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lundi 19 octobre 2009

(2) Blues d'automne Bleu- Poésie / Colombi - Pichette - Rognet - Sahli

(2) Blues d'automne Bleu- Poésie / Colombi - Pichette - Rognet - Sahli. [Oups!]* Vous vous sentez d'une humeur... fragile... vacillante... Ah! c'est votre rate, assurément. Elle vous sécrète une bile noire, celle qui donne une humeur atrabilaire. Ce n'est pas le temps de la dilater (votre rate), il faut plutôt la détendre. Elle changera alors de couleur, passant du noir au bleu.. et se mettra au rythme du «Blues d'automne». Blues que je fais rimer avec poésie...

Les quatre poètes, Jean-Pierre Colombi, Henri Pichette, Richard Rognet, Sami Sahli, inspirés par les choses simples de la vie vous feront voir, le plus naturellement qui soit, la beauté du monde. Un parfum, un regard d'enfant, un chat, une mère, son fils, père et mari. La vie, quoi! Lisez leurs «bonnes paroles», elles s'adressent à vous... elles ont été écrites pour vous et... pour moi.


«Les choses dicibles», Jean-Pierre Colombi
1994-2004

Dans le souffle insidieux
où je marche à présent
il y a un parfum
de feuilles qui fait rire.

Je saute au-dessus d’une
des pierres du chemin
comme si elle était
ce monde en même temps

et de l’autre côté
ayant rejoint le sol
je n’aime que l’épreuve
où je suis près de moi.




«Poèmes offerts», Henri Pichette.

Brebis sortant au vert par une porte arquée.
Navette de fauvette en souci de becquée.
Daguet surpris qui saute au détour de la sente.
Sanglier las baugé dans la boue innocente.
Bleu regard d’enfant roux qui garde les dindons
Et chasse à coups de hart les frelons… les bourdons…
Vol de perdreaux maillés. Coccinelle cinabre.
Alignement sacré d’arbres en candélabre.

À Jacques Doucet







«Un peu d’ombre sera la réponse», Richard Rognet

Crépuscule au bord
des fenêtres, fleurs
fidèles, corolles
chaleureuses, puis la nuit

avec ses légendes, ses
miroirs sous l’obscurité,
la nuit refermée
sur les gestes humains,
la nuit paisible –
et la gourmandise du silence
lorsqu’un chat, avec
sa tiédeur, se glisse
contre toi pour réparer le monde.




«L’entonnoir des saisons», Notes matinales, Sami Sahli

La réalité partout nous guette, à chaque coin de rue, dans chaque regard… Il suffit d’un rien pour devenir réel. À peine ai-je croisé le regard de ma mère, que je deviens fils ; mon fils me sourit, et me voici père. Père, fils, mari… jamais moi. Comme si ce moi était irréel. Dès que je cherche à l’atteindre je plonge dans l’irréalité, qui m’apparaît comme un pli de la réalité. J’ai le sentiment de passer l’essentiel de mon temps dans ce pli, étrangement absent, jusqu’au moment où quelqu’un vient frapper à ma porte. Mon esprit alors brusquement se déplie, et je redeviens réel…


Bon dimanche! Bon lundi!

*Oups! À cause d'une maladresse de ma part, le billet de dimanche a été livré... vendredi. Pour corriger la situation, je vous le livre aujourd'hui... lundi. Je suis désolée, moi qui aime vous dire un petit mot chaque jour... Je vous prie de m'excuser.
Décidément, je dois avoir la rate mal en point!

samedi 17 octobre 2009

«100 000 ans de beauté» - Gallimard

«100 000 ans de beauté» - Gallimard». Cet ouvrage collectif, dirigé par Elisabeth Azoulay, est une œuvre d’art, et une histoire de la beauté. Les cinq volumes, offerts dans un assemblage de coffrets pyramidal, présentent un panorama de la beauté au travers des âges et des civilisations.
Ce coffret –signé Élizabeth Azoulay- est, en soi, une œuvre d’art. Tiens donc! Il me rappelle le semainier, petit meuble à sept tiroirs, mais dans un autre registre… chaque coffret coulisse individuellement. Un emballage esthétique, s’il en est un, en rapport direct avec le sujet traité. Un cadeau en perspective!!!*
C’est à y songer… après en avoir examiné le contenu, bien évidemment!

