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jeudi 31 décembre 2009

Renaissance - Érasme - Montaigne- Léry - Bruno- Rabelais - Machiavel / Nouvel Observateur

Le Nouvel Observateur publie un double numéro, un «presque livre»: «Il était une fois la Renaissance». Des articles étoffés et des plus intéressants sont consacrés aux grands auteurs de ce XVIe siècle. Érasme, Montaigne, Jean de Léry, Giordano Bruno, Rabelais, Machiavel. «Qui était Jean de Léry, jeune aventurier au long cours tant admiré par Claude Levi-Strauss? En quoi Luther était-il plus convaincant qu'Erasme? Comment Rabelais mesurait-il le raffinement intellectuel du jeune Gargantua? Comment «Le Prince» de Machiavel a-t-il annoncé le règne moderne de la communication politique? (...) Avez-vous lu le «Malleus Maleficarum»? Vous saurez tout sur ces questions, qui, à leur manière, résonnent encore d'une incroyable actualité.» [Nouvel Obs]

Le titre évocateur des articles situe d'emblée le point de vue: Libre comme Érasme; Le «je» de Montaigne; Jean de Léry, père des ethnologues; Giordano Bruno l'insoumis; Rabelais prof des écoles; Le peuple de Machiavel et, évidemment, Haro sur les sorcières. Pour vous donner une idée de ce numéro exceptionnel du «Nouvel Observateur», valable jusqu'à la prochaine décennie... en voici un aperçu. Notons que, en plus de dresser un portrait de cette période effervescente, le magazine présente , entre autres, les 100 personnalités de la décennie.


Libre comme Érasme. «Il fut un homme du livre, de l'étude. Il fut un homme de poésie et de philosophie et le plus élégant latiniste de son temps. Il fut l'homme de la liberté et du respect, contre la brutalité et le fanatisme, l'homme de la paix et des concessions mutuelles, contre la fureur fanatique et l'obscurantisme de la bêtise.[...]
Bien avant Hugo, Erasme tenait le savoir pour libérateur. Homme de prodigieuse érudition, il fit de sa culture le meilleur protecteur de son indépendance.» Jacques Drillon*
L'auteur de l'«Éloge de la folie» est le philosophe de la liberté et de la lucidité.



Le «je» de Montaigne. «On perçoit aujourd'hui les symptômes d'un regain d'enthousiasme pour les «Essais» et leur auteur, dont la raison tient sans doute à l'étrange similitude des deux époques, la sienne et la nôtre, au moins par les questions qui les agitent et la perpétuelle disputatio, comme on disait en ce temps-là, que l'opinion entretient à leur sujet. [...]
C'est bien lui l'inventeur de ce procédé magique qu'on nomme désormais l'autofiction, artifice mêlant l'imaginaire à la réalité autobiographique, et qui consiste à installer son «moi» vrai dans une hypothèse inédite.» Jean-Louis Ezine *


Jean de Léry, père des ethnologue. «En 1557, un jeune calviniste bourguignon débarque au Brésil et découvre que les Indiens tupinambas, bien que cannibales, sont des hommes. Pour Lévi-Strauss, son récit était un chef-d'œuvre. [...]
Car tout le fascinait dans chef-d'œuvre de la littérature ethnographique doublé d'un extraordinaire roman d'aventures: c'est ce bréviaire de l'ethnologue qu'il trimballait dans sa poche lorsqu'il posa le pied, pour la première fois en 1935, dans la baie de Rio. Soit 378 ans presque jour pour jour après l'arrivée de Léry au même endroit.» Grégoire Leménager*
Le récit de Jean de Léry: «Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil 1578»



Giordano Bruno l'insoumis. On sait que Galilée, convaincu d'hérésie en 1633, fut réhabilité sur le tard par le Vatican. Infimes sont les chances que Giordano Bruno, brûlé vif à Rome en 1600, le soit lui aussi à son tour. Il est vrai que l'un abjura sans condition, l'autre refusant de se rétracter après sept années de séquestration dans les cachots du Saint-Office. […] Si l'Eglise catholique a très bien su s'accommoder au fil du temps des avancées de la cosmologie moderne, elle n'a jamais pu digérer en revanche les innovations métaphysiques de Bruno. [...]
Après des années d'atermoiements et d'espoirs trahis, le cardinal Bellarmin, jeune ambitieux qui sera béatifié en 1930, décida de précipiter l'affaire et d'offrir enfin à son pape une belle flambée. Refusant d'acheter sa vie au prix de sa pensée, on peut considérer que Giordano Bruno resta jusqu'au bout fidèle à la devise de l'ordre dominicain qui l'avait autrefois chassé verbo et exemplo, par le verbe et par l'exemple.» Aude Lancelin*


Rabelais prof des écoles. «Aussi érudit que délirant, l'auteur de «Gargantua» et «Pantagruel»  est un théoricien de l'éducation. [...] "L'historien François Guizot, ministre de l'Instruction publique de Louis-Philippe, l'a dit: Rabelais a reconnu et signalé les vices des systèmes et des pratiques d'éducation de son temps. Il a entrevu, au début du XVIe siècle, presque tout ce qu'il y a de sensé et d'utile dans les ouvrages des philosophes modernes" L'historien Jules Michelet l'a redit: "Gargantua ne serait rien d'autre qu'un traité d'éducation qui, à sa manière horrifique, annonce l'Emile de Rousseau et son Revenez à la nature. Un esprit sain dans un corps sain : et voilà pourquoi il n'est pas besoin de détecteur de métal à l'abbaye de Thélème. Sur la porte, une «inscription » suffit, qui interdit l'entrée aux marmiteux» «cafards empantouflés"» Fabrice Pliskin*


Le peuple de Machiavel. Les réflexions que Machiavel a consacrées dans «Le Prince» à la maîtrise des apparences préparent le gouvernement de l'opinion, annonçant l'âge démocratique. […]
Machiavel ne croit pas finalement à l'efficacité des techniques qu'il décrit, car vouloir l'affection du peuple condamne le souverain à une position de dépendance qui contredit la puissance à laquelle il doit prétendre. La multiplication des efforts de persuasion souligne la fragilité du lien d'obéissance et menace l'autorité puis la société de dissolution. Pour bien gouverner, Machiavel ne voit alors pas de plus sûr moyen que la crainte: l'éveil et l'entretien de ce sentiment peut être le monopole du prince, lui garantissant ainsi la maîtrise du lien politique. Loin d'une comédie facile, la politique se fonde et ouvre sur le drame. Elle est la plus nécessaire et la plus grave de nos activités. Les princes d'aujourd'hui, passionnés de communication, ne doivent pas l'oublier car le siècle commencé paraît bien décidé à le leur rappeler.» Dominique Reynier**

Joyeuse Saint-Sylvestre!
ou...
Bon Réveillon du Jour de l'An!

Soyez prudents. On vous aime en vie!
Comme Tati... dans Jour de Fête.



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* Source: Dossier du Nouvel Obs. fin décembre 2009.
** Professeur à l'institut d'Études polotiques de Paris.

mercredi 30 décembre 2009

Enquête. Ravigote - Arsenic - Soutanes - Michel Gardère / Recettes

Enquête. Des meurtres, aux allures d'accident, se produisent à Villenac. Le titre du livre l'indique: «Ravigote, arsenic et vieilles soutanes», on y trouve deux ingrédients majeurs: la ravigote et l'arsenic. Strychnine et arsenic: ça va, on connaît. Mais... la sauce ravigote pour votre tête de veau ou votre salade d'œufs durs? Ah ben, ça alors! C'est le curé Rouncats qui enquête... à sa manière. Gourmand, fin gourmet, excellent cuisinier, amateur de vin, Paul Rouncats -épicurien en soutane- mêle enquête et fine table. Ainsi, à la fin de chaque chapitre, il nous donne les recettes qui s'arrime à l'enquête. Original!

Ravigote, arsenic et vieilles soutanes. Une enquête du curé Rouncats
Michel Gardère, agnès viénot éditions (AVE)

Un exemple. Dans le premier chapitre, un «accident» arrive au vieux facteur. Parti, à la soirée tombante, cueillir des mousserons -délicieux champignons- il déboule de la falaise, nommée la «combe noire», au moment où il urinait... dans le vide,veillant à ne pas contaminer le champ de mousserons -connu de lui seul. Est-ce un meurtre? Quelqu'un l'aurait-il poussé dans le vide? À vue de nez, c'est un accident. Bah! C'est évident: tout le village est d'accord.
Extrait de la fin du 1er chapitre. «Avant de s'endormir, le curé des Villenacquois, eut un grand regret et une grande satisfaction. Le grand regret venait du fait que désormais, à cause de l'accident de Remblède, tout le monde, à Villenac, connaîtrait la place des mousserons. Mais cette triste pensée d'égoïsme s'envola bien vite. La satisfaction lui succéda: à cause de la mauvaise réputation de la combe noire, personne n'oserait se rendre sur le placiot et Rouncats, qui ne croyait pas aux maléfices. pourrait en profiter. Seul. [...]

Le chapitre, comme tous les autres, se termine par deux recettes, deux plats succulents en harmonie avec un vin. Ainsi: Recettes villenacquoises.
Le rôti de porc de Nathalie et feu Augustin Remblède: avec 500 g de mousserons frais... et de l'amour. Accompagné d'un vin de Buzet. Uniquement! Un château de Gueyzesera parfait.
Cette recette est visiblement inspirée par la première enquête.

