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lundi 7 septembre 2009

Mostra. The Road - Cormac Mc Carthy / John Hillcoat

Le film The Road. À la Mostra de Venise, le film The Road, du réalisateur John Hillcoat, d'après le roman éponyme de Cormac McCarthy, a fait l'objet d'une présentation très attendue. Virgo Mortensen et Mads Mikkelsen en sont les vedettes principales incarnant l'homme et l'enfant. Charlize Theron joue le rôle de la mère. Le film sera bientôt sur nos écrans sous peu...

Sur Livranaute, je présente le compte rendu du journal Le Monde, et celui de l'Agence France-Presse (AFP). Je passe ainsi en revue les divers aspects du film: les acteurs et l'actrice; les images, la musique, les flashbacks introduits dans le film, mais absents dans le roman. Enfin, vous lirez, avec intérêt, la conclusion de l'un et de l'autre envoyé spécial.

Comme il se doit, j'ajoute mon grain de sel ici et là, et je vide ma salière dans ma conclusion. Une photo tirée du film et une vidéo de la bande-annonce viennent compléter le billet.

Je vous invite, chaleureusement, amis lecteurs et lectrices, à vous rendre sur mon autre blogue Livranaute. [oui, la page existe]

Place au cinéma... cinéma!
En avant-première sur Livranaute The Road de John Hillcoat, d'après le roman de Cormac McCarthy

À bientôt, sur Littéranaute, pour un prochain billet!

dimanche 6 septembre 2009

Rentrez, littéraires! - Jérôme Garcin

Dans une vidéo, sur BibliObs, Jérôme Garcin* porte son choix, pour la rentrée littéraire, sur 4 livres parmi les 20 qu'il a lus. Je rapporte ici l'essentiel de ses propos. Ce sont: «Personne», «Mon enfant de Berlin», «BW», «Des hommes». Deux de ces livres m'attirent particulièrement, je vous dirai brièvement pourquoi.

Préambule. Pourquoi il a aimé ces livres
Ces romans sont à proprement des récits, au sens propre; ce ne sont pas des œuvres d'imagination. Ce sont des œuvres intimes où les femmes prennent en compte, et presque sur leurs épaules, la mémoire des leurs, de ceux qui leur sont chers, de ceux qui ont disparu.

«Personne», de Qwenaëlle Aubry
«Personne» est son père, sa fille rend son identité à ce père qu'elle a tant aimé.

Son propre texte se nourrit du texte de son père, un grand professeur de droit qui est devenu fou, un maniaco-dépressif, interné. Il allait balayer les marches du Palais de Justice où il avait été stagiaire; il se prenait pour James Bond, etc.
Il a laissé des notes qu'il avait consignées dans un texte «Le mouton noir mélancolique ». Elle a restitué son texte, lui a redonné la parole. C'est ainsi que sa fille transforme «personne», son père, en quelqu'un. C'est bouleversant.

«Mon enfant de Berlin», de Anne Wiazemsky
Ce livre est consacré à sa mère, Claire Mauriac, qui épouse, à Berlin, le prince russe Yvan Wiazemsky. De leur union naîtra, à Berlin, une petite fille, «un enfant de Berlin», et cette petite, c'est Anne.

Étrangement, dit Jérôme Garcin, on retrouve dans ce livre la même méthode que dans le livre précédent. En 1945, sa mère, ambulancière dans la Croix-Rouge, était partie pour Berlin en ruines. On peut imaginer l'Allemagne après la défaite: c'était un champ de ruines avec en dessous, les Allemands qui crient famine. Au-dessus, les Alliés qui se partagent les décombres. Anne a retrouvé les notes, le journal, les lettres de sa mère. Tout ça remonte en 1947, à la naissance de Anna Wiazemsky née de la rencontre amoureuse de Claire Mauriac et d'un prince russe qui travaillait aussi pour les personnes déplacées à Berlin.

«BW», de Lydie Salvayre
BW, ce sont les initiales de Bernard Wallet, compagnon de Lydie Savayre qui a recueilli les propos dans une circonstance particulière.

