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lundi 7 décembre 2009

Le Pont - Bernhard Vicky - Michel Quint / Apocalypse - Épisode 6 - tv5

«Le Pont» de Bernhard Vicky dont parle Michel Quint dans «Effroyables Jardins» n'est pas une invention romanesque. Il existe «pour de vrai». Je vous propose de le visionner en complément de l'émission «Apocalypse - Épisode 6 - tv5». Il illustre, on ne peut mieux le fanatisme, l'acharnement, la hargne qui ont marqué la fin de la Deuxième Guerre mondiale. C'est L'Enfer qui se déchaîne!
Ne manquez pas la dernière émission de «Apocalypse, la 2e Guerre mondiale». Épisode 6: L'enfer (1944-1945), sur tv5, diffusée lundi le 07 décembre à 20h et rediffusée le mardi à 13h00. L'étau se resserre sur Hitler et sur son «invincible» Wehrmacht. C'est la débandade de l'armée allemande. Mais Hitler ne s'avoue pas vaincu... Les évènements se précipitent. Les derniers combats font fureur. Les exactions se multiplient. C'est l'Enfer!

En premier lieu, voyons quelques événements majeurs de cette guerre qui n'en finit plus de finir... Suivront la présentation et un extrait vidéo.

La fin de la guerre, en 5 événements majeurs

[1] L'Allemagne sous les bombes.
«Germany First». Pour Churchill et Roosevelt, il faut, avant tout, bombarder l'Allemagne. Churchill crée une flotte aérienne dont le commandement est confié au général Harris, surnommé Harris la bombe. «Nous allons détruire leur moral et leurs usines avec leurs ouvriers», dit Harris. Il est convaincu qu’il peut gagner la guerre avec ses puissants quadrimoteurs, les Halifax et les Lancasters. Cette stratégie, coûteuse en hommes et en matériel, est critiquée. Mais elle commence à semer la mort sur les villes allemandes. Le 28 mars 1942, la ville d’Essen est touchée. Un centre de production d’armements pour les forces allemandes de Russie. Un moyen pour Churchill d’aider Staline.
Quant aux Allemands, ils commencent à mesurer les conséquences de la politique hitlérienne.

[2] La campagne d'Italie
Les Alliés tentent une nouvelle attaque le 25 août 1944. Rapidement, les défenses orientales sont balayées, mais Kesselring réussit à ramener rapidement des renforts et à bloquer l'avance de la VIIIe armée, dirigée par le général Oliver Leese.
Une nouvelle attaque, le 8 septembre de la même anné,e permet d'atteindre la plaine de Romagne. Les Alliés se retrouvent alors devant un labyrinthe de cours d'eau endigués, où chaque digue est formidablement défendue. Les pluies à partir du 20 septembre brisent net leur élan jusqu'au printemps suivant. Ce n'est que le 9 avril 1945 qu'une nouvelle action d'envergure est lancée. Le 25 avril les Ve et VIIIe armées réussissent à franchir le Pô.
Enfin, le 2 mai 1945, les Allemands signent à Caserte leur capitulation sans condition.

[3] La bataille de Berlin
Les Russes franchissent la frontière allemande. Des millions d’Allemands fuient éperdument. Surtout les Allemandes qui craignent les viols, innombrables. Les Russes encerclent Berlin. Mais Hitler ne s’avoue pas vaincu. Pour lui, Berlin sera un Stalingrad à l’envers. Pendant deux semaines, c’est l’enfer jour et nuit. Seuls résistent jusqu’au bout quelques désespérés et quelques fanatiques, comme les 400 SS français (!!!) de la division Charlemagne, qui font face à 100 000 soldats russes.

Sous les ruines de la Chancellerie, dans son bunker souterrain, Hitler tempête et manœuvre des armées imaginaires, entouré des derniers fidèles, qui profitent d’une accalmie pour remonter à la surface et fêter son 56e anniversaire de naissance, le 20 avril. Il réconforte des Jeunesses hitlériennes choisis parce que leurs parents viennent de mourir dans le bombardement de Dresde. Le 25 avril 1945, les armées russes et américaines se rejoignent à Torgau.

Le 30 avril 1945, à Berlin, les Russes sont à 300m du bunker du Führer. Hitler épouse Eva Braun. Il tue sa chienne Blondi. La mariée avale une capsule de cyanure. Hitler et sa femme se suicident.Le couple Goebbels en font autant après que Magda Goebbels eut empoisonné leurs enfants. Dans sa dernière lettre, elle a écrit: «Le fait que nous puissions finir nos vies avec le Führer est une bénédiction du destin, que nous n’aurions jamais osé espérer.»

Le 2 mai 1945, les Soviétiques plantent le drapeau rouge sur le Reichstag. Les principaux chefs nazis sont capturés. Entouré des Alliés, l’Anglais Tedder, l’Américain Spaatz, et le Français de Lattre de Tassigny, devant le Russe Georgui Jouko, son ennemi mortel, le maréchal Keitel, dernier chef de la Wehrmacht, signe...
le 8 mai 1945, la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie.

[4] La libération des camps
Les grandes offensives lancées par les Alliés en direction de l’Allemagne à partir de l’été 1944 amènent les armées soviétiques, américaines et britanniques à la porte des camps dans lesquels les Alliés découvrent des milliers de survivants dans un état de faiblesse extrême. Jusqu’à la dernière minute, les nazis tentent de dissimuler les preuves des massacres en incendiant le four crématoire principal. Mais dans leur fuite éperdue, ils n’ont le temps de démolir les chambres à gaz.