Paul Rouncats avait dû abandonner, à regret, le cou d'oie farci mis au four. Il nous donne sa recette.
Le cou d'oie farci de Paul Rouncats: avec des mousserons -venant du panier de Ramblède... et de l'amour. On sert avec un Pécharmant. Du pain (de campagne!) grillé et frotté -légèrement- d'une gousse d'ail trempée dans le jus, relève indiscutablement la saveur délicate de ce plat.
L'auteur a le bon goût de ne pas donner la recette de la sorcière Élise Téoulère. De quoi nous couper l'appétit... l'ingrédient de base suffit à faire lever le cœur, faire sourire et grimacer...

Bref, le livre est aussi savoureux que les recettes... C'est drôle, ironique, audacieux, moqueur. Et... c'est bien écrit. Le texte se déroule dans un rythme qui dévoile une sonorité subtile. Il contient des observations fines. En un mot, Michel Gardère a un style qui convient au sujet... ce qui n'est pas rien. Avec ce roman, il inaugure une série d'enquêtes. Journaliste, en plus d'être l'auteur de plusieurs ouvrages, il est bien placé pour en savoir loin sur la société et les petits travers des gens. Ici, il nous raconte l'enquête du curé Rouncats sur un ton savoureux.

Des enquêtes à suivre... Le premier livre est réussi: une écriture, des personnages bien campés, des histoires ficelées dont la chute est surprenante et fine, un village typique et bien vivant... un territoire choisi. On se surprend à lire les recettes en fin du chapitre tant elles sont liées à l'histoire; avec un grain d'imagination, on pourrait se voir servir ces mets, accompagnés d'un bon vin, à une tablée d'épicuriens, et... les déguster, avec un bon verre de vin.

Je vous recommande chaleureusement «Ravigote, arsenic et vieilles soutanes. Une enquête du curé Rouncats», de Michel Gardère. Une lecture intelligente, agréable. Chacun des chapitres, bien que lié aux autres, se lit comme une entité. je lis un chapitre par jour et j'y prends grand plaisir.
C'est ce que je lis en ce moment avant de sombrer dans un sommeil réparateur... Pensez donc un crime par jour... dans la plus grande quiétude, et le plus grand plaisir se la table.

À la bonne vôtre! Et bonne lecture!
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Vous trouverez «Ravigote, arsenic et vieilles soutanes. Une enquête du curé Rouncats», de Michel Gardère, dans plusieurs librairies dont la Librairie Pantoute, à Québec;

mardi 29 décembre 2009

Neige. Montréal -Québec- Hamelin - Provencher - Cazelais - Huot / Villon - Shakespeare - Nelligan

Neige - Glace - Pluie - Grésil. Des mots pour dire l'hiver aux humeurs capricieuses: Louis-Edmond Hamelin, Jean Provencher, Normand Cazelais, Claude Huot;Villon, Shakespeare, Nelligan. Deux villes sous la neige: Montréal, Québec.«Mais où sont les neiges d'antan», se demandait François Villon? Nous savons que l'année dernière «les neiges d'antan» -que nous rappelle si bien Jean Provencher, dans «Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent»- étaient à Québec, la toute blanche avec ses 558 cm de neige; elles étaient aussi à Montréal, avec ses 425 cm de neige.

Louis-Edmond Hamelin qui, à 80 ans, a publié un œuvre aussi remarquable qu'unique, jamais égalée «Le Québec par des mots. L'hiver et le nord.»(1) Le géographe est, sans contredit, le grand connaisseur de la neige dans tous ses états! Il «a passé sa vie à étudier le Nord, d'est en ouest, du nord ou sud. Par conséquent, c'est un nordiste. Sur son chemin, tout au long de sa vie, il a trouvé les mots de l'hiver. Quand ils n'existaient pas, il les a inventés», écrit Caroline Montpetit dans un article du journal «Le Devoir», titré «Louis-Edmond Hamelin. Un homme en hibernie». Louis-Edmond Hamelin connaît la neige. Il connaît la glace. Il dit:
«J'écris pour le peuple, je n'écris pas pour les savants.
J'écris pour ceux qui veulent apprendre et non pas pour ceux qui savent.»
Louis-Edmond Hamelin

Glace. «La glace noire, très dure, très froide et très glissante, qui doit son nom non pas à son apparence mais à son fond sans lumière et à l'absence de neige dans sa constitution.
La glace pourrie, celle dont on doit se méfier parce qu'elle peut craquer sous le poids d'un être humain.
Louis-Edmond Hamelin sait tout d'elle: de glace verte à la glace de rive, des glaces flottantes à l'érosion glacielle, de la glace vive à la glace peignée, en passant par la glace de batture, la glace fondue et la glace molle.»*

Hivernophobes. « Et aux hivernophones qui souffrent du cafard de l'hiver, il a cette réflexion pour vaincre l'hivernitude. Ces gens, constate-t-il, «vivent deux hivers en même temps». Un hiver dur, réel, tel qu'on le retrouve dans la vallée du Saint-Laurent, mais aussi un hiver inventé, rendu plus pénible qu'il ne l'est vraiment, un hiver vécu comme un boulet au pied.»*

«L'hiver est un appel à se bâtir soi-même.
Puisqu'il est là pour rester, mieux vaut l'entendre et l'écouter.»
Louis-Edmond Hamelin
«Louis-Edmond Hamelin. Un homme en hibernie»


Redoux... la pluie et le grésil. «Porté par le vent, il (le grésil) se joue comme un lutin de tous les êtres exposés à ses tracasseries; il frappe les joues, pince le nez, s'introduit dans les yeux, dans les oreilles; il siffle, bourdonne, s'enligne, revient en pirouettant, fait les cent coups, sous lesquels, les plus fiers sont obligés de courber la tête.»
Jean Provencher
«Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent»






L'hiver au Québec. Montréal
«Montréal, en hiver, c'est la neige qui danse, flotte et virevolte, s'accroche aux arbres, courtise le halo des lampadaires, se transforme en boules et bonshommes.C'est la poudre blanche, la vraie, faite de cristaux apparemment tous pareils et, pourtant si dissemblables qui lui fait tourner la tête.
La neige, c'est le blanc sur la ville grise des jours d'ennui.»
Normand Cazelais,
«Vivre L'hiver au Québec. Un espace marqué par l'hiver»

En exergue, Normand Cazelais cite Louis-Edmond Hamelin, géographe et pionnier de la nordicité et ... Shakespeare.
«L'hiver se présente comme une saison, un espace, ainsi qu'une émotion.»
Louis-Edmond Hamelin

«Gèle, gèle, ciel rigoureux
Ta morsure est moins cruelle
Que ce d'un bienfait oublié.»
Shakespeare

* * *

« Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé ! »
Émile Nelligan


Le Vieux-Québec sous la neige
«Des premières neiges d’automne au dégel printanier, la ville de Québec est, elle aussi, un jardin de givre. Et dans ce jardin immaculé que la lumière du soleil irise, la neige prend des tons de bleu, de jaune et de gris. Les arbres sont nus. Les hommes et les femmes ploient sous le vent et sous la morsure du froid. Les vieilles pierres de la capitale, elles, résistent aux rafales, aguerries depuis longtemps.»
Claude Huot
«Le Vieux-Québec sous la neige»

Claudel Huot, avec l’œil perçant d’un photographe qui connaît sa ville par cœur, capte toute la magie et la poésie qui saisit Québec et ses habitants au cours de cette longue saison hivernale qui participe de l’unicité de la ville intra et extra muros. Depuis plus de 30 ans, il photographie avec fascination la lumière évocatrice de Québec. Son point de départ: la Basse-Ville où il demeure.


Les trois photos sont tirées du livre de Claude Huot
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* Citations tirées de l'article de Carole Montpetit, «Louis-Edmond Hamelin. Un homme en hibernie», Le Devoir, mars 2003.
[] Louis-Edmond Hamelin. Pour vous informer, veuillez cliquer ici.

vendredi 25 décembre 2009

Joyeux Noël!

Je vous souhaite JOYEUX NOËL!


De Soleil et de Vertige
Marcelle Fortin
Galerie Michel-ange

lundi 21 décembre 2009

Le Noël d'Hercule Poirot - Agatha Christie - Le Magazine Littéraire- Tv5 / La beauté du monde

Le Noël d'Hercule Poirot, de Agatha Christie. Qui a dit que Noël en famille, c'est ennuyant, ennuyeux, embêtant? Hum... Pas si Hercule s'en mêle pour éclaircir des «Petits meurtres en famille»! Tv5 présentera sous ce titre une mini-série en 4 parties d'après le roman Le Noël d'Hercule Poirot. «A Christie for Christmas», juste avant Noël... De quoi égayer un Noël en famille! Coïncidence heureuse, «Le Magazine Littéraire» (n0 17) consacre un hors-série au polar.(1) Dame Christie et son Hercule y figurent parmi les classiques. Et pour cause, les Hercule Poirot et les Miss Marple de la Reine du crime sont toujours, et encore, populaires qu'il s'agisse de livres, DVD, films, téléséries. Précisions.