Un troisième témoignage, dit Jerôme Garcin, qui va dans le sens que je dis, c'est-à-dire ces livres qui me frappent par la manière dont, je crois, seules les femmes ont cette façon de s'effacer pour faire parler les autres. Aujourd'hui âgé de 63 ans, BW, éditeur chez Verticales, à la retraite, a failli perdre la vue. C'est comme ça que dans la nuit obscure de la cécité, de la douleur, de la souffrance que sa compagne a commencé à recueillir ses propos. C'est l'histoire d'un éditeur dont on ignorait, avant ce livre, qu'il avait été un bourlingueur incroyable, il avait été, par exemple, au Liban en guerre. Il avait été champion du 4 fois 200 mètres, etc.

«Des hommes», de Laurent Mauvignier
Ce livre est un (vrai) roman qui a pour toile de fond la guerre d'Algérie, et qui dit la souffrance de ces jeunes hommes qui en sont revenus.

C'est un très grand livre, dit Jérôme Garcin. C'est un auteur que je suis depuis ses débuts et qui me passionne. Il a la faculté de faire entendre la voix de ceux qui ont du mal à parler. Il a une écriture unique aujourd'hui dans la littérature contemporaine, entre l'écrit et le parler. Ce romancier, pour moi, tient à la fois de l'accoucheur, du psychanalyste, du témoin, du «recueilleur» de paroles.
Il fait entendre la parole de ces garçons, dans la fleur de l'âge, qui sont partis au début des années '60 pour la guerre d'Algérie. et qui sont revenus traumatisés. Il a pris un petit village de France, dans la France paysanne, pour montrer les séquelles incroyables de ceux qui en sont revenus. Tout ça est raconté et décrit d'une manière époustouflante, avec au centre la guerre d'Algérie. Il ne l'a pas connue, il est né en '67, sauf au travers la propre aventure de son père, mais ça il ne le dit pas dans le livre, bien sûr.
Et c'est pour ça que je l'ajoute à ces trois femmes, car d'une certaine manière il traite de la mémoire de son père. Sauf que, lui, il la traite par une fiction pure, une fiction totale et un très grand roman.

La conclusion de Jérôme Garcin
Ce sont des livres qui m'ont profondément marqué, qui ne sont pas les plus gais, mais qui sont, chacun à sa manière, une façon de montrer le pouvoir de la littérature -lorsqu'elle est réussie- c'est-à-dire, de vraiment faire parler les sans-voix, de faire revenir le passé, et de libérer ou d'ausculter des traumatismes profonds.

Les deux livres qui m'attirent?
«Des hommes», de Laurent Mauvignier. Je suis certaine que j'aimerai son roman. Je ne l'ai jamais lu cet auteur. J'ai hâte de faire sa connaissance. Je vous en reparlerai...
«Mon enfant de Berlin», de Anne Wiazemsky. Je vais poursuivre mon «enquête», pour être bien certaine de mon choix.

Hélas, on ne peut pas tout lire, il faut choisir. Quant à moi, j'ai du pain sur la planche... Il faut que je m'assure qu'il reste de la place.

Je vous suggère de voir la vidéo de Jérôme Garcin, sur ObsVideo.com: Rentrée littéraire: les coups de cœur de Jérôme Garcin.
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Psitt! J'adore ce titre sous forme d'apostrophe aux écrivains. J'ai, d'ailleurs, utilisé de pareilles apostrophes dans «Apostille au nom de la rose» de Unberto Eco
*Jérôme Garcin est directeur délégué de la rédaction du «Nouvel Observateur», et plus particulièrement, de ses pages culturelles.

samedi 5 septembre 2009

Les Très Riches Heures du duc de Berry - Cazelles / Eco

«Les Très Riches Heures du duc de Berry», texte de Raymond Cazelles, préface de Umberto Eco, publié chez Seghers en 1988, est l'un des «trésors» de ma bibliothèque. 239 pages de Beauté, textes et folios. Des illustrations magnifiques. Ce livre d'art comprend plus que «Le Calendrier». On y trouve les folios accompagnés de textes courts qui témoignent d'un long savoir mis à la portée de tous.