Les Russes libèrent Auschwitz le 27 janvier 1945. Ils y trouvent des milliers de détenus, abandonnés par les nazis qui ont quitté le camp en emmenant avec eux la majorité des déportés valides pour une interminable marche de la mort. Là encore, les nazis ont tenté d’effacer les traces, en détruisant les listes des juifs exterminés, en tuant la plupart des témoins oculaires des meurtres de masse et en détruisant les fours crématoires, preuves incontestables du massacre. Des entrepôts qui ont échappé à la destruction abritent encore, à l’arrivée des soviétiques, des centaines de milliers de vêtements, mais aussi des montagnes de cheveux.

De leur côté, les armées américaines et britanniques libèrent également des camps. Le camp de Buchenwald est libéré le 11 avril 1945, quelques jours après avoir été évacué par les Allemands. Elles poursuivront la libération des autres camps. Des milliers de détenus accueillent avec soulagement les libérateurs. Malheureusement, beaucoup d'entre eux mourront dans les semaines suivant leur libération. Les armées des Alliés découvrent avec horreur les amoncellements de cadavres décharnés abandonnés par leurs bourreaux avant leur fuite.
Les armées ne perçoivent pas encore toute l’horreur des camps et de l’extermination nazie.

[5] L'arme absolue.
Dans le Pacifique, la guerre continue. Le 23 février 1945, les Marines plantent leur drapeau sur le mont Suribashi, le volcan qui domine l’île d’Iwo Jima. La bataille a coûté la vie à 7 000 Américains et 20 000 Japonais. Le 9 mars 1945, Tokyo est bombardé. «Mieux» que le phosphore de Dresde, on vient d’inventer le Napalm, une essence gélifiée incendiaire: 1 700 tonnes sont larguées. Ce raid sur Tokyo fera 100 000 morts et 5 millions de sans-abris. Mais les militaires au pouvoir dans l’Empire du soleil levant veulent continuer la guerre jusqu’au bout. Le code de l’honneur leur impose de se battre à mort et ils se préparent au débarquement des forces américaines.

Les États-Unis choisissent alors d’éviter ce débarquement, qui s’annonce sanglant, en déclenchant l’enfer atomique. Les deux premières bombes nucléaires de l’histoire font, en une seconde, plus de cent mille victimes et permettent enfin à l’Empereur Hiro-Hito de demander la paix, sans perdre la face.Il a fallu la bombe atomique pour que les soldats et les officiers japonais acceptent de faire ce geste si contraire au Bushido, le code de l’honneur. Mais au moins 10 000 d’entre eux s’y refuseront et s’enfuiront dans la jungle. Le dernier sera fait prisonnier en 1975...

Le 2 septembre 1945, dans la baie de Tokyo, à bord du cuirassé américain Missouri, l’émotion étreint les représentants des nations alliées, Chinois, Anglais, Russes ou Français. Ils ont le privilège d’assister à la reddition japonaise, signée par le ministre japonais des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu et par le général Mac Arthur qui représente les vainqueurs.

C’est la fin de la seconde guerre mondiale.

Le feu de l'Enfer est éteint... mais les braises prendront du temps, beaucoup de temps, à refroidir...

Le bilan est lourd
Conflit le plus sanglant de l’histoire de l’humanité, le Seconde Guerre mondiale a causé plus de 50 millions de morts, quatre fois plus que la précédente. Pour la première fois dans l‘histoire, le nombre de victimes civiles est de loin supérieur à celui des militaires. Les populations civiles sont prises aux pièges sur le front comme à l’arrière. La mort frappe les combattants mais aussi les habitants des villes et des campagnes. Bombardements, rafles pour des paroles imprudentes, des opinions politiques ou religieuses et aussi par hasard.

Aux 50 millions de morts, pour les trois quarts habitants de l’Europe, il faut ajouter les 6 millions de morts dans les camps. Le bilan humain de la guerre est lourd.
70 millions de soldats ont été mobilisés dont 17 millions sont morts, soit:
1 Russe sur 22 / 1 Allemand sur 25 / 1 Japonais sur 46
1 Anglais sur 150 / 1 Italien sur 150 / 1 Français sur 200 / 1 Américain sur 500

Malgré la joie de la victoire, la peine est tout aussi grande.

Le Pont, Die Brücke, de Bernhard Vicky, d'après le roman de Manfred Gregor
(un film en noir et blanc, sorti en salle en 1959).
Alors que l'armée allemande est en déroute, en 1945, sept adolescents, gonflés de patriotisme et d'héroïsme, entrent dans l'armée. On voit, tout de suite le non-sens… Tout de même, le colonel, voulant les sauver, leur confie la défense d'un pont sans importance stratégique. Mais, celui-ci est tué. Laissés à eux-mêmes, les adolescents-soldats vont suivre les ordres à la lettre et défendre le pont face aux Américains. Ils y laisseront leur vie… Ce film démontre l'absurdité de la guerre,l'implacable logique meurtrière et le fanatisme d’adolescents éduqués pour mourir au champ d’horreur.

Dans une petite ville, le leader du parti nazi avant d’assurer sa propre retraite, envoie les derniers écoliers défendre un pont sans intérêt. Enchantées, les jeunes recrues du Reich vont pouvoir se battre pour leur Führer et goûter de l’héroïsme. Comme tous les héros ils mourront misérablement. Un film qui dépasse le cadre de la critique du nazisme pour démontrer les engrenages irrémédiables, vicieux et viciés de la guerre.

Bonne journée! À demain!

lundi 23 novembre 2009

Le SS qui hurlait contre le génocide - Alain Decaux / Apocalypse - Épisode 4 - tv5

«Le SS qui hurlait contre le génocide». Un récit, documenté et poignant, de Alain Decaux, C'était le XXe siècle, tome 3. La guerre absolue. Un récit qui raconte une histoire à vous souffler, qui dépeint une «âme grise» se rapprochant, dans l'essentiel, du livre «Les âmes grises» de Philippe Claudel. Les extraits que je vous donne à lire aideront à approfondir un aspect traité dans l'émission «Apocalypse, la 2e guerre mondiale» Épisode 4: L'embrasement (1941-1942), sur Tv5, diffusée ce lundi, 20h00 et rediffusée demain à 13h00.