Sur Tv5, «Petits meurtres en famille»
4 épisodes de 90 minutes,
à partir de lundi, le 21 décembre 2009, à 20h00


L'intrigue, qui se situe en 1939 à la veille de la déclaration de la 2e Guerre Mondiale, se déroule comme suit: «Simon Le Tescou, homme d'affaires breton, aussi riche que cruel et tyrannique, a organisé une petite réunion familiale pour fêter ses 70 ans.
Il y a ses trois fils: Edouard, l'aîné, qui vit au château avec sa femme Edith et n'ose tenir tête à son père, Antonin, le cadet, député ruiné dont la nouvelle petite amie s'invite à l'improviste et Victor, le petit dernier, sportif de haut niveau, qui n'a accepté l'invitation que dans le but de régler ses comptes avec ce père qu'il n'a pas revu depuis des années. Sont présents également Inès, la petite-fille de Simon, venue spécialement d'Espagne et dont tout le monde ignorait l'existence, et Eloi, jeune médecin africain dont Le Tescou finance les études.
Mais, alors que toute la famille est réunie et s'apprête à festoyer, Simon Le Tescou est sauvagement assassiné dans sa chambre.
L'inspecteur Larosière -alias Hercule Poirot-, assisté d'Emile Lampion -alias le lumineux Hastings,- son fidèle second, découvre vite que les placards de cette famille sont remplis de cadavres. Un suspense où le mystère s'épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.»(2)


Le Magazine Littéraire. Hors-série
Le Polar
d'Edgar Poe à James Ellroy

«Le roman policier anglais est une affaire de femmes. Les reines du crime qui triomphent aujourd'hui sans égale au niveau des ventes se nomment toujours Agatha Christie, P.D. James, Anne Perry
Catherine Lanone, dans un article de Le Magazine littéraire décèle dans cette littérature 2 périodes.
[] Celle des romans à sensation «qui effraie les bien-pensants -de l'ère victorienne-, comme un poison pervertissant les conditions féminines (!). Le feuilleton de Mary Elizabeth Bradon, «Le Secret de Lady Audley» (1862), au parfum de sandale et de bigamie en est un exemple. La Lady a abandonné son enfant et tenté de commettre un meurtre. Oh! My Lord! Mais, à la fin, on découvrira qu'elle est atteinte de folie atavique et elle sera enfermée dans un asile. Ouf! La bonne société, gardienne des bonnes mœurs, respire. Le grand succès du roman peut donc être cautionné.
[] Suit la période du roman policier féminin assagi (le roman, s'entend) dont Agatha Christie est la représentante. «plus question de laisser sourdre les angoisses secrètes d'une société, le roman policier est cathartique, thérapeutique, rassurant.» Hercule Poirot, Miss Marple aiment l'ordre sous tous ces aspects. L'un a «le bon goût d'être un étranger» - yes,my Dear, c'est un privé belge; et l'autre une vieille dame anglaise de la bonne société. Tous les deux sont très sympathiques. La morale de la fin s'inscrit dans le cadre social de l'époque. Nous sommes, ne l'oublions pas, en Angleterre au début des années 1900. Ce qui compte ce sont l'intrigue, le jeu de (fausses) pistes, l'implication du lecteur, le roman se terminant par un huis clos où le meurtrier est démasqué. Huis clos qui arrive à surprendre le lecteur qui avait, pourtant, toutes les cartes en main.
Petit rappel: le premier roman de Agatha Christie est «La Mystérieuse affaire de Styles,en 1920 -sur DVD. Suit le «Le Crime du golf», en 1923, et «Les Enquêtes de Hercule Poirot» dès 1924, jusqu'à.. infinitum. (2)

Si votre beauf lève le nez sur les histoires du petit Belge ou de la vieille dame anglaise, et vous adresse un sourire condescendant, brandissez «Le Magazine littéraire -mordez dans le mot-, sur le polar. Et faites-lui savoir que le fondateur de cette formule littéraire -re-mordez dans le mot- nouvelle, le récit policier à énigme, est nul autre que Edgar Allan Poe qui en sait long «Sur les racines du mal.» Et vlan! (3)

Je vous remercie chers lecteurs et lectrices de me lire. Votre présence me fait chaud au cœur. Un gros merci à chacun et à chacune!
Je vous laisse sur de belles images, et vous souhaite un Joyeux Noël!


Un jour sur terre. Toute la beauté du monde - Nouvel Obs
Après Microcosmos, Le peuple migrateur et La marche de l'empereur, le film animalier a la cote. Un jour sur terre est un documentaire britannique d'Alastair Fothergill et Mark Linfield, qui nous emporte de l'océan Arctique au printemps à l'Antarctique en hiver. Bande-annonce.
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(1) Le Magazine Littéraire a publié 3 numéros sur le polar: en 1983, en 1996 puis en 2009. Donc à un intervalle de 13 ans... Oh!
(2) Si le sujet vous intéresse, Tv5 présente le film «Coco Chanel» en 2 parties: le 21 décembre 2009, juste après les «Petits meurtres»; et le lendemain, la 2e partie.
3) Dans le numéro spécial sur le polar de «Le Magazine Littéraire, de 106 pages, on a droit à un inédit: «Simenon de A à Z par Pierre Assouline.» Et un article sur Maigret, cela va de soi. Pour consulter la Table des matières, cliquer ici.

dimanche 20 décembre 2009

Le Petit Prince - Saint-Exupéry - Mascotte - Marketing -Les héritiers

Le Petit Prince, de Antoine de Saint-Exupéry: devenu une mascotte, il s'adonne au marketing. En somme, les héritiers de l'aviateur et écrivain se servent de l'image du Petit Prince, quitte à détourner le texte du livre. Curieuse affaire... «Parmi les «valeurs universelles de Saint-Exupéry défendues pas le blondinet astral, ils (les héritiers) ont découvert la durabilité, la biodiversité et l'écologie.», écrit David Cavigliogli*. Plus loin:«Le Petit Prince n'est plus un garçonnet rêveur. Il a trouvé du boulot: il est conseiller environnemental chez Norauto.» Il donne des conseils aux automobilistes: ne pas surcharger son véhicule pour ne pas surconsommer du carburant; éviter les fortes accélérations, etc. sur le site Coolplanet2009.

Ce n'est pas tout. Le distributeur d'énergie Véolia utilise l'image du Petite Prince: «Tu es responsable pour toujours de ce que tu apprivoises.» La Fondation Runica .... «Faire du bien à l'esprit, ça fait du bien à la vie!» Toshiba s'en sert dans des spots télévisés.

«Que le Petit Prince fût, sur sa planète, un sabreur d'arbrisseaux ne l'empêche pas aujourd'hui de vouloir en sauver. Comme une célébrité en mal de popularité, il prête son image à l'IBAMA, un institut brésilien de protection des ressources naturelles, dans une campagne de sauvegarde des Araucarias, qui - sachez-le - sont en voie de disparition. Mais le lobbyisme non-gouvernemental ne suffisait pas à ce Prince aux dents longues. Il s'est engagé dans l'action internationale et participe à l'opération «Seal the Deal», qui enjoint les dirigeants de la planète à ne partir de Copenhague qu'avec un accord. On le voit déjà trottiner jusqu'à Obama, lui tirer la manche en demandant: "Dessine-moi un traité.»*

Le Petit Prince, un écolo? Il dit: «Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète.»
Mais «Le gamin de l'astéroïde B612 évoquait la discipline nécessaire à l'élagage des envahissantes forêts de baobabs et au ramonage des volcans éteints, métaphore de la résistance au fascisme européen montant dans l'entre-deux guerre.»* Un détournement de sens qui ne semble pas gêner...

Que le Petit soit le «porte-parole des campagnes d'information des Nations Unies en Europe», à l'occasion du 60eme anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. C'était compréhensible, tant la symbolique anti-totalitaire était manifeste dans le récit de Saint-Exupéry.»*

«Petit Prince dessine-moi un livre.» Un livre... On utile des sentences tirées du livre de Saint-Exupéry, mais qui recommande de lire Le Petit Prince? Les héritiers... Personne. Évidemment... l'objectif est ailleurs.

Il paraît que l'enfer est pavé de «bonnes causes» avec leur mascotte et leur marketing, de bonnes âmes, de bonnes intentions! Au milieu, les héritiers des écrivains...

Pour lire et télécharger gratuitement Le Petit Prince -le livre étant tombé dans le domaine public au Canada**- suivez ce lien...

Pour écouter Le Petit Prince lu par Gérard Philippe. 1954/
Première partie


Pour écouter Le Petit Prince lu par Gérard Philippe. 1954/
Deuxième partie

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* Source: «Dessine-moi un environnement durable» - «Le Petit Prince recyclé pour Copenhage», par David Caviglioli, sur BibliObs, en cliquant ici.
**Lire également «"Le Petit Prince" intégralement en ligne (mais a-t-on le droit de le consulter?), par Ludovic de Foucaud, sur Bibliobs, en cliquant ici.

samedi 19 décembre 2009

Bientôt Noël! Conseils - The New Yorker - Logique -Les Shadoks

Bientôt Noël! À l'approche de Noël, je me permets -gentiment- de vous donner des conseils pratiques qui pourraient vous tirer d'embarras. Conseils originaux... qui joignent l'utile à l'agréable. En fait, ils m'ont été soufflés à l'oreille par Paul Rudnick de «The New Yorker», alors que l'implacable logique des Shadoks permettra d'en vérifier les fondements. Dans une société ouverte à tous les vents où l’on chante frileusement: «Vive le vent! Vive le vent d’hiver! …», on n’ose plus souhaiter un «Joyeux Noël!», lancé dans un cri de joie. Ni même prononcer les mots Jésus, crèche de Noël ni même sapin de... Noël. Quoi dire? Quoi ne pas dire?