Un contenu riche
Le Calendrier (connu, parfois galvaudé) est l'un des sujets parmi les 18... Par exemple: l'Évangiliaire; Les Oraisons à la Vierge; L'Homme Anatomique (peinture inspirée par des ouvrages médicaux antérieurs); Le Plan de Rome (une curieuse miniature), etc.

Une préface généreuse
«J'avais un peu plus de vingt ans quand j'ai rencontré pour la première fois les Très riches heures (...) qui ne contenaient, bien sûr, que les miniatures du mois.
Je dis «bien sûr» car le destin de l'amateur spécialisé est de rencontrer toujours ce manuscrit sous la forme de ces douze célèbres représentations.»

C'est un cliché, écrit Umberto Eco, comme on connaît Beethoven par sa «Sonate au Clair de Lune», on pense connaître Les Très riches Heures par «Le Calendrier». On suppose, de facto, que l'on connaît l'œuvre.

Plusieurs lectures
Eco nous propose plusieurs lectures des Très Riches Heures ne se limitant pas à l'aspect esthétique, mais sans le négliger.
Par exemple, on peut voir les miniatures et peintures comme un «documentaire cinématographie» qui renseignement sur les travaux saisonniers, les vêtements (des paysans et des nobles), la table (comment on dresse une table, ...), etc.
À cet égard, Le Calendrier est un «document irremplaçable».

Eco propose une «chasse au merveilleux». Il donne comme exemple la créature satyresque et velue dans la miniature de l'Ave Maria Stella.

Eco signale d'autres thèmes. «Je pense à la richesse des références astrologiques, qui sont assez précises et présupposent une familiarité. Elles se trouvent dans les semi-circonférences (...), mais aussi dans l'Homme Anatomique qui évoque les représentations des rapports entre miro et macrocosme des magiciens de la Renaissance.

La conclusion de Umberto Eco
«Les Très riches Heures est un objet extraordinaire parce que, œuvre ouverte*, elle encourage mille différents itinéraires de l'imagination. Que le lecteur les ouvre au hasard, qu'il choisisse sa porte d'entrée. Et qu'il parcourt seul cet Hortus Deliciarum»

Toujours, on retrouve toujours chez lui, le respect du lecteur: «Proposer d'autres clés de lecture pourrait être irrespectueux pour le lecteur.»

* * *

Comme je dis dans l'introduction de ce billet, Les Très Riches Heures» du duc de Berry, est l'un des «trésors» de ma bibliothèque. Inutile de vouloir l'emprunter! Le consulter sur place, avec précaution, alors? Hum... Noui...
La fourmi n'est pas prêteuse / C'est là son moindre défaut

L'édition que j'ai en main est épuisée. Une tournée sur Internet m'indique qu'il y a d'autres éditions. Mais aucune n'arrive à la hauteur de «mon» livre (le livre à Bibi), 239 pages, le texte de Cazelles, et la préface de Eco. Hélas...

Pour vous consoler et passer un bon moment, je vous propose d'écouter Vladimir Horowitz interpréter la «Sonate au Clair de Lune», de Beethoven.


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*Psitt! «Les Très Riches Heures» est une œuvre ouverte«, écrit Eco. Ce qui m'a fait sourire... Ici, il faut le dire, Umberto Eco se prononce de lui-même, et sur l'œuvre d'un autre.
Rappel. Dans mon billet du 15 août 2009 (oui, cette page existe), portant sur son «Apostille» au «Nom de la rose», je relevais sa réponse à une question qu'il jugeait oiseuse: «... ton œuvre est-elle une œuvre ouverte ou pas». Sa réponse: «Mais est-ce que je sais, moi! C'est votre affaire, pas la mienne!»

vendredi 4 septembre 2009

Septembre - Les sanglots longs du Débarquement

Septembre. Les sanglots longs du Débarquement. «Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone», Paul Verlaine. Reprenons tout ça dans l'ordre. Le mot septembre vient du latin «september, de septem, «sept», septième mois de l'année romaine (...).*. Le calendrier grégorien en a fait le 9e mois. Astronomiquement, septembre est le 1er des 3 mois de l'automne dans l'Hémisphère Nord.