«Le SS qui hurlait contre le génocide».
Alain Decaux raconte.
«Devant le prêtre qui le dévisage avec une méfiance grandissante. L'homme se tient debout. Il est grand -1,86m- athlétique, châtain-blond. L'image même de l'aryen si fort en honneur au temps où, de Brest au Caucase, du cap Nord à la Sicile, les armées de Hitler occupent l'Europe.
Or les paroles qui jaillissent de la bouche du visiteur sont inouïes. Là au siège berlinois de la délégation du Vatican, son débit s'accélère: il faut, absolument, que le nonce l'entende. Ce qu'il a vu, ce qu'il sait, le monde entier doit le découvrir.
Ces juifs que l'on arrête, que l'on envoie vers l'est, ce n'est pas, comme le gouvernement allemand l'affirme, comme les populations naïves le croient, pour s'y voir enfermés dans des camps de travail. C'est pour être exterminés. Hors de lui, proche des larmes, il crie ce qu'il a vu -de ses yeux- les installations qui permettent d'exécuter, chaque jour, des milliers de juifs. Il a vu mourir des hommes , des femmes des enfants. Oui, des enfants. Des bébés dans les bras de leur mère. Il a vu!

Les mains de l'homme tremblent. Dans son regard se lit une horreur indicible. Il répète que cette abomination doit être connue de tous et qu'il lui faut donc rencontrer le nonce. Le pape, seul, pourra faire cesser cette atteinte sans exemple aux lois divines et humaines. Le pape!
Ce n'est plus de la défiance qui se lit sur le visage de l'ecclésiastique mais de la réprobation. Il coupe court.
_ Êtes-vous soldat?
Interloqué, l'homme répond positivement. Dans cas, dit le prêtre, tout entretien devient impossible. Bien plus: il faut que le visiteur quitte sur-le-champ la légation de Sa Sainteté. C'est un homme accablé qui prend congé.
Le premier témoin qui se soit proposé d'apporter la preuve que la solution finale de la «question juive» avait été mise en oeuvre se nomme Kurt Gerstein. Officier dans la SS, il a prêté serment à Hitler et sa devise est celle de tous les SS: Mon honneur s'appelle fidélité.»

«Ceux qui croient à la prédestination se demanderont peut-être si, dans son paradoxe, l'histoire de Kurt Gerstein ne renferme quelque logique. Certains y découvrirons la trace de la folle incohérence de notre siècle. D'autres, persuadés que chaque homme est unique, se borderont à se demander pourquoi ce SS en est venu là.»

En bref. Les Gerstein sont membres de l'Église évangélique. L'attirance de Kurt «vers l'Église se confirme au cours de ses premières années d'école. Quasiment, toutes les Églises protestants accueille favorablement l'avènement du national-socialisme. Elles déchanteront...
«Le programme de Hitler s'enveloppe d'une brume volontaire qui génère des analyses contradictoires.» Kurt Gerstein suit le mouvement. En 1933, il s'engage dans le parti, et même dans les S.A. Mais, il n'abandonne pas son militantisme chrétien. Audacieux, il invitera même la Jeunesse hitlérienne à revenir au sein des organisations chrétiennes. Plus tard, il publiera, à ses frais, des brochures religieuses, et donnera des conférences; il se garde de parler d'autre chose que la religion.

Arrêté, en 1938, pour une peccadille (une plaisanterie)-«mais existe-t-il des peccadilles sous le joug de Hitler?»- il est emprisonné. À sa femme, fille de pasteur, il déclare être «à bout de forces»; le médecin constate qu'il est atteint d'une affection cardiaque. Libéré par la Gestapo, son Église, elle-même persécutée, ne peut pas l'aider. En 1938, l'Allemagne délire, le Führer triomphe sur tous les fronts.
Le père de Kurt Gerstein écrit même: «Quelle grande époque nous vivons!... Notre grand et bien-aimé Führer...» Il déchantera.. . En 1941, sa belle-fille internée dans un hôpital psychiatrique décéda inopinément. Kurt Gerstein assiste à l'inhumation avec sa famille consternée. Son frère, Karl dira: Si étonnés que nous fussions, nous ne soupçonnions rien. Ce fut mon frère Kurt qui, sur le chemin du retour, après l'enterrement, nous éclaira ma femme et moi. "Ils les tuent de sang-froid!»» Du même souffle, Kurt ajoute: «Je vais m'engager dans les Waffen-SS.» On comprend la stupeur du couple. «Je pourrai ainsi voir ce qu'il y a de vrai dans ces diverses rumeurs et ce qui se passe dans les SS.»

De l'extérieur, Kurt Gerstein est un excellent SS. Discipliné et autoritaire, on l'affecte «au service d'hygiène de la Waffen-SS, 1941. Il y est chargé de l'installation d'eau potable ainsi que de "la désinfection des camps militaires et de concentration.» Mais, ses amis le voient se modifier: «Ce garçon si franc, ouvert, amateur de plaisanteries, est devenu sombre et taciturne.»
En janvier 1942, «son ami Helmut Franz blessé le voit entrer dans dans chambre d'hôpital... "À mon grand étonnement, il apparut un jour devant mon lit, comme un fantôme en uniforme SS."»
«En juin 1942, le même Kurt Gerstein va rencontrer l'Histoire.» Dans les camps de concentration«L'horreur. L'absolu de l'horreur.». Je saute ce passage.
L'épisode 4 de «Apocalypse, la 2e guerre mondiale» devrait parler de cette horreur sans pareille. Néanmoins, je vous assure que lire «l'horreur dans le texte» est une dure épreuve.