Le reporter Paul Rudnick nous donne des trucs pour nous en sortir sans heurter les non-chrétiens. Je vous assure qu'il n'y a vraiment que le «The New Yorker» pour oser... offrir un cocktail de «Tips for the Sensitive Christian», qui se terminera le cantique «Silent Night» chanté... en Hébreu. De l'humour -new-yorkais- fin, piquant, ironique qui tombe à point nommé. Je vous invite à regarder la vidéo sous-titré: «Paul Rudnick explains how to have a Happy Interfaith Holiday Season».



À présent que nous savons quoi dire et ne pas dire dans un party de... de la Saison, nous voilà à l'aise, nous respirons mieux. Il est temps de vérifier la logique des conseils de Paul Rudnick. Le professeur Shadoko s'en charge. C'est d'une logique à toute épreuve!



Sur cette note joyeuse, je vous souhaite un beau samedi!

vendredi 18 décembre 2009

Humour - Caricatures et dessins -The New Yorker - BAnQ - en numérique

Sous l'enseigne de l'humour: des caricatures de «The New Yorker»; des caricatures et des dessins humoristiques de la collection numérique de la BAnQ. Prenons un moment de détente avant la folle course finale pour arriver à temps à Noël qui, cette année, tombe un 25 décembre! Ris, rions, riez. Ris... de veau, comme dirait Satie: rions... de nous et de nos manies: riez ... le nez dans les livres ou l'œil sur mon blogue. Les livres les plus drôles et plus spirituels de l'année, louangés par la critique, sont ceux de The New Yorker. Ce n'est pas surprenant, celui-ci publie des caricatures depuis 1925, soit depuis son premier numéro; de plus, il fait appel aux meilleurs caricaturistes du monde. The New Yorker nous offre 3 livres. J'en ai parlé dans mon billet du 14 septembre: à voir sur Littéranaute(1). Je ne reprends donc ici que l'essentiel, en guise de rappel.
L'humour est le sel de la vie!


Les trois livres du «The New Yorker»


The New Yorker, L'intégrale des dessins, par Robert Mankoff et Jean-Loup Chiflet. Éditions Les Arènes, 660p.

Le livre comprend l'intégralité des dessins parus dans «The New Yorker», de 1925 à 2007, soit 68 647 dessins de 400 dessinateurs exceptionnels.

C'est un volume de référence, à déguster lentement. Finesse et ironie.
[Les caricatures présentées ici sont tirées de ce livre]





The New Yorker, «L'Humour des livres», par Jean-Loup Chifflet. Éditions Les Arènes, 200p.

Les 300 dessins qui composent le florilège de «L'Humour des livres»
sont tirés de «L'intégrale». Le «New Yorker» croque le petit monde littéraire. Éditeur, écrivain, lecteur: chacun a ses 15 minutes de gloire!




The New Yorker, Les dessins refusés par le New Yorker, rassemblés et présentés par Matthew Diffee. La traduction est de Jean-Loup Chiflet et Fanny Soubiran. Éditions les Arènes, 100p.

Humour, impudence, imprudence. Des vertes et des pas mûres!

Chaud en avant! L'Enfer!





Des caricatures et des dessins humoristiques, de la BNaQ


Le site de la BNaQ (Bibliothèque Nationale et archives du Québec) -disponible partout dans le monde- contient des trésors. La souris à la main, l'œil à l'écran, bien au chaud par -20o C, j'ai puisé dans sa collection numérique des caricatures et dessins publiés dans des revues ou journaux... -accrochez-vous à votre tuque- de 1872 à 1902. C'est curieux comme l'«Ancien Bon Temps» ressemble au nôtre! Faut-il en rire? Faut-il en parler! Souris, sourions, souriez... Par contre, «Le chapeau» ne date pas d'hier, mais il est inspirant... Vous verrez. «Les chevaux malades», c'est du Ionesco... Ces caricatures et dessins n'ont rien à envier aux anciennes caricatures de «The New Yorker»


Montréal la nuit: Les figures rencontrées dans certains établissements surveillés de près par la police. L'album universel, vol. 19 no 2 . p. 35 (10 mai 1902)
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§ Il me semble avoir vu de pareils visages à la télévision. Je me trompe?

À droite: Combat entre la lampe au pétrole et la théière: tristesse du sucrier. L'opinion publique, Vol. 8, no. 10, pp. 115 (8 mars 1877)
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§ Le pétrole, qui l'aura?
Triste est le sucrier...






Bâtisses du parlement : modèle de girouette pour la tour centrale.
L'opinion publique, Vol. 4, no. 14, pp. 161 (3 avril 1873)
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§ C'était en 1873... Aujourd'hui, on ne verrait pas pareil ridicule!






Au Monument national: Les chapeaux des dames.
Le Monde illustré, vol. 15 no 762. p. 507 (10 décembre 1898)
Gravure.

§ Inspirant? Pour sûr... Un trou dans les sièges de cinéma, de théâtre, d'autobus: une idée géniale!

D'ici peu, on rira de ces humains qui se déplaçaient avec des (gros) sacs dans le dos. On dirait des dromadaires ou des Bossus de Notre-Dame, on dirait...

Ce sera au siècle de la simplicité volontaire -ou involontaire-, plus rien ou si peu à mettre dans le sac. Alors, on le portera ostensiblement devant soi, comme la vie... ou ce qui en restera.




«Les chevaux malades»
L'opinion publique, Vol. 3, no. 45, pp. 536 (7 novembre 1872)
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§ C'est du Ionesco, vous dis-je.

Les chevaux valent bien «Le Rhinocéros», non?







Excellente journée!
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(1) Pour lire et voir, le billet du 14 septembre sur Littéranaute. Cliquer ici ou veuillez taper «new yorker» dans la ligne de recherche de Google.
(2) Pour rejoindre la bibnum, la Bibliothèque numérique de la BNaQ, cliquer ici.

jeudi 17 décembre 2009

(3) Livres cadeaux - L'Héritage - James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots - NeigeNoire / Coups de coeur

(3) Livres cadeaux - Trois beaux livres, trois coups de cœur: «L'Héritage»; «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots»; et «NeigeNoire et les sept chiens». Un grand écrivain: Victor Lévy Beaulieu -VLB. De quoi rendre jaloux Cupidon! Le dieu de l'amour, pas le chocolatier. Ces 3 livres vous feront voir 3 «spécimens» de l'œuvre de VLB. Ainsi «L'Héritage», un téléroman et un roman advenu, ancre son histoire au Québec. «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots», un essai -qui se lit comme un roman- déborde les frontières du Québec pour s'ouvrir sur l'Irlande et son grand écrivain, James Joyce. «NeigeNoire et les sept chiens» est un livre pour enfants -qui plaît aux adultes.

L'Héritage et le James Joyce existent, chacun, en deux éditions, l'une de luxe -déjà vendue par souscription, et une édition à prix abordable. Cette édition disponible en librairie n'est pas un parent pauvre... de l'autre. Au contraire, c'est une édition très soignée, publiée sur un beau papier, avec une typographie élégante; elle contient la même iconographie que l'édition prestigieuse. Les Éditions Trois-Pistoles ont ainsi produit 3 beaux livres.
Durant le Temps des Fêtes, passez du temps en compagnie de votre meilleur ami, le Livre.

  • L'Héritage, de Victor-Lévy Beaulieu

Qui ne se souvient pas de L'Héritage? Chaque semaine, plus 2 millions de spectateurs (108 épisodes présentés à la SRC, de 1987 à 1990) ont suivi la saga déchirante, tragique de la famille de Xavier Galarneau, un homme dur, sévère, incestueux. Un téléroman «populaire» porté par un texte littéraire, écrit dans un langue poétique qui fait vibrer les sons. Une langue qui exprime des sentiments forts, une gamme étendue d'émotions. Ce texte, Victor-Lévy Beaulieu l'a peaufiné, l'a rendu «dans ses grosseurs». Il existait 2 premiers tomes du roman L'Héritage, tomes épuisés depuis longtemps. À présent, VLB nous donne à lire l'histoire complète des Galarneau, une version revue et définitive, en 840 pages.

L'Héritage demeure l'un des plus beaux romans de l'œuvre de Victor-Lévy Beaulieu, un puissant hennissement qui fait se cabrer la jument tavelé quand la Loi devient ce sang qui coule dans les veines de la destinée. Roman débordant d'émotions, porté par le souffle immense du grand écrivain. L'Héritage est une authentique tragédie grecque, une montée de fureur, une descente au cœur de ce qui nous habite, une main qui s'embrase sur le ventre chaud des amours interdites. L'Héritage souffle le froid et le chaud, la haine, l'envie, la trahison, l'amour, l'espoir. La beauté et la laideur du monde. Des personnages plus grands que nature, une puissance dramatique, une écriture qui sonne et résonne.

Xavier Galarneau ne peut échapper à sa destinée, ce livre est celui de la Loi et on ne peut déroger à la Loi. Souviens-toi, Xavier, que ce livre devait paraître pour que «les valets royaux y dessinent leur marque, pour que la beauté des mots fasse que la jument tavelée voit ce qui pourrait rester de toute la profondeur du bleu du ciel.» Quelle scène prenante interprétée par Gilles Pelletier qui enterre sa jument... Victor-Lévy Beaulieu a, justement, dédié son livre «L'Héritage» à l'inoubliable Gilles Pelletier, le Xavier Galarneau du téléroman.

Vous qui avez tant aimé le téléroman, retrouvez-le, revoyez-le... dans le texte du roman «L'Héritage». Vous qui n'avez pas eu la chance, le bonheur, de voir le téléroman, découvrez-le... dans le livre. [Un de ces jours, on ne sait jamais, la SRC mettra les émissions de l'Héritage sur DVD, à moins qu'elle ne les ait jetées pour faire de la place...]
Un héritage à s'approprier!