Beauté! On pense tout de suite à «Histoire de la beauté» de Umberto Eco. Qu’est-ce que «100 000 ans de beauté» nous apporte de plus, ou de différent, que «Histoire de la beauté»?

En bref, «100 000 ans de beauté» couvre une période de temps plus longue: il s’étend de la préhistoire jusqu’aux projections des canons futurs de la beauté, et couvre les cinq continents.
De son côté, «Histoire de la beauté» traite des grandes œuvres de la culture occidentale dans un voyage dans le temps de la Grèce antique jusqu’à nos jours. «Un proverbe dit un crapaud est beau… pour sa crapaude», cette simple, et amusante, formule résume l’approche de Umberto Eco.
«Ce qui m’intéresse, ici, c’est de comprendre ce qu’était une chose belle aux yeux d’un homme de la Grèce antique, du Moyen- Âge ou du XXe siècle» (Umberto Eco)
Pour autant que je sache, les deux ouvrages n’empiètent pas l’un sur l’autre; ce sont deux ouvrages, deux cheminements, deux lectures, à qualité égale.

Nous voilà bien en selle pour aborder le contenu de «100 000 ans de beauté».
Chacun des 5 volumes couvre une phase de l’histoire de la beauté. Chaque chapitre comprend une introduction et des articles thématiques. En guise d’introduction générale: un essai de Michel Serres.
À vue de nez, «sous la direction scientifique de…» est répété tellement de fois que cela en devient encombrant, et même agaçant: le spécifier, net et clair, en introduction aurait suffi à nous faire comprendre, une fois pour toutes (Umberto Eco est plus modeste…). Il faut passer outre.
D’ailleurs, Gallimard précise que: [les] informations et analyses sont très clairement énoncées, accessibles, sans jargon technique. Les articles sont synthétiques (de 3000 à 15000 signes), et les nombreux auteurs (300), de diverses disciplines et nationalités (35). Ce qui multiplie les styles, et les regards sur la beauté.

Une iconographie abondante accompagne les textes, sculptures, peintures, images de films, documents d’archives, bijoux, objets usuels… environ 40% d’illustrations dans chaque volume. «100 000 ans de beauté» est une encyclopédie, il en a toutes les caractéristiques.
Notons que «100 000 ans de beauté», publié aux Éditions Gallimard, en français et en anglais, bénéficie du soutien de la Fondation L’Oréal qui célèbre ses 100 ans d’histoire, en beauté… En France, ce «livre-événement» fait l’objet d’une large couverture médiatique.

Me basant sur des notes que j’ai prises à la volée, je vous donne un aperçu du contenu du coffret

Tome 1. Préhistoire / Fondation, sous la direction scientifique de Pascal Picq (272 pages)
  • La femme avant l’histoire, Jean-Claude Carrière
  • Émotions esthétiques, Edgar Morin
  • Les premiers pas de la beauté, Pascal Picq
  • La beauté partagée, André Leroi-Gourhan
«Pourquoi l’homme de Cro-Magnon est-il inconsciemment jugé plus beau que son ancêtre l’homme de Néandertal? L’idée d’une pré humanité privée de beauté et de quêtes esthétiques est aujourd’hui remise en cause». (Pascal Picq)

Tome 2. Antiquité / Civilisations, sous la direction scientifique de Georges Vigarello (296 pages)
Égypte
  • le khôl, Ali Radwan
  • éloge de la blancheur, Guillaume Bouvier.
«Rê-hotep et Nofret sont considérés comme le couple modèle de l’Égypte ancienne…».
Rome
Chine

Tome 3. Âge classique / Confrontations, sous la direction scientifique de Georges Vigarello (252 pages)
  • moustaches héroïques et nez léonins, Emine Fetvaci
  • de ornatu mulierum…, Rodriguez Escalona parfums, Hui Meng
«Un fantasme de la tradition chinoise celle dont le corps dégage un parfum…»

Afrique subsaharienne.
«Pour ces peuples, l’art corporel n’est pas inférieur aux arts matériels qui d’ailleurs s’en inspirent…»
  • le corps canevas.
  • le vêtement comme microcosme, Vincent Lefèvre.
  • Vénus, médiatrice irrésistible, Lila Rosenthal