«Si l'on se souvient que, de 1942-1944, sa santé -physique autant que morale- n'a cessé de se dégrader, on comprend mieux pourquoi, lors de l'effondrement du IIIe Reich, il s'est porté au-devant des troupes françaises et s'est volontairement livré à elles. On juge de la stupeur des militaires à qui il a révélé une horreur d'autant plus terrifiante qu'ils n'en soupçonnaient même pas l'existence. On n'a pas voulu croire ce personnage étrange dans son allure et plus encore dans ses propos. Il a proposé de mettre par écrit ce qu'il a vu. On accepte: il témoigne.

Il fera le récit de ce qu'il a vu à plusieurs personnes de confiance, afin de faire connaître les faits de bouche à oreille. Il faut que la vérité se répande partout et qu'elle soulève l'indignation du monde. «On sait comment s'est terminé sa démarche à la nonciature. Il s'entête.». Il rend visite à l'ambassade Suisse, à Berlin. Il avertit l'un de ses amis hollandais, celui-ci s'en réfère à Londres. Il fait des mains et des pieds pour se faire entendre, pour que l'on sache.
Il sait ce qu'il risque, il porte constamment sur lui un revolver et une capsule de cyanure. Il a les cheveux blancs. Son père Ludwig Gerstein lui dit, voulant le rassurer: «Tu es soldat et tu dois obéir aux ordres de tes supérieurs. C'est celui qui donne des ordres qui en porte la responsabilité...»

À la fin mars 1945, il quitte Berlin pour rejoindre Tübingen pour rejoindre sa femme et ses trois enfants. Avant même que la guerre soit achevée en Europe, il décide de se rendre chez les Alliés pour livrer son témoignage. Son ami Helmut Franz le met en garde: «Comment t'y prendras-tu pour expliquer aux troupes alliés que tu n'es pas un véritable offcier SS et que tu as commis des actes de résistance?» Selon Franz, il a prit congé de sa femme «plein d'espoir».

En 1945, des Américains et des Britanniques circulent dans la zone française. Kurt Gerstein donne une copie, écrite en français, de son rapport à un officier américain, et une autre à un officier britannique. «On lui pose une question redoutable: «Étiez-vous au courant de l'utilisation des chambres à gaz pour l'assassinat de détenus?» En répondant, il se perd: "En qualité d'ingénieur, j'ai eu souvent à donner des conseils au sujet du fonctionnement de ces installations..."»

«Le 26 mai 1945, Kurt adresse une lettre à sa femme. La dernière. Il est arrêté le même jour par les Français... Le 10 juillet, il est inculpé "d'assassinats et de complicité d'assassinats." ... Le 25 juillet, le gardien qui, à 14 heures, ouvre la porte de la cellule de Gerstein, le trouve pendu... Dans son rapport du 1er août, le docteur Piedelièvre, célèbre médecin légiste. confirme "qu'il s'agit d'un pendu banal"...» Inhumé, le 3 août dans la fosse commune du cimetière de Thiais... il ne demeure aucune trace de la sépulture de Kurt Gerstein "espion de Dieu"»

Dans une note en bas de page, Alain Decaux écrit: «Impossible, cependant de passer sous silence la lettre que j'ai reçue d'un ex-policier (M. Caillevet, le 30 mars 1983): «... nous avons entendu dire qu'un capitaine SS avait été battu à mort par les FFI», gardiens de la prison militaire où était détendu Kurt Gerstein.

Des âmes grises... dans le livre de Philippe Claudel, «Les âmes grises». Dans les livres de Michel Quint «Effroyables Jardins», et «Max». Dans le livre de Irène Némirouski, «Suite française».
Des âmes ni tout à fait noires, ni tout à fait blanches. Grises...


«Apocalypse, la 2e guerre mondiale» Épisode 4: L'embrasement (1941-1942)

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Source: Alain Decaux, C'était le XXe siècle, tome 3. La guerre absolue. «Le SS qui hurlait contre le génocide», p. 133 à p. 177.

mardi 17 novembre 2009

Suite française - Max- Effroyables Jardins / Apocalypse - Épisode 3 -Tv5

«Suite française», de Irène Némirouski. Max et Effroyables Jardins, de Michel Quint. Voilà 3 romans pour comprendre l'Exode et L'Occupation. Des lectures en complément de «Apocalypse, la 2e Guerre mondiale», Épisode 3, Le choc 1940-1941, diffusé lundi 16 novembre à 20h00; en rediffusion mardi 17 novembre 2009 à 13h00, sur Tv5. Mais, d'abord, repassons les événements clefs de 1940.

[] Le 6 juin 1940. Effrondrement de la ligne de défense française (ligne Weygand), établie sur la Somme et sur l'Aisne. La défaite est inévitable. Deux jours plus tard, le Front est disloqué. Dès le 9, Rouen est occupée.

[] C'est l'exode. Devant l'avance des Allemands, la population civile de Paris fuit vers les campagnes, en hâte, dans un désordre indescriptible, créant des embouteillages monstres. Sur les routes, de nuit comme de jour, la population est la cible des bombes et de la mitraille. Georges Duhamel écrira cette triste phrase:
«Ceux que la mitraille et les bombes ont arrêtés dans l'exode»**

[] Le 13 juin 1940. Paris, abandonnée par ses habitants, est déclarée ville ouverte. Tout combat est interdit. La folle rumeur se met en marche et sème l'inquiétude, l'anxiété... Qui croire, quoi croire, comment démêler le vrai du faux? La méfiance s'installe, La suspicion s'installe, prend racines: elle fera des ravages... avant l'Occupation, pendant l'Occupation, après l'Occupation. La marche infernale, sournoise, souterraine, était en marche.