  • James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, de Victor-Lévy Beaulieu

C'est un ouvrage colossal, fruit de 30 ans de travail et d’ébullition. Au fil de ses 1090 pages, «James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots» explore les ressemblances et les dissemblances entre les deux territoires. Héritage catholique, familles nombreuses, conquête britannique...
Malgré leur différence linguistique, le Québec et l'Irlande ont beaucoup plus en commun qu'il n'y paraît. Depuis 1973, VLB interroge les deux histoires, les deux littératures, les deux patrimoines. L'ouvrage nous fait connaître, et aimer, l'Irlande et le célèbre Irlandais James Joyce, considéré par Victor-Lévy Beaulieu comme «le plus grand écrivain du 20e siècle.»

Cet essai, je le répète, se lit comme un roman. Il est écrit à la manière de... Victor-Lévy Beaulieu. Les chapitres alternent entre la biographie imaginée du double de l'auteur, Abel Beauchemin, et le propos spécifique du livre, qui s'imbriquent dans une continuité, je dirais, naturelle. C'est un tour de force de l'écrivain, son style... unique. La langue de l'essai est inventive, comme celle de Joyce. Au départ, elle peut surprendre, mais on s'y habitue vite. Lisez à haute voix les premiers mots du livre:
«Il est reveneure. Sous l'allouinde gyrent et vriblent les slictueux toves. Ah! Cet air de vivre dépassé en tout son levant, loin de Notre-Dame, loin des dérives de la rivière Trois-Pistoles, en rêverie de fleuve St-Laurent, mon père en allé dedans pour l'éternité.» Entendez-vous cette belle musique? Cette belle langue que vante Pierre Assouline.

Une critique élogieuse de cet essai, intitulée «Danger: écrivain méchant!» est venue de France. Elle n'est pas signée par un quidam.. mais par Pierre Assouline. Celui-ci ne tarit pas d'éloges envers Victor-Lévy Beaulieu, son œuvre et sa démarche d'éditeur.« Son texte étrange et fascinant [...] ne ressemble à rien de ce qui se fait... », écrit-il, qualifiant l'œuvre sur James Joyce d'« érudition étourdissante ». Il ajoute: «L’allégresse et la truculence de ce roman totalisant -«James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots»- sont telles qu’elles font aisément passer sa complexité et son foisonnement. Certaines de ses pages ont dû être écrites dans un état d’hallucination très maîtrisé.» Selon lui, si les critiques français s'étaient penchés sur le livre de VLB, ils y « auraient découvert les horizons insoupçonnés d'une langue qu'ils croient connaître et ne s'en seraient pas remis ». Il semble être d'accord avec VLB qui estime que la langue française se meurt -ou, du moins faiblit « d'être trop abstraite et corsetée, et pas assez inventive.»
Pour déensommeiller la pensée!
Pour entendre les mots danser sur un air de rigodon de tous les diables!


J'ai adoré ce livre, il fait partie de ma bibliothèque. Mais, il s'offre aussi à une petite fille... Voici le pourquoi... de mon coup de cœur.

Un bonheur de lecture! Un conte hors de l'ordinaire!
Des plaisirs pour l'oeil! Des douceurs pour les doigts!

La neige est blanche. Le conte s'appelle Blanche Neige et les sept nains. Futée votre fille,* elle se montrera sceptique. Tant mieux, ce sera une belle surprise, et elle ira à la découverte d'une histoire moderne, incarnée par une petite Québécoise, aux cheveux crépus, belle comme un cœur. Née d'une mère portoricaine et d'un père québécois, elle a la peau noire. Et elle habite à la campagne. Une histoire classique réinventée, transposée dans un Québec moderne, accueillant, ouvert aux autres. L'histoire elle-même le dit, il serait de trop d'en rajouter... L'enfant, aussi bien que l'adulte le comprend en lisant... tout simplement. Un jour, NeigeNoire doit se faire garder par sa tante Gertrude qu'elle n'aime pas, et c'est réciproque. Cette fois-là, la tante Gertrude, une vraie sorcière jalouse de sa beauté, en profite pour lui voler son image (son reflet dans le miroir), au moyen de son miroir magique; elle tente de l'empoisonner avec des framboises. Elle veut, enfin, se débarrasser de NeigeNoire, une fois pour toutes. Malade, à demi-empoisonnée, NeigeNoire s'enfuit dans la forêt...

Heureusement, ses nouveaux amis l'aideront à se sortir des griffes de sa méchante tante sorcière: les sept chiens qui ont le don de la parole et portent des noms rigolos. Leur préféré sera, peut-être, Numéro-Deux, un poète, rêveur et joueur de tours. Ou bien, ce sera... Micropuce, Bonhomme, Snoopy, Tifille, Bidou-Laloge, Sainte-Lucie?
*En fait, le conte plaira aussi à votre petit garçon, car il est plein d'aventures, et à cause des chiens... Il aura son préféré...

C'est NeigeNoire, elle-même, avec son langage d'enfant, qui raconte son aventure à des enfants. C'est extra! Elle raconte son histoire sur un rythme époustouflant... Heureusement, que tout finira bien... En prime, l'auteur a glissé, dans le texte, des références subtiles. Certaines s'adressent aux enfants et d'autres sont pour vous.

Feuilleter ce livre, c'est comme visiter un magasin de bonbons. Du papier glacé tout doux. Des pages de toutes les couleurs -roses, mauves, rouges, turquoise... Une pagination folichonne. Et quelle typographie! Du jamais vu. Des exemples. «chair de poule», «m'effraya», en lettres tremblantes de peur. «...les yeux aussi petits que des trous de souris», en tout petits caractères. Le mot «boulette» prend la forme d'une boulette. C'est un livre rempli de trouvailles.

Tous les éléments forment, comme par magie, un ensemble harmonieux au service du texte et des émotions qu'il suscite. Tout comme les superbes illustrations de Mylène Hardy.
À lire en cachette!

Désolée! De longues, et interminables, mises à jour Windows Vista -accompagées de joyeux plantages- m'ont empêchée de publier ce billet hier. Demain, ça ira... ça ira... le blogue, on l'aura!

Mes amitiés!
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Les 3 livres cadeaux sont disponibles aux Éditions Trois-Pistoles, sur des sites internet, ou dans une librairie sur commande.
[] L'Héritage coûte 65$, un prix modique... pour un livre illustré de 840 pages.
[] James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, 57$, un prix plus que modique... pour ce livre abondamment illustré de 1080 pages, semblable à son grand frère.
[] NeigeNoire et les sept chiens, le prix variant de 28$ à 33$. C'est un livre d'art...

mardi 15 décembre 2009

(2) Livres cadeaux - Vivre l'hiver au Québec - Cabinet de curiosités - Antidote HD / Coup de coeur

(2) Livres cadeaux. Aujourd'hui, je vous suggère un beau livre: Vivre l'hiver au Québec, de Normand Cazelais. Un livre original, plein de fantaisie: Le Cabinet de curiosités, de Raphaële Vidaling. Un logiciel «savant»: 1 correcteur + 12 grands dictionnaires + 11 guides linguistiques: Antidote HD, de Druide Informatique. L'hiver québécois est davantage qu'une saison: il a façonné un espace, défini un mode de vie, modelé une culture. Il est une présence, un destin, un souffle, une identité. Les coutumes, l'architecture, l'imaginaire, l'économie, les façons de faire et de dire des Québécois en sont imprégnés.
Parmi les flocons de neige: Plaisir de lire! Plaisir d'écrire!

  • Vivre l'hiver au Québec, de Normand Cazelais
Ce magnifique ouvrage est mon 3è coup de cœur.
Abondamment, et bellement, illustré, il aborde l'hiver sous tous les aspects. Il traite des dimensions sociales et culturelles; de la géographie et l'histoire de l'architecture et l'alimentation; de la faune et la flore. Au passage, on s'intéresse aux inventions de Bombardier, aux coureurs des bois et à l'épopée des fourrures, aux fêtes et célébrations liées à l'hiver (Carnaval, carême, Mardi gras, Noël et Jour de l'An), aux transports, aux activités de plein air, aux œuvres des artistes qui se sont inspirées de l'hiver. Sans oublier le cinéma, les chansons, la chasse-galerie...

En 10 chapitres, fort bien écrits, Vivre l'hiver au Québec, voyage dans le temps et dans les régions du Québec:

* Un espace marqué par l'hiver
* Le temps qu'il fait
* Faune et flore
* Cuisine et alimentation
* Vivre avec l'hiver

* Habiter l'hiver
* Sport et plein air
* Fêtes et célébrations
* Une culture du froid
* Vers l'été
«Ce livre est œuvre de curiosité et de découverte.» écrit Normand Cazelais. Nous le ressentons en le lisant. C'est un album d'images et de réflexion... aussi beau qu'intelligent. Il a tout pour séduire. Un cadeau qui sera, à coup sûr, très apprécié. À moins que... vous ne le gardiez pour vous.
Un plaisir de lire!

«Mon pays, ce n'est pas un pays. Mon pays, c'est l'hiver», chante Vigneault

  • Le Cabinet de curiosités, de Raphaële Vidaling
Le Cabinet de curiosités, de Raphaële Vidaling, avec des illustrations de Baptiste Cochard et Laurent Magnin est un objet-livre. Il s'inscrit dans la tradition des cabinets de curiosités de la Renaissance, de petits musées personnels qui abritaient toutes sortes de collections, mais, évidemment, l’auteure l'adapte au XXIe siècle. L'intérieur de la boîte loge 20 petits livres en couleurs, de formats variés, de 16, 24 ou 32 pages.