Tome 4. Modernité / Globalisation, sous la direction scientifique Marc Nouschi (232 pages)
  • teint bleue, lèvres vertes, Anne Varichon
  • parce qu’ils le valent bien, Michaël Kimmel et Jean-Anne Sutherland
  • la force du préjugé, Elaine Hatfield et Richard L. Rapson
  • mon corps est une bombe, Marc Nouschi.
«bombe sexuelle, obus, gilet de sauvetage baptisé Mae West, Bikini… ces mots illustrant ce singulier rapport à la séduction d’une époque dominée par la crainte de l’apocalypse nucléaire…»
  • La culture jeune, Elke Gaugle
  • Sois belle et bats-toi, Peg Zeglin Brand
  • La guerre du poids, Arvey Levenstein

Tome 5. Futur / Projections, sous la direction scientifique d’Elizabeth Azoulay et Françoise Gaillard (216 pages)
  • Différences et universalismes.
«La prophétie d’Alexis de Tocqueville… en s’industrialisant le monde ne sombre pas dans une lutte des classes généralisée. Ce sont des classes moyennes, ivres d’égalité, qui s’imposent…»

Pour plus d'informations sur le coffret, cliquez ici.
Pour en savoir plus sur les auteurs, les artistes... visitez «100 000 ans de beauté», cliquer ci.

Offrez-vous 2,51 minutes de beauté... regardez la vidéo «100 000 ans de beauté», créé par Les Éditions Babylone. Cliquez ici, c'est en bas de la page.
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* Renseignements pratiques
Le coffret est disponible chez Gallimard Montréal, au prix de souscription de 230$, jusqu'au 31 décembre 2009.
Si vous désirez vous procurer le coffret... voici 3 «approches stratégiques»:
(1) Soufflez la réponse dans le cou de votre amoureux ou amoureuse... (2) Servez-vous de mon blogue comme messager... (3) Tout simplement, offrez-vous le coffret...

vendredi 16 octobre 2009

Extraits / Wolf Hall - Hilary Mantel

Extraits / Wolf Hall - Hilary Mantel. Chose promise, chose due. Pour vous faire part du recensement publié par «The New Yorker Review of Books», je vais, tout simplement, vous référer aux deux articles publiés en 2008 sur le site du New Yorker plutôt que les reprendre ici, sur Littéranaute, en tout ou en partie. J’ai lu ces extraits, et je puis vous dire que ce roman tient ses promesses. Par contre, si vous n’êtes pas suffisamment familiers avec la langue des descendants de Shakespeare, je crains que vous ne puissiez apprécier le texte.

En somme, si vous connaissez, dans les grandes lignes, l’histoire de Thomas Cromwell qui gravite autour de Henry VIII et les intrigues qui se tissent à sa Cour, vous parviendrez, possiblement, à lire les deux longs –et fort intéressants- extraits du livre. Le roman est écrit en anglais… d’Angleterre… certains mots sont en français ou près du français, d’autres sont typiquement anglais et s’éloignent de l’américain… Cette lecture pourrait vous sembler exigeante… À vous d’en juger!

Tout de même, voici deux courts extraits (je ne puis m’empêcher de succomber à la tentation…).

Thomas Audley is Lord Chacellor. Rafe Sadler, in his mid-twenties, is Cromwell's chief clerk.
  • "The King might accept some compromise," Cranmer says. "But I fear the Queen will not. And indeed," he says faintly, "why should she?"
  • Audley puts a hand on his arm. "My dear Cromwell. Who can understand More? His friend Erasmus told him to keep away from government, he told him he had not the stomach for it and he was right. He should never have accepted the office I now hold. He only did it to spite Wolsey, whom he hated."
  • Cranmer says, "He told him to keep away from theology too. Unless I am wrong?"
  • "How could you be? More publishes all his letters from his friends. Even when they reprove him, he makes a fine show of his humility and so turns it to his profit. He has lived in public. Every thought that passes through his mind he has committed to paper. He never kept anything private, till now."
  • Audley reaches past him, opens the window. A torrent of birdsong crests on the edge of the sill; it spills into the room, the liquid, fluent notes of the storm-thrush.
  • "I suppose he's writing an account of today," Cromwell says. "And sending it out of the kingdom to be printed. Depend upon it, in the eyes of Europe we will be the fools and the oppressors, and he will be the poor victim with the neater turn of phrase."
  • Audley pats his arm. He wants to console him. But who can begin to do it? He is the inconsolable Master Cromwell: the unknowable, the inconstruable, the probably indefeasible Master Cromwell.
  • (...)
  • «The saying comes to him, homo homini lupus, man is wolf to man».
Deux extraits
Pour compéter la lecture de l'extrait tiré du NYR Books du 17 juillet 2008, cliquez ici.
Pour lire un deuxième extrait, daté du 14 août 2008 du du NYR Books, cliquez ici.