Chanson d'automne. Une saison nostalgique, s'il en est une. Verlaine nous chante, dans ses mots poétiques, sa Chanson d'automne: «Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone.»

En cherchant le poème au complet, je tombe sur Linternaute**, j'ai trouvé le ver, que je viens de citer. Mais, en plus, les avis des lecteurs sur celui-ci. Parmi ces avis, s'étalant de novembre 2006 au mois d'août 2009, j'ai choisi ceux qui sont reliés à notre sujet du jour.

Avis de lecteurs de Linternaute
__«Merci. Grâce à ce ver, la France a été libérée par tout (sic) ces jeunes gens venus d'ailleurs. Je ne dirai alors que ceci: n'oubliez jamais.» (Damien Caen), le 21 août 2009.

__«Ce ver est le signal donné pour le Jour J en juin 1944, si mes souvenirs sont bons (...)» Jean-yves Dardis (Rennes), le 31 juillet 2009.

__«6 juin 1944. Code expédier (sic) de Londres aux groupes de résistance française, pour annoncer le débarquement en Normandie. Un de mes frères y était, et ce fut une journée d'enfer que personne ne peut oublier.» Robert Pelletier ( Québec), le 29 janvier 2007.

Souvenons-nous de ce ver de Verlaine, signal du Débarquement en Normandie.***
Souvenons-nous de cette «journée d'enfer».
Souvenons-nous des sanglots longs du Débarquement.

Écoutons ce magnifique poème de Paul Verlaine: Chanson d'automne

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* Source: Le Petit Robert. L'année romaine commençait en mars.
** Linternaute . Encyclopédie. Citation: les-sanglots-longs-des-violons-de-l-automne-blessent-mon-coeur-paul-verlaine
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Pour suivre le Débarquement de Normandie, je vous recommande très chaleureusement le site suivant: http://normandie44.chez.com/ Il couvre le Débarquement d'une façon complète, fiable et esthétique. C'est tout dire.

jeudi 3 septembre 2009

Le livre des êtres imaginaires - Borges

Le 24 août, c'était le 100 ème anniversaire de la naissance de l'immense écrivain, Jorge Luis Borges. Cela m'a échappé... Je fais amende honorable... Pour célébrer Borgès, nous aborderons, ensemble, la lecture de son «Le livre des êtres imaginaires». Borges a écrit ce livre avec la collaboration de Margarita Guerrero. J'ai acheté ce livre à l'aveuglette, attirée par le titre et le nom de Borges, naturellement. Je vous le dis tout de go: ce livre est une mine d'or! Un livre de référence sur l'imaginaire, cette folle du logis qui habite en chacun de nous, à tout le moins, la nuit...

En guise d'introduction, je citerai simplement des extraits tirés de la Préface.

Des extraits de la Préface
En fait, il y a deux préfaces. L'une datée de 1967; l'autre, datée de 1954, est la Préface de la première édition. Pour ce billet, j'ai choisi la plus récente. Mais vous aurez plaisir à lire la plus ancienne. Borges et Guerrero y comparent les réactions d'un enfant lors de sa première visite au jardin zoologique (le réel) au jardin zoologique des mythologies. «Celui qui parcourra notre manuel constatera que la zoologie des songes est plus pauvre que la zoologie de Dieu.»