Les titres des livres de ce Cabinet de curiosités vous donneront une idée de son contenu.

* un nuancier de couleurs imaginaires
* le carnet des inventions de Boris Vian
* un codex de miracles publicitaires
* un index des rues qui n'existent pas
* le catalogue d'une galerie de virus

* un répertoire d'illusions enfantines
* un patchwork de bribes de conversations
* un hommage à J. L Borges en forme de labyrinthe
* un guide de divination par anagrammes de prénoms
* une brochure de voyages dans des pays de légende

* la cosmologie imaginaire du Petit Prince
* des ambigrammes à lire dans les deux sens
* un cahier d'écritures rares ou disparues
* un abécédaire en photomontages
* un annuaire du paradis
* un atlas de poche
* un recueil de fantasmes
* une ode à ma main gauche
* un album de design organique
* des belles pochettes de vinyle

L'illustration, ci-haut, fait bien voir l'allure de ce livre, on ne peut plus imaginatif. Visiblement, l'auteure et les illustrateurs s'en sont donnés à cœur joie! Une joie communicative... Un tel livre s'offre bien, mais il se dépose aussi sur une table de salon... pour égayer les invités. Dans mon billet du 22 novembre 2009, j'en montre 3 extraits; ce n'est pas banals, je vous l'assure... À voir sur Littéranaute [la page existe!]
La joie de découvrir!

  • Antidote HD, de Druide Informatique
Druide informatique vient de lancer une nouvelle version, repensée et enrichie, de son célèbre logiciel d'aide à la rédaction en français et de correction grammaticale. La version Antidote HD «Hautement Désirable» -«Cet obscure objet du désir», comme dirait Bunuel...

Le nouveau correcteur de texte est «à deux colonnes», avec de nouveaux filtres dits intelligents, des possibilité d'éditer un texte dans la fenêtre du correcteur... En tout, quelque 120 nouveautés!

Un correcteur, plus: des grands dictionnaires dont un dictionnaire étymologique, des citations historiques, des guides dont un guide historique, des illustrations du Visuel Nano, des liens vers Wikipédia, etc. Ce n'est pas tout, il comprend un«Anti-Oups, -«Hallucinant et Débile» dixit, avec humour, un «druide»- pour le courriel. Qui plus est: votre iPhone sera content de vous!

Vous avez le choix entre 3 options: simple, intermédiaire ou totale.
Tous s'entendent, critiques et usagers -dont je suis- pour vanter les mérites de ce bijou de logiciel. Un concert de louanges bien méritées.

Un indispensable d'une aussi haute qualité, d'utilisation facile, s'offre en cadeau. Une façon de ne pas se faire oublier... après les Fêtes!
Pour le plaisir d'écrire!

Demain, des livres d'un grand écrivain québécois... si ce n'est le plus grand! Vous voyez de qui il s'agit...
À demain!
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[] Vivre l'hiver au Québec, environ 40$, est disponible dans plusieurs libraires.
[] Cabinet de curiosités, environ 45$, est disponible, entre autres, chez Renaud-Bray.
[]
Antidote HD, , le prix dépend de votre choix -69$, 79$, 89$. Il est disponible chez Archambault et sur le site de Druide Informatique, entre autres.

lundi 14 décembre 2009

(1) Livres cadeaux - 100 000 ans de beauté - Vertige de la liste / Coups de coeur

(1) Livres cadeaux. Le livre-objet «100 000 ans de beauté», sous la direction de Élizabeth Azoulay; «Vertige de la liste», de Umberto Eco: voilà mes 2 coups de cœur de l'année 2009. Deux beaux livres superbement -le mot n'est pas trop fort- illustrés. Des textes au contenu riche, livrés dans une écriture fluide qui nous entraînent dans son sillon, nous séduit, nous émeut... autant que les œuvres d'art qui les accompagnent. La Beauté n'est pas dans le miroir... elle est dans le livre. Mais la Beauté dans le livre... se reflète sur le visage du lecteur ou de la lectrice. Elle illumine le regard, adoucit le visage, et la vie, de celui ou celle qui se plonge dans le livre.
En cette période de Fêtes, heureux ou malheureux, laissez-vous envahir par la Beauté.

  • «100 000 ans de beauté», sous la direction de Élizabeth Azoulay
Cet ouvrage collectif a fait l'objet d'une présentation détaillée sur Littéranaute. J'en reprends ici l'essentiel. Les 5 volumes de cet ouvrage, offerts dans un assemblage de coffrets pyramidal, présentent un panorama de la beauté au travers des âges et des civilisations. Ce coffret –signé Élizabeth Azoulay- est, en soi, une œuvre d’art. Il me rappelle le semainier, petit meuble à sept tiroirs, mais dans un autre registre… chaque coffret coulisse individuellement. Un emballage esthétique, s’il en est un, en rapport direct avec le sujet traité, la beauté.

«100 000 ans de beauté» couvre une longue période de temps: il s’étend de la préhistoire jusqu’aux projections des canons futurs de la beauté, et couvre les cinq continents. Chacun des 5 volumes couvre une phase de l’histoire de la beauté. Chaque chapitre comprend une introduction et des articles thématiques. En guise d’introduction générale: un essai de Michel Serres.

Les informations et les analyses sont très clairement énoncées, accessibles, sans jargon technique. Les articles sont synthétiques, d'une longueur moyenne. De nombreux auteurs -ils sont 300- de diverses disciplines et nationalités -on en compte 35- ont collaboré à l'ouvrage. Ce qui multiplie les styles, et les regards sur la beauté. Une iconographie abondante accompagne les textes, sculptures, peintures, images de films, documents d’archives, bijoux, objets usuels… environ 40% d’illustrations dans chaque volume. En somme, «100 000 ans de beauté» est une encyclopédie, il en a toutes les caractéristiques.

Le livre-objet «100 000 ans de beauté» est mon premier super-gros coup de cœur. Mon témoignage ne vous suffit pas? Je suis ravie de vous dire que c'est le coup de cœur 2009 des «Années lumière» en terme de livre-cadeau. Pour en savoir plus, écoutez l'entrevue de Yannick Villedieu avec Élizabeth Azoulay, ethnologue, directrice éditoriale de l'ouvrage, en cliquant ici.

  • Vertige de la liste, de Umberto Eco.
Sur Littéranaute, j'ai écrit un billet portant sur l'exposition au Louvre «Vertige de la liste», titre que Umberto Eco, Grand invité du Louvre, a imaginé pour la programmation pluridisciplinaire à travers l'histoire de l'art, la littérature, la musique, articulée sous le thème de la liste. Conférences, expositions, lectures publiques, concerts et autres projections autour de l'énumération, c'est-à-dire la liste. Surprenant? Pas vraiment: la liste est un processus et un élément fondateur de la démarche de plusieurs écrivains, peintres, sculpteurs...
D'ailleurs, dans la Préface de son livre -qui fait suite à l'exposition- Umberto Eco dit qu'il n'a pas hésité une seconde, il a choisi spontanément l'énumération, la liste. Choix découlant de ses études de jeunesse.

Le livre «Vertige de la liste» est magnifiquement -c'est le mot qui convient- illustré. Les œuvres reproduites sont nombreuses et couvrent un grand éventail de... listes. Des œuvres remarquables, plus ou moins connues ou rares, originales: toutes reproduites impeccablement sur un solide papier glacé. J'ai compté près de 150 artistes, 50 illustrations sans indication d'auteurs et 3 photogrammes. Ce foisonnement d'œuvres est accompagné de texte de même qualité.

Chaque chapitre commence par une brève introduction. Un texte clair, dynamique, c'est du Umberto Eco... Dans ce texte, il cite des auteurs. Les noms inscrits en caractères gras renvoient à des passages en fin de chapitre. Comme exemple, à la fin du chapitre 6 «La liste des lieux», on peut lire des extraits de:
  1. Ézéchiel
  2. Poèmes, de Sidoine Apollinaire
  3. La Maison d'Âpre-Vent, de Charles Dickens
  4. L'homme des foules, de Edgar Allan Poe
  5. Du côté de chez Swann, de Marcel Proust
  6. Les Villes invisibles, de Italo Calvino
  7. Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France, de Blaise Cendrars
  8. Parti de Paumanok. de Walt Whitman
  9. QuatreVingt-Treize, de Victor Hugo
  10. Finnegans Wake, de James Joyce
  11. L'Aleph, de Jorge Luis Borges
Génial! Un vrai de vrai bonheur de lecture!

Bien sûr, tous les chapitres ne comportent pas autant d'extraits. Mais ils comportent tous les extraits nécessaires pour approfondir les propos de Umberto Eco, et ouvrir l'esprit à d'autres lectures. En ce sens, le livre «Vertige de la liste», est une œuvre ouverte. Une œuvre généreuse. À chaque page, on sent la joie et l'énergie -débordantes- de l'auteur créant ainsi un climat de lecture qui nous rejoint imperceptiblement mais réellement...

En 21 chapitres, en allant de «Le bouclier et la forme» à «Une liste non-normale», en passant par «Il y a liste et liste», et en terminant par des index, des références bibliographiques et des crédits photographiques, Umberto Eco nous donne à lire et à voir 408 pages de beauté, et de belles lectures.