Une critique
Pour lire une critique détaillée du livre «How it Must Have been», par Stephen Greenblatt, The New York Review of Books, parue le 5 novembre 20009, cliquer ici.

jeudi 15 octobre 2009

Wolf Hall - Hilary Mantel / Brooker Price 2009

Wolf Hall - Hilary Mantel / Brooker Price 2009. Hilary Hall vient de remporter le Brooker Price 2009, pour son roman «Wolf Hall», portant sur la vie de Thomas Cromwell. Bien accueilli par la critique et le public, le roman a déjà fait l'objet de nombreux articles. En voici un aperçu, soit un court résumé suivi d'un commentaire.

A Wolf Hall: A Novel
«England, the 1520s. Henry VIII is on the throne, but has no heir. Cardinal Wolsey is his chief advisor, charged with securing the divorce the pope refuses to grant. Into this atmosphere of distrust and need comes Thomas Cromwell, first as Wolsey's clerk, and later his successor.

Cromwell is a wholly original man: the son of a brutal blacksmith, a political genius, a briber, a charmer, a bully, a man with a delicate and deadly expertise in manipulating people and events. Ruthless in pursuit of his own interests, he is as ambitious in his wider politics as he is for himself. His reforming agenda is carried out in the grip of a self-interested parliament and a king who fluctuates between romantic passions and murderous rages.»

«From one of our finest living writers, Wolf Hall is that very rare thing: a truly great English novel, one that explores the intersection of individual psychology and wider politics. With a vast array of characters, and richly overflowing with incident, it peels back history to show us Tudor England as a half-made society, moulding itself with great passion and suffering and courage.» Harper Collins.

La Table des matières et les premières pages du livre ("Across the Narrow Sea"- "Putney, 1 500)", sont reproduites sur Amazon. Pour les lire, cliquez ici.

Dans mon prochain billet, je vous ferai part du recensement publié par «The New Yorker Review of Books» en 2008, c'est-à-dire un an avant sa publication et l'obtention du Booker Price. Recencement qui est, à mon avis, de loin le meilleur...

Laissons la parole à la sympathique Hilary Mantel, qui parle de son roman et du Brooker Price.

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Psitt! C'est le même New Yorker qui vous a fait rire, lundi le 14 septembre 2009. Mon billet: «L'Humour des livres», par Jean-Loup Chiflet, publié par les Éditions Les Arènes, rassemble 300 dessins puisés dans «The New Yorker» etc. etc. Allez le revoir, ça vous fera passer une bonne journée! Cliquez ici. [Oui, la page existe].

mercredi 14 octobre 2009

Le Vitrail brisé - Jean-Paul Daoust

«Le Vitrail brisé», de Jean-Paul Daoust, vient de paraître aux Écrits des Forges. Chaque être humain peut se reconnaître dans ce livre de poésie, ou reconnaître un moment difficile de sa vie. Le poète parle de nous tous, et parle pour nous tous. «Qui a peur de la poésie?» Pas celui, ou celle, qui a lu «Le Vitrail brisé». Celui, ou celle, qui lira ce livre de poèmes en sortira réconcilier avec la poésie, du moins celle qui sait le toucher, avec la douleur... et au ventre, l'espoir de s'en sortir.

Il y a deux ans, Jean-Paul Daoust s'est infligé de graves blessures aux vertèbres cervicaux en déboulant dans un escalier, il aurait pu perdre la vie. Un pareil accident, «ça n'arrive qu'aux autres»? Une épreuve douloureuse, «ça n'arrive qu'aux autres»?


Ce qu'en dit le Poète


«Jamais j’aurais cru recevoir des prix avec ça, c’est tellement un livre à part dans ma démarche». J’ai proposé «Le Vitrail brisé» aux Écrits des Forges au printemps, comme ça, conscient que c’était un peu spécial. Pour la première fois, c’était un geste altruiste. Je me disais : tellement de gens passent par là, la douleur insoutenable, maintenant que je sais ce que c'est, je vais en parler.»