[] Le 14 juin 1940. Les Allemands entrent dans Paris. C'est un choc!
La croix gammée, symbole du nazisme flotte sur Paris
Le premier acte de l'Occupation, c'est la ruée vers les archives dans les ministères abandonnés.
La liste des espions, de juifs, des francs-maçons.
Et même l'original du Traité de Versailles de 1919 qui a humilié les Allemands.
Il est aussitôt envoyé à Hitler.

[] Le 22 juin 1940. L'Armistice franco-Allemand est signé dans le «Wagon de L'Armistice», dont je vous ai parlé dans mon billet du 11 novembre 2009, intitulé «11 novembre. Jour du souvenir- Armistice - Bleuet de France- Coquelicot»

[] Le 11 juillet 1940. Le Maréchal Philippe Pétain (qui avait joué du coude) est investi des pleins pouvoirs par l'assemblée nationale gouverne la France. Il installe son gouvernement à Vichy, officiellement souverain sur la totalité du territoire français.
La France est divisée, en gros, en 2 zones. La zone occupée, le nord et la côté atlantique. La zone d'occupation allemande est sous le Commandement militaire allemande siègeant à Paris. La Zone libre (non occupée), au sud de la Loire où seules les lois du gouvernement de Vichy sont appliqués. Entre ces 2 zones, une ligne de démarcation.

«Des lois de Vichy: 17 juillet 40, concernant l'accès aux emplois dans les administrations publiques, du 14 octobre 40 relatives aux ressortissants étrangers de race juive, du 13, la veille, portant sur le statut des juifs, du 23 juillet 40, relatives à la déchéance de la nationalité à l'égard des Français qui ont quitté la France, tous ces actes où Pétain commence par «Nous, Maréchal de France…», et cette autre loi qui me touche, du 6 juin 42, interdisant aux Juifs d'exercer la profession de comédien…»
Effroyables Jardins, Michel Quint

[] Le 11 novembre 1942. En représailles du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, les Allemands franchissent la ligne de démarcation, envahissent la Zone libre.

Des romans pour comprendre
Je vous propose 3 romans qui nous amènent à (mieux) comprendre -de l'intérieur- deux évènements majeurs: l'exode des Français, et l'Occupation allemande.


L'Exode.
«Suite française», de Irène Némirouski - Prix Renaudot 2004
Pour « assister» à cette fuite éperdue des Parisiens comme si vous y étiez sur place, je vous conseille fortement ce livre, publié chez Denoël 2004. Irène Némirouski nous fait littéralement vivre, «en direct» l'Exode de 1940. La première partie «Tempête en juin», ele dépeint l'exode à travers le portrait de familles, de couple, de célibataire de toutes classes sociales. Dans la deuxième partie «Dolce», on assite à l'Occupation du village de Bussy où les Allemands et les Français sont forcés à se côtoyer. La ruse des paysans fait plaisir à voir...
Pour ma part, j'ai écouté... le roman lu par Valérie Charpinet, éditions Livrior (14 Cds). ***
Roman d'un réalisme bouleversant.


L'Occupation allemande abordée de deux points de vue par Michel Quint.
Un Résistant, Jean Moulin, un personnage qui appartient à la grande Histoire, que Michel Quint fait revivre «en chair et en os»
Un Résistant «ordinaire», le père de Michel Quint, un Résistant dans l'ombre, comme tant d'autres dont les actions héroïques ont contribué à sauver la France. Ce sont les deux côtés de la même médaille!

Max, Michel Quint, Éditions Perrin (collection Singulier), 243 pages.

‹‹Qu'on me pardonne de faire de Jean Moulin un héros de roman››, écrit l'auteur dans l'Avertissement qu'il faut lire attentivement.

Le destin de Jean Moulin (1899-1943), l'homme de chair et d'os, le préfet, est intimement lié au Mouvement de la Résistance et aux années douloureuses, et longues, de l'Occupation allemande. Jean Moulin, un fils et un frère aimant, un homme qui aime les femmes avec une tendresse touchante. Ce roman est basé sur des faits historiques avérés, des personnes ayant réellement existé, des personnages prenant vie sur ces derniers et des personnages inventés de toutes pièces : voilà le filigrane de ce roman puissant. D'où les précautions de l'auteur et l'utilisation de pseudonymes et de sigles désignant des groupes ou des organisations.

On entre dans ce roman avec respect; on le lit, accroché au suspense; on est soufflé par la fin; on en sort le cœur gros de compassion, des larmes chaudes coulant sur les joues. On se surprend à garder le livre dans ses mains comme si on voulait, au-delà de l'espace et du temps, serrer contre soi ces êtres souffrants pour les consoler. L'instant d'après, on réalise que ce sont les personnages d'un roman. Un roman remarquable! Vous y rencontrerez l'humanité nue: l'homme dans ce qu'il a de plus abject et de plus sublime. Une écriture éblouissante! Monologues et dialogues (à l'intérieur de ceux-ci) sonnent vrai, les sentiments sont rendus avec sobriété. Un texte dont la beauté et la luminosité contrebalancent l'atmosphère lourde qui pèse sur la vie incertaine de chacun. Cependant, il est possible que votre lecture du roman soit, parfois, entravée par les sigles –trop nombreux- parsemant le texte. Je vous le dis, passez outre: c'est une rançon bien faible en regard de la qualité de ce roman exceptionnel.


Effroyables Jardins, Michel Quint, Éditions Gallimard (collection Folio), 2004, 63 pages

«De fait, je le sais aujourd'hui, il méritait la distinction, la légion d'honneur de la reconnaissance, et ceux qui croisaient au trottoir son regard doux auraient dû se découvrir. Parce que lui, il a passé sa vie à rendre hommage, à payer sa dette d'humanité, le plus dignement qu'il croyait.» écrit l'auteur en parlant de son père, à la page 18.