«En conclusion, écrit-il dans la Préface, la chasse aux listes a été une expérience très excitante, moins pour ce que l'on a réussi à citer dans ce volume, que ce à quoi on a dû renoncer. Autrement dit, voici un livre qui ne peut se conclure que sur un «et caetera». Il nous appartient donc de combler cet «et caetera» qui, pour l'instant, me semble infini... et infiniment stimulant.

Ce livre est mon deuxième super-gros-coup de cœur. Il complète, à merveille, les 2 livres précédents de Umberto Eco se situant dans la même veine: «Histoire de la Beauté», «Histoire de la Laideur», et pour compléter la liste... «Vertige de la liste»

Demain, je vous ferai 2 autres suggestions. À demain... sans faute!
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[] «100 000 ans de beauté», est publié aux Éditions Gallimard. Jusqu'au 31 décembre 2009, il se vend 230$ et, sans contredit, il vaut ce prix. Disponible chez Gallimard Montréal.
[] «Vertige de la liste», environ 70$, disponible dans plusieurs librairies.

dimanche 13 décembre 2009

Garcia Lorca - Silence - Matin - Aube - Neige - Monde. Poésie

Frederico Garcia Lorca. Pour un dimanche paisible, 5 poèmes aux paroles enchanteresses: Le silence, Petit matin, Aube; sous le titre Pays, Neige, Monde. Le Poète nous fait don de ses mots, ses mots... qui sont déjà en nous et que nous n'arrivons pas à faire remonter de notre cœur jusqu'à nos lèvres. Ce matin, accueillons les mots de Frederico Garcia Lorca. Dans «Envergure de Lorca», André Belamich écrit: «Chez Lorca, la lumière a dévoré l'ombre et elle éclipse encore la part la plus secrète de son œuvre. La légende et la gloire, sensibles à ses seuls miroitements, à ses seules séductions immédiates, masquent toujours sa profondeur et son mystère.»*

Le«chantre solaire», poète «enraciné à l'histoire de son pays», Frederico Garcia Lorca ne saurait être réduit à deux dimensions. On ne saurait le ravaler à la formule «Lorca sans l'Espagne, sans sa race [les gitans!] et sa tradition est totalement dépourvu de sens.» Ses racines ne sont pas des chaînes; elle sont fortes, elles permettent à la cime de s'élever haut dans le ciel, et de dépasser l'Espagne. Vous en conviendrez, Frederico Garcia Lorca est un poète universel. Un poète.

Poèmes de Frederico Garcia Lorca

Le silence

Écoute, mon fils, le silence
C'est un silence ondulé,
un silence
où glissent échos et vallées
et qui incline les fronts
vers le sol
[Poème du cante Jondo,
La Pléiade, p.133]

Petit matin

Mais comme l'amour
les chanteurs
sont aveugles.

Sur la nuit verte,
les saetas
laissent des traces de lys
brûlant.

La quille de la lune
fend des nuages violets
et les carquois
s'emplissent de rosée.

Hélas! Mais comme l'amour
les chanteurs
sont aveugles.
[Poème du cante Jondo,
La Pléiade, p.141]


Aube
Cloches de Cordoue
au petit matin.
Cloche du point du jour
à Grenade.
Vous sonnez pour toutes les filles
qui pleurent la tendre
solea tout en deuil.
Les filles de la haute
et de la basse Andalousie.
Les fillettes d'Espagne
au pied menu
et aux jupes tremblantes
qui ont empli
de croix les carrefours.
Ô cloches de Cordoue
au petit matin,
ô cloches du point du jour
à Grenade!
[Livre de poèmes - 1921
La Pléiade, p.141]


PAYS

Neige

Champ sans chemin
ville sans toit.
Le monde est silencieux,
tout blanc.

Colombe gigantesque
des sphères,
comment l'éternel milan
ne descend-il pas du ciel?
[En marge des «Suites»,
La Pléiade, p.319]

Monde
Angle éternel
la terre et les ciel.
Pour bissectrice, le vent.

Angle immense,
le chemin tout droit.
Pour bissectrice, le désir.

Les parallèles se rencontrent
dans le baiser.
Ô cœur
sans écho.
C'est en toi que commence et s'achève
l'univers.
[En marge des «Suites»,
La Pléiade, p.320]

Excellente journée!
__
* Frederico Garcia Lorca, Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres complètes, 1, Édition établie par André Belamich.

samedi 12 décembre 2009

Herta Müller - Prix Nobel de littérature - Conférence

Herta Müller, Prix Nobel de littérature.(1) Le 10 décembre 2007, Herta Müller, romancière allemande d'origine roumaine, prononçait un conférence lors de la réception de son Prix Nobel. À travers la symbolique du mouchoir, elle évoque son enfance: «TU AS UN MOUCHOIR?», lui demandait sa mère, paroles rudes exprimant sa tendresse, ainsi que des épisodes de sa vie et de sa famille. Puis, elle évoque sa vie de traductrice en usine sous la poigne de la Securitate. Reléguée à travailler dans un escalier, à cause de son refus de «collaborer», l'adulte rejoindra la petite fille qui gardait les vaches. [Les majuscules sont de l'auteur]

«Dans mon escalier, j'étais aussi seule qu'à l'époque où je gardais les vaches dans la vallée.»

«Gardée par la sonorité des mots, je gardais les vaches»

Dans son escalier, elle cherchait des mots dans le dictionnaire pour savoir de quoi retournait l'esprit de l'ESCALIER: départ, palière, giron, nez, collet, etc.

«Qu'est-ce qui pousse donc l'être humain à intégrer son propre visage même
aux objets les plus encombrants, qu'ils soient en bois, en pierre, en béton ou en fer,
et à donner à un outillage inanimé le nom de sa propre chair,
à le personnifier en y voyant des parties du corps?»

De fil en aiguille, Herta Müller déroule son travail d'écrivain, basée sur la découverte et l'invention de mots. Les mots qui en savent long et qui en disent autant. Le titre de sa conférence contient tous ses mondes, et tous ses mots qui l'habitent et l'ont aidée à vivre, dans la dignité.

Chaque mot en sait long sur le cercle vicieux

En voici des extraits

TU AS UN MOUCHOIR ? me demandait ma mère au portail tous les matins, avant que je ne parte dans la rue. Je n'en avais pas. Étant sans mouchoir, je retournais en prendre un dans ma chambre. Je n'en avais jamais, car tous les jours, j'attendais cette question. Le mouchoir était la preuve que ma mère me protégeait le matin. Le reste de la journée, pour les autres sujets, je me débrouillais seule. La question TU AS UN MOUCHOIR ? était un mot tendre détourné. Direct, il aurait été gênant, ça ne se faisait pas chez les paysans. L'amour était travesti en question. On ne pouvait l'exprimer que sèchement, d'un ton impérieux, comme les gestes du travail. C'était même la brusquerie de la voix qui soulignait la tendresse. Tous les matins, au portail, j'étais d'abord sans mouchoir, et j'attendais d'en avoir un pour m'en aller dans la rue ; c'était comme si, grâce au mouchoir, ma mère avait été présente.

Et vingt ans plus tard, à la ville, j'étais depuis longtemps seule, traductrice dans une usine de construction mécanique. Je me levais à cinq heures et prenais mon travail à six heures et demie. Le matin, diffusé par le haut-parleur, l'hymne national retentissait dans la cour de l'usine. À la pause de midi, c'étaient des chœurs d'ouvriers. Quant aux ouvriers attablés, ils avaient les yeux vides comme du fer-blanc, les mains barbouillées de graisse, et leur casse-croûte était emballé dans du papier journal. Avant de manger leur tranche de lard, ils grattaient l'encre d'imprimerie qui était dessus. Deux années de train-train quotidien s'écoulèrent.

La troisième année marqua la fin de l'égalité des jours. En l'espace d'une semaine, je vis arriver trois fois dans mon bureau, tôt le matin, un géant à la lourde ossature et au regard d'un bleu étincelant : un colosse des services secrets.

La première fois, il m'insulta en restant debout et s'en alla.

La deuxième fois, il enleva sa parka, l'accrocha à la clé du placard et s'assit. Ce matin-là, j'avais apporté des tulipes de chez moi, et je les arrangeais dans le vase. Tout en me regardant, il loua ma singulière expérience de la nature humaine. Il avait une voix onctueuse qui me sembla louche. Je refusai le compliment : je m'y connaissais en tulipes, pas en êtres humains. Il rétorqua d'un air narquois qu'il en savait plus long sur ma personne que moi sur les tulipes. Et il partit, sa parka sur le bras.

La troisième fois, il s'assit et je restai debout, car il avait posé sa serviette sur ma chaise. Je n'osai pas la mettre par terre. Il me traita d'idiote finie, de fainéante, de femme facile, aussi infecte qu'une chienne errante. Il repoussa le vase au bord du bureau et, au milieu, posa un crayon et une feuille de papier. Il hurla : écrivez ! Debout, j'écrivis sous sa dictée mon nom, ma date de naissance et mon adresse. Puis : quel que soit le degré de proximité ou de parenté, je ne dirai à personne que je ... et voici l'affreux mot roumain : colaborez, que je collabore. Ce mot, je ne l'écrivis pas. Je posai le crayon, allai à la fenêtre et regardai, au dehors, la rue poussiéreuse. Elle n'était pas asphaltée, elle avait des nids-de-poule et des maisons bossues. Cette ruelle délabrée s'appelait toujours Strada Gloriei, rue de la Gloire. Un chat était juché sur un mûrier tout dépouillé, rue de la Gloire. C'était le chat de l'usine, celui à l'oreille déchirée. Au-dessus de lui, un soleil matinal, comme un tambour jaune. Je fis : n-am caracterul. Je n'ai pas ce caractère-là. Je le dis à la rue, dehors. Le mot "caractère" exaspéra l'homme des services secrets. Il déchira la feuille et jeta les bouts de papier par terre. [...]