La première de couverture est, justement, illustrée par l’authentique radiographie de son cou brisé [cliquez sur l'image pou l'agrandir]. «C’est cette image qui m’a donné l’idée du titre. Ça me fait penser à un vitrail, ce côté translucide. Puis le vitrail, ça évoque la fragilité, les morceaux qui ont de la valeur une fois qu’ils sont assemblés. Un vitrail, surtout, n'a aucun intérêt vu de l’extérieur, il faut entrer dans l’obscurité pour qu’il dévoile ses couleurs».

«Pour moi, c’est une forme de pendant aux «Cendres bleues». Dans ce livre-là tout tournait autour d’une blessure psychique liée à l’enfance, alors qu’aujourd’hui la blessure est physique. Dans les deux cas, il y a la même nécessité de passer à travers».
Les «Cendres bleues» a valu à Jean-Paul Daoust le Prix du Gouverneur général, en 1990.

Ce livre est une œuvre intime où le poète traite avec force et lucidité d'abus sexuels commis sur un jeune enfant. Il dit la douleur de l'âme, et le courage de s'en sortir.


Ce qu'en dit le jury Grand Prix Quebecor du Festival International de Trois-Rivières

«C’est la forte émotion générée chez le lecteur qui a interpellé le jury. L’intensité et la latence de la douleur physique qui traverse le recueil de la première à la dernière page comme une épée bien affûtée, douleur dont l’écriture est le témoin constant dans une gymnastique subtile de peurs et de et d’ivresse, d’espoir et de perte consommée, de fragilité et de certitudes. Ceci, dans une écriture aussi somptueuse en images à l’instar de certains grands textes de cet auteur si particulier. (…) Le Vitrail brisé, un recueil extrêmement émouvant où l’écriture à la fois témoin d’une douleur et expression du mal en train de se vivre. Une poésie du courage, empreinte de l’humour étonnant de Daoust, témoignant d’une transcendance dans laquelle tout être se reconnaît, ou reconnaît son intime effondrement».
C’est en ces termes que s’est exprimée Mona Latfi-Ghattan, poétesse et romancière, au nom du jury qui a octroyé le Grand Prix Quebecor du Festival International de Trois-Rivières au manuscrit «Le Vitrail brisé», de Jean-Paul Daoust.



Paroles du Poète

«Les mots ont été comme des lucioles, dans le noir, ils m’ont aidé à nommer, à apprivoiser la douleur.
Cette douleur qui amène une solitude épouvantable.»

«Écrire pour ne pas souffrir à haute voix
Les mots se confrontent
La pensée bec et ongles s’agrippe
Rien n’y fait tout s’écroule
Vacarme inouï de la douleur»

«Le corps de venu un vitrail éteint
La douleur y cisèle avec minutie son œuvre
Le temps vole en éclats coupants
Les souvenirs charcutés chantent en discordance
L'opéra de l'enfer»

«Sortir du coma en déclamant des poèmes
Intubé de partout
Le temps s'est perdu
Imaginer encore possible la poésie
Au coin des yeux le silence coule»


Remis de ses blessures, Jean-Paul Daoust partira en France pour une résidence de 3 mois dans la maison où Rimbaud écrivit «Une saison en enfer». Nos meilleurs vœux l’accompagnent!

Grand poète québécois, Jean-Paul Daoust est un homme simple, comme vous et moi (!*):
«Ouin, j’ai repris du poil de la bête, mettons. Pis, je vais te dire, j’ai bien l’intention d’en profiter!», a-t-il déclaré à Tristan Malavoy-Racine.

J'avoue: je n'ai pas lu les «Cendres bleues», publié aux Écrits des Forges. Je vais donc le lire en parallèle avec «Le vitrail brisé», car il s'agit, de l'avis même de l'auteur, des deux pendants de la douleur.
Et, bien sûr, je reviendrai vous en parler.

Bonne journée! À demain...
___
Note. On aura remarqué le rappel du titre de 2 films: «Qui a peur de Virginia Wolf» et «Ça n'arrive qu'aux autres», un film crève-couer avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroïani.
Sources: «Jean-Paul Daoust - Passer de l'ombre à la lumière», de Tristan Malavoy-Racine, voir.ca
«Poésie - le Vitrail brisé», de Hugues Corriveau, Le Devoir, des samedi et dimanche, 10 et 11 octobre 2009.
«Le 25e Festival International de la Poésie de Trois-Rivières», sur le site du même nom.

mardi 13 octobre 2009

«La Ruche littéraire» - Les Shadoks

«La Ruche littéraire» [] Les Shadoks. Aujourd'hui, j'inaugure une série de billets que je déposerai, de temps à autre, dans «La Ruche littéraire». Quid? Internet foisonne de sites, de blogues, de créations... de mille et une fleurs de l'esprit. Telle une abeille butineuse, j'irai en cueillir le nectar et le transporterai dans ma... «La Ruche littéraire», de telle sorte que vous pourrez en faire votre miel. Mon but est tout simple: porter à votre attention les réalisations de tous ces créateurs et créatrices qui rendent accessibles à tous le fruit de leur travail.