Une fois ses parents en allés, le narrateur-auteur ressasse ses souvenirs et raconte son histoire. Tout jeune enfant, il détestait déjà les augustes, qui le remplissaient de tristesse, sans qu'il ne sache pourquoi. Alors, imaginez quand il verra son père, instituteur, se déguiser en clown… et donner des spectacles. Un mauvais clown, ridicule, qui ne rate pas une occasion. Comme si ce n'était pas assez, toute la famille assiste à ses prestations, et s'y rend dans une vieille bagnole jaune canari! Comme si ce n'était pas encore assez, tous les congés y passent. Il aurait voulu se voir ailleurs: on le comprend! Aussi, l'enfant a honte de son père et de sa famille ainsi que de l'oncle Gas
ton et sa Nicole, de drôles de pistolets! Une famille pas comme les autres! Mais, sa honte se changera en admiration affectueuse lorsque Gaston lui dévoilera le secret familial. À vous de le découvrir… et d'entrer dans ces effroyables jardins!

Ce récit, aussi percutant que bref, se lit d'une seule venue. Il semble, d'ailleurs, avoir été écrit d'un seul souffle. On a l'impression d'être en présence même du narrateur-auteur qui nous fait des confidences à demi-voix. Il nous raconte son enfance teintée de tristesse –à cause des augustes et de son père-clown– ainsi que des anecdotes familiales, parfois loufoques. Des vies, des «petites vies», qui sont, pourtant, en résonance avec des faits d'armes de résistants anonymes (contrairement à Max) qui, multipliés, ont contribué à la libération de la France sous l'occupation. Un récit, simple et sincère, émouvant –sans être larmoyant. Des dialogues d'une justesse sans faille. Une écriture limpide, imagée.

En somme, un roman qui saura vous émouvoir, vous faire (mieux) connaître ce que l'Histoire doit à la petite histoire de gens «ordinaires». Un roman qui vous restera en mémoire. Et le tout livré dans une soixantaine de pages.

Bonne journée!
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* Ne manquez pas de visiter le site de la série sur Tv5. Cliquez ici.
** Georges Duhamel cité dans «Le Petit Robert» électronique.
*** Pour écouter des extraits en Podcats, cliquez ici.

mercredi 2 septembre 2009

Michel Quint - Effroyables Jardins / Max

«Il y a 70 ans, la Seconde Guerre mondiale.» Tel est le titre de l'article publié dans Le Devoir d'hier, et signé par Pierre Verluise, Chercheur à l'IRIS, à Paris. En effet, la Seconde Guerre mondiale débute le 1er septembre 1939. L'Allemagne attaque la Pologne; la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. C'est le début de l'horreur, qui ne se terminera qu'en 1945.

Dans cette même édition du journal «Le Devoir», Marc Champagne, Retraité de l'Université Laval, écrit:« Aujourd'hui marque un anniversaire qui renvoie à une guerre unique dans l'histoire, et que l'humanité tout entière ne doit jamais oublier. Unique à la fois par le nombre effarant de victimes qu'elles ont faites et par la nature des atrocités commises par chacun des deux camps les plus connus.» Il termine son article par un cri du coeur: « (...) nous ne pouvons que répéter ces paroles devenues célèbres: jamais, plus jamais ça!»

Trois romans m'ont davantage fait connaître le côté humain (inhumain, devrais-je dire) de la Deuxième Guerre mondiale que bien des livres savants (indispensables, toutefois, pour en saisir toutes les facettes): «Suite française» de Irène Némirovsky (écouté sur cédés); «Effroyables Jardins» et «Max», de Michel Quint. Sur mes 2 blogues, Littéranaute et Livranaute (surtout, les mois de février et mars), j'ai parlé des livres de Michel Quint dans mes billets. Si vous n'avez pas lu ses romans, je vous invite chaleureusement à le faire. Vous ne le regretterez pas une seconde, je vous l'assure.

«Max» porte sur un personnage historique connu, Jean Moulin; «Effroyables Jardins» sur deux membres de la famille de Michel Quint, son père et son oncle. Deux facettes de cette période sombre de l'occupation allemande en France, éclairée par l'amitié, l'affection, l'amour, toujours l'amour...

Une invitation à lire sur Livranaute. (Note importante*)
Max. Ma critique du 13 février 2009, intitulé «L'humanité nue»: « (...) On entre dans ce roman avec respect; on le lit, accroché au suspense; on est soufflé par la fin; on en sort le coeur gros de compassion, des larmes chaudes coulant sur les joues. On se surprend à garder le livre dans ses mains comme si on voulait, au-delà de l'espace et du temps, serrer contre soi ces êtres souffrants pour les consoler. L'instant d'après, on réalise que ce sont des personnages d'un roman.»

Un extrait de Max. Lire mon billet du 18 février ayant pour titre «Ainsi commence Max, par la voix d'Agathe».

Effroyables Jardins. J'ai écrit le 9 mars 2009: «Ce récit, aussi percutant que bref, (63 pages) se lit d'une seule venue. Il semble, d'ailleurs, voir été écrit d'un seul souffle. On a l'impression d'être en présence même du narrateur-auteur qui nous fait des confidences à demi-voix. (...) Un récit, simple et sincère, émouvant - sans être larmoyant. Des dialogues d'une justesse sans faille. Une écriture limpide, imagée. (...) Un roman qui saura vous émouvoir, vous faire (mieux) connaître ce que l'Histoire doit à la petite histoire de gens «ordinaires».

Un extrait de Effroyables Jardins. Voir mon billet du 13 mars 2009 intitulé: «Voici le début d'Effroyables Jardins».
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* Par inexpérience, j'ai mal fait les liens vers mes billets. Je vous prie de m'excuser. Heureusement... en vous référant aux libellés, vous pourrez retrouver facilement ces titres. Merci de votre compréhension et de votre indulgence.


mercredi 25 mars 2009

Vous aimez la grenade et la grenadine?