Le lendemain, les tracasseries commencèrent. On voulait que je quitte définitivement l'usine...

[...]
Quand j'étais petite, à la maison, il y avait un tiroir à mouchoirs avec deux rangées comportant chacune trois piles :

À gauche, les mouchoirs d'homme pour mon père et mon grand-père.

À droite, les mouchoirs de femme pour ma mère et ma grand-mère.

Au milieu, les mouchoirs d'enfant pour moi.

Ce tiroir était notre portrait de famille, en format mouchoir de poche. Les mouchoirs d'homme, les plus grands, avaient sur le pourtour des rayures foncées en marron, gris ou bordeaux. Ceux de femme étaient plus petits, avec un liseré bleu clair, rouge ou vert. Encore plus petits et sans liseré, ceux d'enfant formaient un carré blanc orné de fleurs ou d'animaux. Dans chaque catégorie de mouchoirs, il y avait ceux pour tous les jours, sur le devant, et ceux du dimanche, au fond. Le dimanche, le mouchoir devait être assorti aux vêtements, même si on ne le voyait pas.

À la maison, le mouchoir comptait plus que tout, et même plus que nous. Il était d'une utilité universelle en cas de rhume, saignement de nez, écorchure à la main, au coude ou au genou, il servait à essuyer les larmes ou, si on le mordait, à les retenir.
[...] Dans mon village, quand quelqu'un mourait chez soi, on lui nouait aussitôt un mouchoir autour du menton pour maintenir la bouche fermée jusqu'à la rigidité cadavérique. Et si quelqu'un, étant sorti, tombait à la renverse au bord du chemin, il y avait toujours un passant pour lui couvrir le visage de son mouchoir - là, le mouchoir était le premier repos du mort.

[...]
Plus tard, j'eus des entretiens avec Oskar Pastior pour écrire mon livre sur sa déportation dans un camp de travail soviétique, et il me raconta qu'une vieille mère russe lui avait donné un mouchoir de batiste. Peut-être que vous aurez de la chance, mon fils et toi, et que vous pourrez bientôt rentrer chez vous, avait dit la Russe. Son fils avait l'âge d'Oskar Pastior et il était tout aussi éloigné de sa maison, mais dans une autre direction, selon elle, dans un bataillon pénitentiaire. [...] Pour cette femme, Pastior était lui-même un être ambigu, entre mendiant détaché du monde et enfant perdu dans le monde. Double personnage, il fut comblé et dépassé par le geste d'une femme qui, elle-même, était à ses yeux deux personnes : une étrangère et une mère aux petits soins demandant TU AS UN MOUCHOIR ?

Depuis que je connais cette histoire, j'ai moi aussi une question : la phrase TU AS UN MOUCHOIR est-elle universellement valable, s'étend-elle sur la moitié du monde, dans le scintillement de la neige, des frimas au dégel ? Franchit-elle toutes les frontières, entre les monts et les steppes, pour entrer dans un immense empire parsemé de camps pénitentiaires et de camps de travail ? Reste-t-elle increvable, cette question, malgré le marteau et la faucille, ou même tous les camps de rééducation sous Staline ?

[...]
Oskar Pastior a conservé dans son paquetage cette relique d'une double mère ayant un double fils, et il l'a rapportée chez lui au bout de cinq années passées au camp. Pourquoi ? Son mouchoir blanc était l'espoir et la peur. Abandonner l'espoir ou la peur, c'est mourir.

[...]
C'est encore par un mouchoir que se termine une autre histoire.

Le fils de mes grands-parents s'appelait Matz. Dans les années trente, on l'envoya en apprentissage à Timisoara pour qu'il reprenne l'épicerie familiale où l'on vendait aussi des grains. À l'école, il y avait des professeurs venus du Reich allemand, de vrais nazis. Cet apprentissage a fait de Matz un vague commerçant et surtout un nazi, par un lavage de cerveau planifié. Nouvelle recrue, Matz était fanatique au terme de son apprentissage. Il aboyait des slogans antisémites, l'air absent, comme un débile mental. [...] Mais, quittant la théorie pour passer à la pratique, il s'engagea comme volontaire dans la SS ; il voulait monter au front. Quelques mois plus tard, il revint chez lui pour se marier. Échaudé par les crimes vus au front, il se servit d'une formule magique qui fonctionnait, afin d'échapper à la guerre durant quelques jours. Cette formule était la permission pour mariage.

Tout au fond d'un tiroir, ma grand-mère avait deux photos de son fils Matz, une photo de mariage et une photo de décès. [...] À peine était-il reparti au front que sa photo de décès arriva, montrant un soldat, le dernier des derniers, déchiqueté par une mine. Cette photo a la taille d'une main : un champ noir avec, au beau milieu, un drap blanc, et dessus, un tas humain de couleur grise. Sur fond noir, ce drap blanc a la taille d'un mouchoir d'enfant avec, au milieu du carré blanc, un drôle de dessin. [...]

Mon grand-père avait été soldat pendant la Première Guerre mondiale. Il savait de quoi il parlait, quand il répétait amèrement, au sujet de son fils Matz : hé oui, dès qu'on agite le drapeau, le bon sens dérape et file dans la trompette. Cette mise en garde visait aussi la dictature dans laquelle j'ai vécu ensuite. Des profiteurs, petits ou gros, on en voyait tous les jours avoir la raison qui filait dans la trompette. Quant à moi, je décidai de ne pas claironner.

[...]
Mais l'écriture a commencé par le silence, dans cet escalier d'usine où, livrée à moi-même, j'ai dû tirer de moi davantage que la parole ne le permettait. La parole ne pouvait plus exprimer ce qui se passait. Elle faisait à la rigueur des ajouts adventices, sans évoquer leur portée. Cette dernière, je n'avais d'autre ressource que de l'épeler en silence dans ma tête, dans le cercle vicieux des mots, lorsque j'écrivais. Face à la peur de la mort, ma réaction fut une soif de vie. Une soif de mots. Seul le tourbillon des mots parvenait à formuler mon état. Il épelait ce que la bouche n'aurait su dire. Dans le cercle vicieux des mots, je talonnais le vécu jusqu'à ce qu'apparaisse une chose que je n'avais pas connue sous cette forme.

[...]
Chaque mot dans la figure

en sait long sur le cercle vicieux
et ne le dit pas

La sonorité des mots sait qu'elle doit tromper, puisque les objets trichent sur leur matière, les sentiments sur leurs gestes. À l'intersection où convergent la tromperie des matières et celle des gestes vient se nicher la sonorité avec sa vérité forgée de toutes pièces. Dans l'écriture, il ne saurait être question de confiance, mais plutôt d'une franche tromperie.

[...]
À mon sens, les objets ne connaissent pas leur matière, et les gestes ignorent leurs sentiments, comme les mots ignorent la bouche qui les dit. Mais pour nous convaincre de notre propre existence, nous avons besoin d'objets, de gestes et de mots. Plus nous pouvons prendre de mots, plus nous sommes libres, tout de même. Quand notre bouche est mise à l'index, nous tentons de nous affirmer par des gestes, voire des objets. Plus malaisés à interpréter, ils n'ont rien de suspect, pendant un temps. Ils peuvent nous aider à convertir l'humiliation en une dignité qui, pendant un temps, n'a rien de suspect.

[...]
Pour ceux que la dictature prive de leur dignité tous les jours, jusqu'à aujourd'hui, je voudrais pouvoir dire ne serait-ce qu'une phrase comportant le mot "mouchoir". Leur demander simplement : AVEZ-VOUS UN MOUCHOIR ?

Se peut-il que cette question, de tout temps, ne porte nullement sur le mouchoir, mais sur la solitude aiguë de l'être humain ...

Traduction par Claire de Oliveira

© LA FONDATION NOBEL 2009
Les journaux ont l'autorisation générale de publier ce texte dans n'importe quelle langue après le 7 décembre 2009 17h30 heures de Stockholm. L'autorisation de la Fondation est nécessaire pour la publication dans des périodiques ou dans des livres autrement qu'en résumé. La mention du copyright ci-dessus doit accompagner la publication de l'intégralité ou d'extraits importants du texte.
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C'est avec des pincements de cœur que j'ai retranché des parties du texte de la conférence. Tout de même, les extraits choisis donnent une bonne idée de son contenu, à ce que je pense.

Un texte saisissant, poignant. Une pensée claire, des mots justes qui parlent. Et cette question lancinante:
AS-TU UN MOUCHOIR? AVEZ-VOUS UN MOUCHOIR? Ce mot qui ponctue le texte: mouchoir, MOUCHOIR.

Dans cette pièce de tissu, la vie... la peur... la mort... Émouvant!
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(1) Dans mon billet du vendredi, 9 0ctobre 2009, intitulé «Les dépossédés / Nobel de littérature 2009», j'ai présenté Herta Müller, ainsi que ces 3 romans traduits en français. Pour lire ce billet, cliquer ici ou faites une recherche sur mon site, à l'aide de Blogger ou de Google, 2 moteurs de recherche intégrés dans le site.
Merci de me lire, et me relire!
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