Le premier billet de «La Ruche littéraire» sera des plus joyeux! Les Shadoks!

Les Shadoks: une série de dessins animés, une série-culte française, créée par Jacques Rouxel et narrée par Claude Piéplu. Jean Cohen-Solal fait les voix Shadoks. Les Shadoks sont une production de la société «aaa» pour Animation, Art-graphique, Audiovisuel.
Imaginez une série de 208 épisodes télévisées* de capsules de 2 ou 3 minutes, rarement plus, mettant en vedette de drôles d'oiseaux: le corps en forme d'œuf, de longues pattes fines, de petites ailes ridicules, un nez qui ferait l'envie de Cléopâtre; parfois, ils modifient, un peu, leur morphologie -rien à faire, on les reconnaît...Voici les Shadoks!

Le Chef Shadok
Attention! Il envoie au Goulp les Shadoks dont il n'est pas satisfait. C'est un pouvoir exclusif qu'il exerce à sa discrétion. Il jette dans un trou dans la planète Shadok, les «mauvais» Shadoks, qui sont ainsi enfermés dans le Goulp, également nommé Enfer… Le Chef est le chef.

Le Professeur Shadoko
Sa devise pourrait se résumer, à mon avis, en cette formule catégorique: «Tout ce que je sais, c’est que je sais tout. Comme je sais tout, je vais vous l’expliquer». Ce savant personnage, arborant fièrement la barbe de sa sagesse, est un inventeur hors pair. Il construit des machines improbables qui ne fonctionnent pas…
La liste de ses ingénieuses inventions est longue… La plus célèbre est la cosmopompe destinée à pomper le cosmogol 999 aux Gibis (G-B…). Les résultats sont si minables que le Chef Shadok l’enfermera dans le Goulp! Rien ne le décourage, c’est à se demander s’il a un grain de mémoire. Hum… plutôt un petit grain...


Le Devin Plombier
Reconnaissable au premier coup d’œil: longs, longs cheveux qui pendouillent et couvrent son (beau) corps, seules la tête et les pattes dépassent… Sur la tête, une paire de cornes, il traîne partout avec lui son robinet magique, c’est lui! C’est lui… qui est chargé de faire lever le soleil chaque matin. Rien de moins… Ce qui lui attire, de facto, le respect et l’admiration des Shadoks. Le reste du temps? Bof… il détecte les fuites, débouche les éviers… Et puis, il lit l’avenir dans son robinet magique.


Le Marin Shadok
Beau comme un cœur! Il est bleu, il porte un béret bleu à pompon rouge. Et brave! Il a perdu l’œil gauche au cours de la mémorable bataille de Lépante, combattant, vaillamment…, contre les moulins à eau. Aussi porte-t-il un cache et, souvent, une bouteille à la main –bien qu’il n’y ait aucun rapport entre les deux. Et inventeur avec ça. Poète en météorologie, il est aussi planteur de phares, contrôleur des vents et marées… C’est un marin d’eau douce, quoi! Les Shadoks lui doivent quelques inventions du même ordre.

Ingénieux, l’imagination débridée, déjantés, cinglés, fêlés, les Shadocks sont redoutables.

Ils déconstruisent les principes, les proverbes, la logique, la psychologie, l’informatique, etc. Et ils les restituent sous un angle absurde, dans un esprit critique. Méchants, idiots, bêtes? Non, ils sont géniaux!!!

«Il faut pomper pour vivre et donc vivre pour pomper».
«En essayant continuellement, on finit pas réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche».
«Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries, que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes».
«Pour qu’il y ait le moins de mécontents possibles, il faut toujours taper sur les mêmes».