Comme elle est belle, la grenade mûre avec sa peau rose sombre et sa pulpe garnie d'une multitude de graines rouges. Comme elle est rafraîchissante. On mange sa pulpe telle quelle ou dans une salade de fruits; on boit son jus, on en fait un coulis ou un sirop, de la grenadine. Aimez-vous ce fruit, ce coulis, cette grenadine?

Attention, la grenade peut être meurtrière! Frissonnons en lisant le titre du livre de Dany Laferrière, édition parue chez VLB éditeur, en 2002, avec une magnifique maquette. Titre inspiré par le poème d'Apollinaire? Peut-être bien...

Pour sa part, Michel Quint a puisé le titre de son livre Effroyables Jardins dans le poème, d'Apollinaire, beau comme la mort et triste comme la vie, Les Grenadines repentantes. Poème que vous pouvez lire sur Livranaute, billet du 23 mars 2009.

jeudi 19 mars 2009

Les ponts sont mortels (1)

Pour avoir lu sur la guerre ou avoir vu des films de guerre, on connaît l'importance stratégique des chemins de fer et des ponts. Que sautent les rails, que déraillent les trains! Que sautent les ponts, que sautent les viaducs! Et que ça saute! Et les soldats… volontaires ou enrôlés de force? Et la population civile? Never mind! comme dirait le Survenant de Germaine Guèvremont. Des deux côtés des belligérants, c'est à qui aura la peau de l'autre pour sauver la sienne. Voilà la réflexion ce qui m'est venue à l'esprit, à la suite de mon billet publié sur Livranaute (le 18 mars 2009) : «Le pont, une invention romanesque?». Le film Le Pont de Bernhard Vicky, mentionné dans Effroyables Jardins de Michel Quint, n'est pas une fiction: il existe, je l'ai vu. Il est en résonnance avec le récit. Voici, pour l'essentiel, trois films de guerre importants, reconnus comme tel, sur le thème en titre.
Le Pont, Die Brücke, de Bernhard Vicky, d'après le roman de Manfred Gregor, en noir et blanc, sorti en salle en 1959. Alors que l'armée allemande est en déroute, en 1945, sept adolescents, gonflés de patriotisme et d'héroïsme, entrent dans l'armée. On voit, tout de suite le non-sens… Tout de même, le colonel, voulant les sauver, leur confie la défense d'un pont sans importance stratégique. Mais, celui-ci est tué. Laissés à eux-mêmes, les adolescents-soldats vont suivre les ordres à la lettre et défendre le pont face aux Américains. Ils y laisseront leur vie… Ce film démontre l'absurdité de la guerre et l'implacable logique meurtrière dont les soldats-enfants sont victimes.
En voir des extraits vidéo sur: http://www.youtube.com/watch?v=dztzypW9lSs
Le Pont de la rivière Kwai, The Bridge on the River Kwai, de David Lean, d'après le roman Pierre Boulle, en couleur, 1957. Durant la Seconde guerre mondiale, un détachement de l'armée britannique fait prisonnier par les Japonais est conduit, à marche forcée,au bord de la rivière Kwai, en Birmanie. Le colonel Saïto, chef du camp, veut les contraindre à construire un pont sur la rivière, sur lequel doit passer un train d'importance stratégique. Le colonel Nicholson refuse en invoquant la Convention de Genève (never mind! -en japonais). Pour le contraindre, Saïto fait subir aux prisonniers des sévices jusqu'à ce que le colonel Nicholson cède. Le colonel et ses soldats construisent le pont, tout en voulant démontrer la supériorité de l'armée britannique. Il faut les voir : torses bombés, sifflet au bec, en avant, marche! Mais pour Saïto, les Anglais sont méprisables: ils n'ont pas honte d'être battus, d'être soumis; lui, il se ferait hara-kiri. Entre temps, Shears, un prisonnier américain -un sauve-qui-peut-, réussit à s'échapper du camp. Il sera forcé d'y revenir (et de quelle façon!) pour guider le colonel Warren, dont le commando est chargé de dynamiter le pont. Au final, Shears, Saïto et Nicholson sont tués, celui-ci tombe sur le détonateur et déclenche l'explosion. Encore ici, dans ce film, fin tragique des héros-victimes, ironie du sort. Absurdité de la guerre. Pour voir des images et des extraits vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=x1dWdYk9nU0&NR=1;. Voir aussi: http://www.dailymotion.com/related/xa0rg/video/x2dlix_le-pont-de-la-riviere-kwai_shortfilms?hmz=74616272656c61746564

dimanche 15 mars 2009

Lire une page d’Effroyables jardins

Pour vous faire une idée du propos du livre et du style de l'auteur, Michel Quint, je vous donne en donne une page à lire. J'espère que ce bref extrait vous donnera l'heure juste car c'est un livre remarquable. Prêtez oreille à l'enfant devenu adulte : «Aussi loin que je puisse retourner aux époques où je passais encore debout sous les tables (…). Lire la suite sur: Livranaute :http://livranaute.blogspot.com/2009/04/voici-le-debut-deffroyables-jardins.html

mardi 10 mars 2009

Jardins de guerre, effroyables!