«Le titre de ce livre pourrait justifier l'inclusion du prince Hamlet, du point, de la ligne, (...). En somme, presque de l'univers. Nous nous en sommes tenus, cependant, à ce que, de façon immédiate, suggère l'impression "êtres imaginaires", nous avons compilé un manuel des étranges entités que la fantaisie des hommes a engendrées au fil du temps et à travers l'espace.
Nous ignorons le sens du dragon, comme nous ignorons le sens de l'univers, mais il y a dans son image quelque chose qui s'accorde avec l'imagination des hommes, et ainsi le dragon apparaît à des époques et sous des latitudes différents.
(...)
Pas plus que les autres miscellanées, que les inépuisables volumes de Robert Burton ou de Pline, Le livre des êtres imaginaires n'a pas été conçu pour une lecture suivie. Nous aimerions que le lecteur curieux le fréquente comme celui qui joue avec les formes changeantes que révèle un Kaléidoscope. (...). » (p. 7 et p. 8)

«Le livre des êtres imaginaires» est composé de textes courts (1 page ou deux) et même très courts (moins d'une page). Peu de textes sont plus longs, «m'enfin» ... moins courts. Combien d'êtres imaginaires logent dans ce livre? J'en ai comptés 160. Incontestablement, ce livre cadre nettement dans la Collection «L'imaginaire» de Gallimard.

Quelques titres?
La ménagerie des écrivains: Un animal rêvé par Kafka; Un croisement, de Kafka; L'Odradek, de Kafka; Un animal rêvé par C.S. Lewis; Un reptile rêvé par C.S. Lewis, L'animal rêvé par Poe.

Les animaux aux noms familiers: L'Âne...; Le Cerf...; L'Éléphant...; Le Coq...; Les Lémures; Le Lièvre...; Le Singe...; La Panthère; Le Pélican, etc.

Les deux êtres imaginaires dans «Nom de la Rose», de Umberto Eco: Le Basilic et l'Unicorne.

Les êtres aux noms exotiques: A Bao A Qou; Abtu et Anet; Bahamont; Crocottes et Leucrocotes; Fastitocalon; Haniel, Kafziel, Azriel, Aniel; Les Péritios; Youwarkee, etc.

Sauf quelques exceptions, la présentation des «êtres imaginaires» n'est pas accompagnée de commentaires. Il appartient à chacun de nous d'en faire. Ce qui ne manquera pas... Pour peupler notre imagination, nous ferons connaissance avec quelques-uns de ces êtres imaginaires, au gré des billets. Commençons doucement avec Le Singe de l'encre. Nous avons tout le temps pour nous effrayer.

Le Singe de l'encre

Cet animal abonde dans les régions du nord; il a quatre ou cinq pouces de long; il est doué d'un instinct curieux; ses yeux sont comme les cornalines, et son poil est noir de jais, soyeux et flexible, suave comme un oreiller. Il est très amateur d'encre de Chine, et quand quelqu'un écrit, il s'assied, une main sur l'autre et les jambes croisées, en attendant qu'il finisse puis il boit le reste de l'encre. Après, il revient s'asseoir à croupetons, et il reste tranquille.
Wang A-Hai (1791).

Dessinateur, peintre, vous comprenez maintenant pourquoi votre encrier est toujours vide.
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Lire le texte «Disputes au bord de la tombe», sur le blogue de Pierre Assouline, où j'ai pris la très belle photo de Borges.

mercredi 2 septembre 2009

Michel Quint - Effroyables Jardins / Max

«Il y a 70 ans, la Seconde Guerre mondiale.» Tel est le titre de l'article publié dans Le Devoir d'hier, et signé par Pierre Verluise, Chercheur à l'IRIS, à Paris. En effet, la Seconde Guerre mondiale débute le 1er septembre 1939. L'Allemagne attaque la Pologne; la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. C'est le début de l'horreur, qui ne se terminera qu'en 1945.

Dans cette même édition du journal «Le Devoir», Marc Champagne, Retraité de l'Université Laval, écrit:« Aujourd'hui marque un anniversaire qui renvoie à une guerre unique dans l'histoire, et que l'humanité tout entière ne doit jamais oublier. Unique à la fois par le nombre effarant de victimes qu'elles ont faites et par la nature des atrocités commises par chacun des deux camps les plus connus.» Il termine son article par un cri du coeur: « (...) nous ne pouvons que répéter ces paroles devenues célèbres: jamais, plus jamais ça!»