Un Shadock a-t-il un trouble de personnalité? Il passera un test psychologique à l’aide des taches abstraites de H. Rorschach, tout en couleurs et en nuages au-dessus de sa tête, qui stimulera son imagination. On peut même entrer dans son for intérieur pour aller explorer son moi et son ça… freudien.
Un cours de maths? Le Devin Plombier décréta que si les écoliers n’apprenaient pas à compter, au bout d’un jour, on brûlerait le Professeur Shadoko. Deux options intéressantes…. Le prof inventeur d’une façon de compter, en base 4, avec des chiffres GA, BU, ZO, MEU, gagna le pari. On rigole, mais quand on s’y arrête, on reconnaît l’analogie avec les 4 nucléotides de l’ADN, A, T, C, G. Pas bêtes!

Redoutables, vous dis-je!
Et que dire de leurs sophismes… Pardon, des démonstrations du Professeur Shadoko. Après avoir assisté à son cours magistral sur les passoires, vous ne verrez jamais plus celles-ci du même œil…
Polyvalent comme pas un, il donne également, avec autant de compétences (transversales!) des cours d’informatique, de mathématiques. Youpi! Youpi Dou! Quel prof!

On s’entendra pour dire que les Shadoks, c’est aussi… pour les adultes. Pour capter le sens fin et critique de leur propos, démasquer les analogies, les parodies, etc., il faut avoir des connaissances et de l’expérience. Un enfant ne peut débusquer leurs sophismes, ni saisir l’envers de leurs propos.

Les Shadoks, c’est pour vous et moi, et quelques autres!






J’espère, vivement, que vous aurez apprécié ce premier billet de «La Ruche littéraire».

À bientôt!
___
* De 1968 à 2000

dimanche 11 octobre 2009

Nouvelles d'octobre / Cyberpresse

Nouvelles d'octobre / Cyberpresse. Le journal «La Presse» annonce, dans sa section «Arts et spectacles - Littérature», que des nouvelles littéraires, s'inspirant de faits divers, seront publiées hebdomadairement sur «cyberpresse.ca/nouvelle». Répondant à l'invitation du journal, des écrivains s'adonneront à ce que le journal nomme «Littéréalité»... Dossier: «Quand l'actualité inspire les romanciers».

La présentation de la série est bien faite: une courte bio de l'auteur; un extrait de la nouvelle; le résumé et la source, soit un fait divers tiré des médias (une histoire racontée par un journaliste), textes de Chantal Guay. Ainsi, pour le mois d'octobre:


«Unagi», de Dominique Fortier
Le fait divers: « (...) [Une] femme a été tuée par une dalle de béton alors qu'elle dînait avec son conjoint dans un restaurant du centre-ville de Montréal».
Le résumé: «Un dîner de couple au restaurant, comme tant d'autres, et qui ne sera perturbé par aucun drame. Ou presque».

«Léo de la Main», de Pierre-Léon Lalonde
Le fait divers: « (...) [Les] transformations que subira le boulevard Saint-Laurent pour accueillir le nouveau Quartier des spectacles».
Le résumé: «Après des décennies en prison, un vieil homme retrouve la Main où il a passé sa jeunesse considérablement transformée (sic), et il croise une jeune fille qui est en train de s'y abîmer».

«La beauté du sport», de Carole Allard
Le fait divers: (...) «le 15 février 2009» l'AFP a annoncé que «le premier champion mexicain du jeu "roche-papier-ciseaux" allait représenter son pays au prochain tournoi international qui doit avoir lieu au Canada, sous l'égide de la Fédération internationale, la World RPS (Rock, Paper, Scissors) Society.
Le résumé: Roberto, champion international de roche-papier-ciseaux, bourré d'obsessions, s'apprête à affronter le Québécois Dave Champoux, très fier de se considérer comme un être abject. Le combat sera sans merci. Vengeance, trahisons, tricheries... Bref, c'est la beauté du sport.»

«Un squeek et deux gros bangs», de Stéphane Dompierre
Le fait divers: «Un accident de la route à Châteauguay.» Un badaud a déclaré: «J'ai entendu un squeek et deux gros bang (sic)».
Le résumé: «Le protagoniste de cette nouvelle est le représentant typique de monsieur-tout-le-Monde. Or, il a un passe-temps particulier: parler aux journalistes de faits divers!».

Sur les cinq auteurs, deux sont des blogueurs... un bon ratio.
Dans ce dossie, Mathieu Perreault présente un article intitulé, «Écrire plus vrai que vrai». Il y fait mention de l'essai de Franck Evrard «Littérature et faits divers», dont je vous reparlerai, un de ces quatre...

Bon dimanche!
Paperblog