D'emblée, on associe le mot jardin à ce qui est beau, à ce qui est bon: fruits, fleurs… couleur, odeur, parfum… sensation de bien-être, de détente (même si on pioche)… jusqu'à la volupté, Mais, à quoi comparer la France dévastée par la guerre? Et ce n'est pas du cinéma… La lecture d'Effroyables jardins de Michel Quint le confirme, et en justifie le titre. Je vous rendez-vous sur Livranaute pour un billet. En voici un extrait :

Effroyables Jardins

En complément à la lecture de Max, je vous invite à lire Effroyables Jardins. Ce sont les deux côtés de la même médaille!
Effroyables Jardins
Michel Quint, Éditions Gallimard (collection Folio), 2004, 63 pages

«De fait, je le sais aujourd'hui, il méritait la distinction, la légion d'honneur de la reconnaissance, et ceux qui croisaient au trottoir son regard doux auraient dû se découvrir.Parce que lui, il a passé sa vie à rendre hommage, à payer sa dette d'humanité, le plus dignement qu'il croyait.» écrit l'auteur en parlant de son père, à la p 18.

Une fois ses parents en allés, le narrateur-auteur ressasse ses souvenirs et raconte son histoire.(...) Lire la suite sur Livranaute: http://livranaute.blogspot.com/2009/03/effroyables-jardins_09.html

mercredi 25 février 2009

Nano-bio de Michel Quint

Oyez! Oyez! Je viens de créer ce nouveau néologisme, nano-bio -j'admets, tout de go, qu'il est plus difficile d'en créer un qui soit ancien! Tout de même, quelle fierté! De plus, il est formé de deux mots tronqués et deux mots qui ont la cote!
Considérant que 2 + 2 font 4 comme 2x2 font 4, où le premier 2 représente les mots tronqués, et le deuxième 2 les mots cotés, je m'estime apte à résoudre la quadrature du cercle*. À moins que je me contente d'un gâteau quatre-quarts avec une coulée de caramel Geneviève Grandbois...

Plus sérieusement, je vous invite à lire une courte biographie de Michel Quint, laquelle est en résonance avec ses deux livres, Max et Effroyables jardins, sur mon site: http://livranaute.blogspot.com
http://www.chocolatsgg.com/prix.htlm
La photo vient de Gallimard: http://www.gallimard.fr
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*Ce texte vous laisse perplexe? Avec raison. Son caractère énigmatique disparaîtra bientôt, lorsque je vous parlerai du Blavier. À moins, bien sûr, que vous ne le connaissiez...

dimanche 15 février 2009

Max de Michel Quint

Sur mon site Livranaute, les mois de février et mars seront consacrés à deux livres de Michel Quint: Max et Jardins effroyables.
Ces deux romans ont pour toile de fond la Deuxième guerre mondiale. Le premier porte sur un personnage historique connu, Jean Moulin, et le deuxième sur deux membres de la famille de Michel Quint, son père et son oncle. Deux facettes de cette période sombre de l'occupation allemande en France, éclairée par l'amitié, l'affection, l'amour, toujours l'amour...
Aujourd'hui, je vous invite à lire ma critique (appelons un chat un chat) de Max, intitulée L'humanité nue.
http://livranaute.blogspot.com

mercredi 21 janvier 2009

Michel Quint en deux temps

La ligne de démarcation est Effroyables Jardins, paru chez Joëlle Losfeld, en 2000. Avant ce roman, Michel Quint était un auteur de polars et de pièces de théâtre, talentueux mais connu que par les seuls initiés. Puis, vint ce court (63 pages), et douloureux, récit que les libraires de France ont fait connaître. Le bouche à oreille a fait son œuvre… Depuis ce temps, Michel Quint est un romancier célèbre.

Et Max, me direz-vous? Ce roman est un double dialogue. Celui de Jean Moulin, ce héros de la Résistance française alias Jacques Martel, alias Max. Et celui d'une étudiante fictive, nommée Agathe. L'histoire, basée sur un rappel de faits authentiques, se situe à Lyon en janvier 1943, quelques mois avant l'arrestation de Jean Moulin. Michel Quint sait raconter des moments douloureux de l'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale à partir d'histoires de personnages attachants, sans juger. Il sait faire ressortir l'humanité ‹‹contre toute espérance››

Cela dit, je suis convaincue qu'il vaut la peine de lire Max, et je vous invite à le faire. Vous hésitez… je comprends –surtout si vous n'avez pas lu Effroyables Jardins. Donc, je le lis et j'en ferai un compte rendu.

Disponible chez Gallimard Montréal, et dans d'autres librairies, 31.95$. http://www.gallimardmontreal.com/books/view/199792

jeudi 15 janvier 2009

Ce soir, je vous invite au Café littéraire

Je vous invite à voir (ou à enregistrer) l'émission bimensuelle Café littéraire diffusée à tv5, les jeudis, à 23h30. Émission animée par Daniel Picouly, tout sourire.

‹Le principe, lit-on sur le site de l'émission, est de raconter, une heure et demie durant, une belle histoire autour d'un livre, de son actualité et de ses auteurs dans une ambiance à la fois chaleureuse, détendue et instructive.› Vous en jugerez par vous-même ! Mais à mon avis, la promesse est tenue avec brio.

Aujourd'hui, au sommaire de ce numéro [comme disent joliment les Français] consacré à Pascal Sevran:‹Philippe BESSON, « La trahison de Thomas Spencer » (Robert Laffont/Julliard), Renaud CAMUS « Le royaume de Sorbarde » (Fayard), Azouz BEGAG, « La fosse aux ours » (Fayard), parleront de Pascal Sevran. Avec une entrevue enregistrée de Laurent BALANDRAS, auteur de « Pascal Sevran, le maître chanteur : l'homme à qui la chanson ne doit rien » (Tournon). Michel QUINT, « Max » (Perrin) Nan AUROUSSEAU, « Le ciel sur la tête » (Stock); André BERCOFF, « Précis de décomposition française » (Albin Michel).›

Je ne saurais assez vous dire combien j'ai hâte d'entendre parler du dernier livre de Michel Quint. Si vous avez lu Effroyables jardins, je suis certaine que vous partagez mon impatience.

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