Trois romans m'ont davantage fait connaître le côté humain (inhumain, devrais-je dire) de la Deuxième Guerre mondiale que bien des livres savants (indispensables, toutefois, pour en saisir toutes les facettes): «Suite française» de Irène Némirovsky (écouté sur cédés); «Effroyables Jardins» et «Max», de Michel Quint. Sur mes 2 blogues, Littéranaute et Livranaute (surtout, les mois de février et mars), j'ai parlé des livres de Michel Quint dans mes billets. Si vous n'avez pas lu ses romans, je vous invite chaleureusement à le faire. Vous ne le regretterez pas une seconde, je vous l'assure.

«Max» porte sur un personnage historique connu, Jean Moulin; «Effroyables Jardins» sur deux membres de la famille de Michel Quint, son père et son oncle. Deux facettes de cette période sombre de l'occupation allemande en France, éclairée par l'amitié, l'affection, l'amour, toujours l'amour...

Une invitation à lire sur Livranaute. (Note importante*)
Max. Ma critique du 13 février 2009, intitulé «L'humanité nue»: « (...) On entre dans ce roman avec respect; on le lit, accroché au suspense; on est soufflé par la fin; on en sort le coeur gros de compassion, des larmes chaudes coulant sur les joues. On se surprend à garder le livre dans ses mains comme si on voulait, au-delà de l'espace et du temps, serrer contre soi ces êtres souffrants pour les consoler. L'instant d'après, on réalise que ce sont des personnages d'un roman.»

Un extrait de Max. Lire mon billet du 18 février ayant pour titre «Ainsi commence Max, par la voix d'Agathe».

Effroyables Jardins. J'ai écrit le 9 mars 2009: «Ce récit, aussi percutant que bref, (63 pages) se lit d'une seule venue. Il semble, d'ailleurs, voir été écrit d'un seul souffle. On a l'impression d'être en présence même du narrateur-auteur qui nous fait des confidences à demi-voix. (...) Un récit, simple et sincère, émouvant - sans être larmoyant. Des dialogues d'une justesse sans faille. Une écriture limpide, imagée. (...) Un roman qui saura vous émouvoir, vous faire (mieux) connaître ce que l'Histoire doit à la petite histoire de gens «ordinaires».

Un extrait de Effroyables Jardins. Voir mon billet du 13 mars 2009 intitulé: «Voici le début d'Effroyables Jardins».
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* Par inexpérience, j'ai mal fait les liens vers mes billets. Je vous prie de m'excuser. Heureusement... en vous référant aux libellés, vous pourrez retrouver facilement ces titres. Merci de votre compréhension et de votre indulgence.


mardi 1 septembre 2009

Mémoires d'Afrique - Bibi / VLB

Pour la rentrée, j'ai choisi 2 livres: «La délicatesse», de David Foenkinos -dont je vous ai parlé; et, «Bibi», de Victor-Lévy Beaulieu (VLB). «Bibi»: c'est «moi», dans le langage enfantin. Les Mémoires sont celles d'Abel Beauchemin (AB), un double de l'auteur. Entre fiction et réalité: un mélange des deux, au lecteur de départager, si... il y trouve quelque intérêt. Un roman, c'est du «Mentir vrai», selon Aragon. Pour Jules Renard, «Dès qu'une vérité dépasse cinq lignes, c'est du roman». On n'y échappe pas, me semble-t-il.

Mémoires d'Afrique.
L'action des Mémoires d'Abel Beauchemin (en fait, un roman) se déroule en partie au Québec, mais surtout en «Afrique noire, équatoriale, du Gabon jusqu'à l'Éthiopie. Je voulais dénoncer (dit l'auteur) la situation désolante et terrifiante qui y prévaut encore. C'est le continent le plus exploité du grand capitalisme. Les anciens empires colonialistes que ce soit la France ou l'Angleterre, y sont toujours, mais de façon insidieuse et sournoise.
(...) L'Afrique est une vache à lait pour le monde, alors que ses propres habitants n'ont même pas de lait pour se nourrir. En 10 ans, les investissements chinois sont passés de 5 à 50 milliards $. Ils construisent des infrastructures en échange des ressources naturelles africaines: bois, métaux, etc. (...) On vide ce pays (le Kenya) de l'intérieur en laissant les populations dans l'état où elles sont, c'est-à-dire de plus en plus pauvres.»

