size» et poumons de Stentor. Gros et puissant, il hurle du rap. Et que ça boum boum! Et que ça casse la baraque!
En avant la musique: Rapper's Delight, du groupe Sugarhill Gang, un tube de 1979, inscrit dans l'histoire de la musique hip-hop, dont les droits de diffusion ont été obtenus à l'arraché. Tout se tient, l'appareil et la musique datant de la même décennie, et une montagne de sucre pour les bébés.

Les danseurs. Portant des patins à roulette et coiffés d'un casque reproduisant le poids de la tête d'un bébé, trois fois plus lourde que son corps, ils ont exécuté une chorégraphie sur la musique de Rapper's Delight. Leurs mouvements ont été numérisés.
Les «Evian Roller Rappers»: corps souple, gestes déliés, et... tête lourde. Le casque n'est donc pas... une tuque, ni un bonnet -traduction française. Mais, un casque... dur sur le pompon...

Les bébés. Les visages de 96 bambins, de 6 à 9 mois, ont été filmés à Prague, puis numérisés et superposés aux mouvements des danseurs, eux-mêmes numérisés. Des bébés de Prague, en Réplique Tchèque? Australie, États-Unis, Angleterre, Prague: Toujours trop près, jamais trop loin... pour les Ulysse du numérique!
Evian -sans accent- «berceau de l'eau minérale naturelle connue dans le monde entier»*. Un grand berceau, mais pas de bébés!

Les «Evian Roller Babies», une pub géniale! Et le budget n'est pas tout, encore fallait-il un brin de génie, un grain de folie, un esprit créatif, des compétence et des sueurs. De quoi nous gâter comme des bébés... Je ne sais pas si l'on boira plus d'eau d'Evian, mais nos pubs fades, insipides, insignifiantes, seront plus dures à avaler... bien que leur concept soit mou...
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* Evian, l'eau et l'histoire, sur le site de la ville d'Evian, en France.
Sources des informations: Un article de Lefigaro.fr et Wipidédia, aux mots-clefs.
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