Vous craignez un roman à thèse? Ce serait méconnaître VLB. Vous craignez que les données économiques ou les faits historiques soient galvaudés? Ce serait méconnaître VLB. Je ne peux pas me vanter d'avoir lu les 70 ouvrages précédents, mais une bonne vingtaine. Je les ai tous appréciés... quoique pas également. Cela va de soi.

Que raconte Abel Beauchemin dans «Bibi»?
Abel, dans la soixantaine, est un homme vieillissant. Depuis 45 ans, il n'a pas de nouvelles de Judith, sa première flamme. Le feu ayant apparemment couvé sous la cendre, elle lui donne tout à coup rendez-vous partout dans le monde. Assez curieusement, elle se défile. Abel n'y comprend rien. D'autant moins qu'il a accepté de se déplacer, alors qu'il ne voyage plus. Il semble bien qu'Abel court comme un lièvre à la poursuite d'une hase, qui court plus vite que ce dernier.

«Il (Abel) comprendra, lorsqu'il retrouvera Judith, dans la vallée de l'Omo, le berceau de l'humanité, là où a été trouvé Lucy, le plus ancien squelette au monde.» Voilà qui est intrigant...
Mon petit doigt me dit que ce ne sera pas du joli.

Pourquoi des Mémoires d'Afrique?
Victor-Lévy Beaulieu répond à Marc Larouche: «J'espère créer une solidarité autre que bêtement politique. Je trouve que ce dont les Africains ont besoin: savoir que des gens qui vivent ailleurs se préoccupent d'eux
VLB nous donnera, sûrement, une autre image de l'Afrique que celle que nous présentent, continuellement, les médias.

Une dédicace à Michel Chartrand.
Que l'on aime ou non Michel Chartrand, là n'est pas la question. Il faut convenir avec VLB qu'il «avait des convictions et les a défendues toute sa vie.» VLB ajoute: Il «fut l'un des premiers Québécois à parler de l'Afrique au début des années 60, en sachant de quoi il parlait.»
Chapeau! On peut en dire autant de Victor-Lévy Beaulieu.

Bibi: une voyagerie
« Une voyagerie, sans commune mesure, de pur délire, de pures délices, quête folle, requête aliénante, Kafka qui se souffre, Artaud qui se démanche, Bibi qui court à la folie et aux poumons ruinés, obsédé, obsédant, mal en lui, mal en les autres, mal en son pays, attelé à sa poliomyélite, attelé à une Judith chimère qui se joue sur une scène de théâtre toute noire et couleurée d'une Afrique sanglée, sanglante, belle et rebelle.
Bibi est ce chef-d'œuvre qui creuse profond, qui dénonce le colonialisme arbitraire, qui s'enfonce creux, pour mieux comprendre, pour mieux faire comprendre.» (quatrième de couverture).
Voilà un roman, sous forme de Mémoires, qui promet... Ça va déménager!

Au détour, j'ai saisi une petite phrase de Victor-Lévy Beaulieu: «(Mais) il y a plus de tendresse ordinaire que dans mes autres écrits.»
D'une main, «La délicatesse», de David Foenkinos; de l'autre, la tendresse, de Victor-Lévy Beaulieu dans «Bibi»: je mise sur ces 2 livres pour ouvrir la rentrée littéraire de bibi, de moi-même en personne. Je suis certaine de passer de bons moments littéraires.
Pour sûr, je vous en reparlerai... Comptez sur moi!

Avec l'expression de ma tendresse et de ma délicatesse,
Marie-Andrée Roussseau, votre blogueuse (presque) intarissable...
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* Sauf indications contraires, les citations sont tirées de l'entrevue de Marc Larouche, journaliste au Le Soleil, avec Victor-Lévy Beaulieu.
Crédit pour la photo: Marc Larouche. Merci!
Paperblog